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Politique - Monopole Des Armes

Le désarmement des camps palestiniens a commencé

L'armée va entamer sa mission à Bourj el-Brajné, un camp dominé par le Fateh. Le Hamas, lui, n'aurait pas encore donné son accord.

Le désarmement des camps palestiniens a commencé

Une foule dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Heloué lors des funérailles de Samer el-Hage, le responsable de la sécurité du Hamas dans le camp, le 10 août 2024. Photo Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Avec deux mois de retard, l’heure du désarmement des camps palestiniens a sonné. Jeudi soir, l’armée libanaise est entrée dans le camp de Bourj el-Brajné, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, pour lancer sa mission, selon une source à Yarzé citée par notre journal.

« Je salue le lancement du processus de remise des armes palestiniennes qui a débuté aujourd’hui dans le camp de Bourj el-Brajné à Beyrouth, où un premier lot d’armes a été remis et placé sous la garde de l’armée libanaise » a écrit le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, sur son compte X. « Cette opération se poursuivra dans les semaines à venir par la remise d’autres lots provenant du camp de Bourj el-Brajné et des autres camps » a-t-il encore affirmé.

L'émissaire américain Tom Barrack a lui aussi salué le lancement du désarmement des camps palestiniens. Il a félicité sur X le gouvernement libanais et le mouvement palestinien Fateh pour leur « accord sur le désarmement volontaire dans les camps de Beyrouth », y voyant une « étape historique vers l'unité et la stabilité », après l'annonce par un comité libano-palestinien du lancement jeudi du processus en vertu d'un accord conclu en mai.

Le Conseil des ministres avait prévu d’entamer ce chantier avant juin, mais n’a pu le mettre en œuvre en raison du manque de coopération de certaines factions palestiniennes, notamment le Hamas.

Toutefois, le coup d’envoi a finalement été donné à l’issue d’une visite de trois jours en début de semaine par Yasser Abbas, fils du président palestinien Mahmoud Abbas. Cette visite a permis de conclure un accord avec les autorités libanaises à ce sujet. M. Abbas, qui doit quitter Beyrouth jeudi, s’est entretenu avec plusieurs responsables libanais, y compris le président du Parlement, Nabih Berry. « Les réunions ont abouti à une entente sur le plan à mettre en exécution », indique une source proche de l’Organisation de libération de la Palestine, sans plus de précisions.

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Les dissidences au sein du Fateh, autre obstacle au désarmement des camps palestiniens ?

Selon l’ambassadeur Ramez Demachkiyé, président du Comité de dialogue libano-palestinien, la décision concernant Bourj el-Brajné a été prise, et la mission doit démarrer « incessamment ». La tâche sera facilitée par le fait que ce camp accueille principalement des factions de l’OLP (dont le Fateh du président Abbas), qui parraine le processus et valide ce principe depuis plusieurs mois. L'opération de remise des armes dans ce camp devrait durer deux à trois semaines, selon M. Demachkiyé, et se dérouler sans trop de difficultés. Elle servira de précédent pour permettre l’accès de l’armée à d’autres camps, plus délicats en raison de l’influence plus forte du Hamas. D’après nos informations, ni le Hamas ni le Hezbollah n’ont été consultés. Le Hezbollah s’oppose déjà au plan gouvernemental visant son désarmement d’ici la fin de l’année.

Partant, la mission dans les camps où sévissent le Hamas et le Jihad Islamique - alliés du parti chiite - ne sera pas une sinécure. Bien que les deux groupes islamiques aient annoncé à plus d’une reprise leur volonté de respecter la souveraineté libanaise, ils risquent de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement. Cela pourrait être le cas dans le camp de Aïn el-Héloué, près de Saïda, où la situation s’annonce autrement plus délicate. Dans ce camp, le plus large du Liban, aux équilibres fragiles, plusieurs factions opposées se côtoient avec des groupuscules islamistes à sa lisière que seul le Hamas peut accoster. Interrogé par L’OLJ, cheikh Maher Hammoud, réputé proche du Hezbollah et un familier de Aïn el-Héloué, affirme que « la décision du gouvernement de procéder au désarmement est de pure forme. Il est impossible que l’armée puisse accéder au camp de Aïn el Héloué. Pas avant un dialogue politique et des assurances obtenues en amont en tous les cas ».

Le général Sobhi Abou Arab, commandant des Forces de sécurité nationale palestiniennes a indiqué, pour sa part, au micro de la chaîne al-Jadeed que les armes en question étaient « illégales » et appartenaient à Chadi al-Far, un dissident du Fateh arrêté par l'armée libanaise. Des propos qui contredisent la version officielle, l'armée affirmant qu'elle procède au démantèlement de l'intégralité de l'arsenal dans le camp de Bourj el-Brajné, situé près du bastion du Hezbollah. Quoi qu'il en soit, à l'heure où le Liban tente d'arracher des concessions à Israël - notamment le retrait du Liban-Sud et l'arrêt des frappes - en affirmant auprès de la communauté internationale sa volonté d'aller de l'avant dans le chantier du monopole des armes, l'opération de jeudi pourrait être un autre pas en avant. 

Selon des sources concordantes, les prochaines étapes concerneront en principe les camps du sud du Litani — Al-Bass et Rachidiyé — qui doivent être désarmés conformément à la résolution 1701. Le camp de Rachidiyé, où plusieurs factions, dont le Hamas, sont présentes, est particulièrement susceptible de poser problème. Il est le point de départ de tirs à plusieurs reprises de roquettes en direction d’Israël.

Avec deux mois de retard, l’heure du désarmement des camps palestiniens a sonné. Jeudi soir, l’armée libanaise est entrée dans le camp de Bourj el-Brajné, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, pour lancer sa mission, selon une source à Yarzé citée par notre journal.« Je salue le lancement du processus de remise des armes palestiniennes qui a débuté aujourd’hui dans le camp de Bourj el-Brajné à Beyrouth, où un premier lot d’armes a été remis et placé sous la garde de l’armée libanaise » a écrit le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, sur son compte X. « Cette opération se poursuivra dans les semaines à venir par la remise d’autres lots provenant du camp de Bourj el-Brajné et des autres camps » a-t-il encore affirmé.L'émissaire américain Tom Barrack a lui aussi salué le lancement du...
commentaires (1)

Tout ça, c‘est bien joli. Cela dit, quel mecanisme de vérification est utilisé? Selon ce qu‘on a vu dans un autre article, un camion de l‘armée se gare à l‘extérieur du camp, et les palestiniens sortent les armes au fur et à mesure, dans des camionnettes. Qui prouve qu‘ils livrent _toutes_ les armes? Pour s‘en assurer, l‘armée devrait pouvoir entrer dans les camps, aller de maison en maison, radiographier tous les murs pour voir ce qui se cache derrière, etc. Je sais, ça irait à l‘encontre des tristes accords du Caire de 69, mais n‘est-ce là le début de tous nos maux?

Alain

23 h 49, le 21 août 2025

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Commentaires (1)

  • Tout ça, c‘est bien joli. Cela dit, quel mecanisme de vérification est utilisé? Selon ce qu‘on a vu dans un autre article, un camion de l‘armée se gare à l‘extérieur du camp, et les palestiniens sortent les armes au fur et à mesure, dans des camionnettes. Qui prouve qu‘ils livrent _toutes_ les armes? Pour s‘en assurer, l‘armée devrait pouvoir entrer dans les camps, aller de maison en maison, radiographier tous les murs pour voir ce qui se cache derrière, etc. Je sais, ça irait à l‘encontre des tristes accords du Caire de 69, mais n‘est-ce là le début de tous nos maux?

    Alain

    23 h 49, le 21 août 2025

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