Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, posant avec le président libanais, Joseph Aoun, le 21 août 2025 à Baabda. Photo présidence libanaise
En visite officielle au Liban, le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Hossam Zaki, a assuré jeudi que « personne ne souhaite voir le Liban sombrer dans une situation aux conséquences indésirables », à l'issue d'une rencontre avec le président Joseph Aoun au palais de Baabda. M. Zaki a également déclaré soutenir le monopole des armes par les autorités libanaises, à l'heure où l’armée a pénétré dans le camp de Bourj Brajné pour lancer sa mission de désarmement des camps palestiniens. Il s'est également entretenu avec le Premier ministre, Nawaf Salam, le président du Parlement, Nabih Berry, ainsi que le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal.
« L'objectif de cette visite est de réaffirmer le soutien de la Ligue arabe au principe de l'autorité de l'État et du monopole des armes. Nous avons réaffirmé notre respect pour le cadre fixé par l'État pour la mise en œuvre de cette politique. Nous avons joint notre voix à celle des dirigeants libanais pour demander à la communauté internationale de faire pression sur Israël afin qu'il se retire du territoire libanais et applique le cessez-le-feu. Nous avons également souligné que la médiation américaine s'inscrit dans ce cadre et que le médiateur doit se concentrer sur l'obligation pour la partie israélienne d'appliquer les résolutions (internationales) », a déclaré M. Zaki, à la suite de sa rencontre avec le président Aoun.
De son côté, le chef de l'État a précisé que « tous les concernés ont été informés, notamment les États-Unis, par l’intermédiaire de l’émissaire Tom Barrack, que ce qui est exigé maintenant c’est l’engagement d’Israël à se retirer des zones qu’il occupe au Liban-Sud, à relâcher les prisonniers et à appliquer la résolution 1701, afin de créer les conditions propices à l’extension de la souveraineté de l’État libanais par ses propres moyens, jusqu’aux frontières internationalement reconnues », rapporte le site de la présidence libanaise. Il a également souligné que « le soutien arabe au Liban est important à cette étape, d’autant plus que la communauté internationale comprend et soutient également la position libanaise ».
Malgré la trêve entrée en vigueur le 27 novembre 2024, suite à treize mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, l'armée israélienne poursuit ses frappes et ses tirs sur le Liban-Sud, et moins régulièrement sur d'autres régions considérées comme des fiefs du Hezbollah, comme la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth. Pour tenter de mettre fin à ces attaques, les États-Unis ont présenté une « feuille de route », par leur émissaire Tom Barrack, qui vise à mettre en application « pas à pas » différentes mesures entre le Liban et Israël.
Le Liban a fait un premier pas dans ce sens en acceptant officiellement le « plan Barrack » et en donnant à l'armée jusqu'à la fin de l'année pour désarmer le Hezbollah et les autres groupes armés dans le pays. En contrepartie, Israël devrait, entre autres, se retirer progressivement des positions qu'il occupe encore au Liban-Sud et libérer les détenus libanais dans ses prisons.
L'adoption, par le gouvernement libanais, de la feuille de route américaine sur le désarmement du Hezbollah a été largement critiquée par le parti chiite, son secrétaire général Naïm Kassem allant même jusqu'à brandir la menace d'une guerre civile.
« Rétablir la stabilité et la paix civile »
Interrogé à la suite de sa rencontre avec Nabih Berry sur des garanties des États-Unis contre toute violation israélienne du cessez-le-feu, M. Zaki a affirmé que «le médiateur américain, qui se trouvait à Beyrouth il y a quelques jours, a fait des déclarations positives en ce sens et affirmé que la partie israélienne devait respecter ses engagements». «Nous observons donc une meilleure compréhension dans la position américaine, ce qui est encourageant», a-t-il déclaré, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). À l'occasion de la quatrième visite de l'envoyé américain au Liban, l’administration Trump a, pour la première fois, souligné les engagements d’Israël à tenir vis-à-vis du Liban.
« Personne ne souhaite voir le Liban sombrer dans une situation aux conséquences indésirables », a encore déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, après sa rencontre avec M. Aoun. Il a exprimé l'espoir que « la sagesse prévaudra et qu'une vision nationale dans l'intérêt du pays sera adoptée car l'objectif principal est de rétablir la stabilité et la paix civile et de consacrer la pleine souveraineté de l'État ».
M. Zaki a répété ce même souhait suite à ses réunions avec Nabih Berry et Nawaf Salam. « Nous voulions (par la visite au Liban) nous assurer que les accrochages qui ont eu lieu récemment sur la scène libanaise ne se traduisent pas par autre chose que des échanges verbaux, car la stabilité de ce pays est importante pour la Ligue arabe et pour les décisions successives des sommets arabes, le dernier en date étant le sommet de Bagdad, qui a été clair sur ce point », a-t-il déclaré après son échange avec M. Berry.
« Nous réaffirmons qu’il est important que les dirigeants libanais contribuent à éteindre la discorde et non à attiser ses flammes » a encore déclaré le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, à la suite de sa rencontre avec Nawaf Salam.


