Des Palestiniens font la queue pour obtenir une ration de nourriture chaude dans une cuisine de charité installée sur le campus de l'Université islamique dans la ville de Gaza, le 12 mai 2025. Photo AFP/OMAR AL-QATTAA.
L'ancien chef du renseignement militaire israélien, Aharon Haliva, en poste lors du 7-Octobre et mis en cause pour n'avoir pu prévenir l'attaque, a estimé que le bilan des victimes humaines dans la bande de Gaza est « nécessaire », ajoutant qu' « ils (les Palestiniens) ont besoin d'une Nakba de temps en temps », dans une série d’enregistrements non datés, diffusés vendredi soir par la télé israélienne Channel 12 durant le journal télévisé, à une heure de grande écoute, rapportent les médias israéliens.
La Nakba, « catastrophe » en arabe, est la période en 1948 au cours de laquelle environ 760.000 Arabes de Palestine ont fui ou ont été chassés de chez eux lors de la création de l'État d'Israël. Dans un article paru dans la Columbia Law Review, le juriste palestinien Rabea Eghbariah a plaidé en faveur de la reconnaissance de la « Nakba » comme concept en droit international et dans les études sur les génocides, pour mieux saisir la nature du « régime de domination en Palestine ».
« Le fait qu’il y ait déjà 50 000 morts à Gaza est nécessaire et requis pour les générations futures » a-t-il dit, alors que le bilan total officiel du ministère de la Santé local dans l'enclave s'élève à plus de 61 000 morts. « Pour tout ce qui s’est passé le 7 octobre, pour chaque personne tuée le 7 octobre, 50 Palestiniens doivent mourir » , a-t-il poursuivi, en allusion à l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts. « Je ne dis pas cela par vengeance, mais comme un message aux générations futures », a-t-il insisté. Avant de déclarer : « Ils ont besoin d’une Nakba de temps en temps pour ressentir les conséquences. Il n’y a pas d’alternative, dans ce voisinage dérangé ».
Selon un sondage de mai de l’université américaine Penn State, 82 % des juifs israéliens soutiendraient l’expulsion des Palestiniens de Gaza.
« Le Hamas est bon pour Israël »
Aharon Haliva a accusé, par ailleurs, le gouvernement israélien d'avoir sciemment favorisé l'avènement du Hamas, afin de pouvoir « combattre librement ».
Décrivant un plan formulé après la guerre de Gaza en 2014 visant à démanteler le Hamas, mais que « personne n’a imaginé mettre en œuvre », Haliva qui a démissionné en avril 2024, six mois après l'attaque du 7-Octobre, explique que « le Hamas est bon pour Israël — c’est l’argument de (Bezalel) Smotrich (ministre des Finances) », dans des propos rapportés par le Times of Israël. Il affirme que le ministre d’extrême droite veut démanteler l’Autorité palestinienne (AP) et laisser le Hamas prendre le contrôle de la Cisjordanie.
« Pourquoi ? Parce que si toute l’arène palestinienne est déstabilisée et devenue folle, il est impossible de négocier avec elle, et il n'y aura pas d'accord » a-t-il dit. « Qui a pris la décision de différencier Gaza de la Cisjordanie ? Le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) ! », a-t-il affirmé, lui rejetant la responsabilité de la « montée » du Hamas à Gaza, arrivé au pouvoir suite aux élections législatives dans la bande de terre en 2006, dans la foulée du retrait israélien en 2005.
« Il veut le Hamas, qui est bien pire que l’AP. Pourquoi veut-il le Hamas ? Parce que l’AP a un statut international » a-t-il estimé. Avant de conclure : « Le Hamas est une organisation que l’on peut combattre librement, elle n’a aucune justification internationale, aucune légitimité, on peut la combattre à l’épée ».



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17 h 48, le 17 août 2025