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Politique - Diplomatie

Réunion franco-américaine à Paris pour soutenir le Liban et son armée

Maintenant que l'Iran a affiché sa position sur la scène libanaise, quel message portera lundi Tom Barrack à Beyrouth ?

Réunion franco-américaine à Paris pour soutenir le Liban et son armée

L'émissaire américain Tom Barrack lors de sa dernière visite au Liban le 21 juillet 2025. AFP

L’Iran a tracé sa ligne rouge au Liban : soutenir le Hezbollah et tous ses alliés, refuser la remise des armes, tout en mettant en avant un mot d’ordre clair – « dialogue et consensus » – pour traiter ce dossier. C’est le message qui a été affiché lors des rencontres officielles de l’émissaire iranien mercredi à Beyrouth. Mais, dans les réunions politiques tenues avec des forces et groupes alliés de Téhéran, Ali Larijani a affirmé que l’Iran n’était pas sorti vaincu de la guerre avec Israël, qu’il travaillait à développer ses capacités et ses technologies et qu’il chercherait à fournir tout le soutien requis selon sa propre méthode. La question que se posent beaucoup reste celle des modalités de ce soutien, notamment après la chute du régime de Bachar el-Assad et le resserrement de l’étau sur le Hezbollah sur les plans militaire et financier. Au lendemain de l'annonce de la position iranienne et à la veille d'une nouvelle entrée en scène des émissaires des États-Unis, le dossier libanais était présent sur la table des Français et des Américains.

Le sort de la Finul

La France a en effet accueilli jeudi une réunion politique, diplomatique et militaire, rassemblant des responsables français, notamment la responsable du dossier Moyen-Orient, Anne-Claire Legendre, et des chefs de l’armée française, aux côtés de commandants militaires américains du Commandement central des forces armées américaines (Centcom) et de l’envoyé américain pour la Syrie et le Liban, Tom Barrack, a appris L'Orient-Le Jour de sources diplomatiques. En pratique, la rencontre a abordé tous les dossiers régionaux, mais tout particulièrement le dossier libanais, sans le dissocier du dossier syrien, tant la perception internationale du Liban reste liée à celle de la Syrie, compte tenu de l’interconnexion des enjeux et du fait que Damas constitue à la fois un point de liaison avec le Liban et un point de coupure avec le Hezbollah et ses voies d’approvisionnement.

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La réunion franco-américaine avait plusieurs objectifs, dont le principal était d’examiner le processus de prorogation du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. La France, chargée de préparer la proposition écrite, tente de convaincre les États-Unis de prolonger la mission de la Finul, de maintenir son budget et ses effectifs et d’élargir ses prérogatives et son champ d’action. À Washington, certaines tendances préconisent au contraire une réduction du budget, des effectifs, ainsi qu’un raccourcissement de la durée du mandat, tandis qu’une autre position plaide pour un dernier renouvellement d’un an, après quoi la Finul devrait se retirer du Liban.

Suivi de l’action gouvernementale

Un autre objectif concerne la coopération franco-américaine pour dynamiser le travail du Comité de suivi de l’accord de cessation des hostilités entre le Liban et Israël et intensifier ses réunions afin de garantir l’application de l’accord, ainsi que la mise en œuvre du plan de l’envoyé Tom Barrack adopté par le gouvernement libanais. Washington semble prêt à accorder un rôle accru à Paris dans ce domaine. Le débat se concentre aussi sur la condition posée par Israël : en cas de retrait du sud du Liban, il faudrait que des forces françaises et américaines, ou une force multinationale, se déploient sur certains points et collines stratégiques, Tel-Aviv refusant d’y voir entrer l’armée libanaise ou la Finul.

Le troisième objectif est d’accompagner la décision du gouvernement libanais de monopoliser les armes aux mains de l’État et de retirer celles du Hezbollah, en assurant le suivi du plan d’exécution que l’armée libanaise doit établir d’ici la fin du mois, ainsi que la manière de le mettre en œuvre. Les discussions portent aussi sur le soutien que Washington pourrait apporter – y compris des pressions sur Israël pour qu’il cesse ses frappes et ses violations – afin de faciliter le travail du gouvernement. Le soutien attendu pour l’armée doit être financier, militaire et logistique, avec des concertations en cours entre plusieurs capitales pour augmenter leurs contributions.

Visite de Barrack

Le quatrième objectif porte sur la coordination franco-américaine au sujet de la Syrie, Tom Barrack manifestant un intérêt marqué pour la réussite de la nouvelle administration syrienne. Washington mise sur la Syrie pour couper toutes les lignes d’approvisionnement du Hezbollah. La France, de son côté, entretient un intérêt historique pour la Syrie : elle a obtenu plusieurs investissements dans le pays et accueille des réunions entre le pouvoir d'Ahmad el-Chareh et les Forces démocratiques syriennes (FDS) pour parvenir à un accord, et a aussi parrainé une réunion syro-israélienne pour trouver un arrangement sécuritaire dans le Sud syrien.

Lundi, Tom Barrack, accompagné de l'ancienne émissaire US Morgan Ortagus, sera de retour à Beyrouth. Les Libanais attendent de voir si cette visite apportera une aide politique au pays ou de nouvelles exigences, d’autant que certaines voix à Washington et Tel-Aviv estiment qu’il ne faut discuter d’aucun dossier avant que l’armée libanaise ne commence à mettre en œuvre son plan de retrait des armes. Ce plan, encore en cours d’élaboration, a été au centre des discussions lors de la tournée du commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haïkal, auprès des trois présidents Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry. Il leur a exposé la situation militaire dans son ensemble, les réalisations de la troupe à ce jour, ses besoins pour atteindre ses objectifs et la manière de l'accompagner politiquement, en la renforçant et en lui fournissant tous les moyens humains, militaires, financiers et informationnels nécessaires, ainsi que les conditions lui permettant de poursuivre son déploiement afin d’étendre la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire.

L’Iran a tracé sa ligne rouge au Liban : soutenir le Hezbollah et tous ses alliés, refuser la remise des armes, tout en mettant en avant un mot d’ordre clair – « dialogue et consensus » – pour traiter ce dossier. C’est le message qui a été affiché lors des rencontres officielles de l’émissaire iranien mercredi à Beyrouth. Mais, dans les réunions politiques tenues avec des forces et groupes alliés de Téhéran, Ali Larijani a affirmé que l’Iran n’était pas sorti vaincu de la guerre avec Israël, qu’il travaillait à développer ses capacités et ses technologies et qu’il chercherait à fournir tout le soutien requis selon sa propre méthode. La question que se posent beaucoup reste celle des modalités de ce soutien, notamment après la chute du régime de Bachar el-Assad et le resserrement de l’étau...
commentaires (7)

Ils essaient de gagner du temps. C’est le seul luxe qui leur reste. A nos autorités d’accélérer le processus du désarmement et on verra qui sera là pour les sauver. Leurs éclats de voix ressemblent au glas qui sonne pour annoncer leur disparition.

Sissi zayyat

10 h 19, le 16 août 2025

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Commentaires (7)

  • Ils essaient de gagner du temps. C’est le seul luxe qui leur reste. A nos autorités d’accélérer le processus du désarmement et on verra qui sera là pour les sauver. Leurs éclats de voix ressemblent au glas qui sonne pour annoncer leur disparition.

    Sissi zayyat

    10 h 19, le 16 août 2025

  • Pour convaincre les pays aidants le Liban à sortir des griffes des mollahs, les deux présidents doivent hausser le ton et prouver qu’ils sont à la hauteur de la tâche qui les attend. Kassem, après ses menaces ouvertes de provoquer une guerre civile doit être poursuivi pénalement et traduit devant la justice pour incitation à la haine et à la violence. Personne ne comprend que ce vendu qui répond aux ordres donnés par l’émissaire iranien, ne soit pas interpelé et emprisonné en attendant son procès. Aucun libanais ne doit se sentir au dessus de la loi. Ainsi le Liban deviendra fort et souverain

    Sissi zayyat

    09 h 45, le 16 août 2025

  • D’un côté ceux qui cherchent à renforcer la légalité et l’armée et de l’autre , un Iran estropié venu appuyer sa milice pour encore nous détruire. Le choix est fait et rien n’y changera. L’Etat a dit son mot et tout indique que le règne de la terreur va bientôt finir.

    Goraieb Nada

    04 h 59, le 16 août 2025

  • Malheureusement, l'armée libanaise n'aura que des miettes, assez pour prétendre la fournir en armes mais jamais pour la renforcer... L'Iran n'accepte pas de rendre les armes... Israel aura tjs le dessus et des excuses pour bombarder. affaiblir, et s'approprier du terrain... Le gouvernement Libanais n'a pas le charisme de s'imposer... On se moque de nous, comme d'habitude...

    S & J

    20 h 18, le 15 août 2025

  • Naiim Kassem veut discuter, ok où est ce qu’il est ce représentant iranien ? À mon avis il ne peut être qu’en Iran . C’est plus facile pour eux de le filmer et lui demander de prononcer leur discours.

    Gebran Eid

    19 h 05, le 15 août 2025

  • Envoyez armes, drones, avions, et dollars à l'armée pour inciter les jeunes à suivre l'armée libanaise et à renforcer les capacitiés en nombre aussi bien qu'en qualité. Oui. Renforcez notre armée d'une part et assechez les ressources du hezbollah et cie d'autre part pour que le Liban puisse se relever et ne plus faire de guerre à la place des iraniens. Que les iraniens eux mêmes se débrouillent au lieu d'envoyer Larijani au liban pour embourber encore plus notre pays au nom " de la solidarité" et au nom "de la résistance". Qu'ils résistent eux mêmes et nous fichent la paix bon sang.

    LE FRANCOPHONE

    16 h 16, le 15 août 2025

  • L'iran et ses proxys ne comprennent que le langage de la force.Le respect,la diplomatie, le language actuel d'égal à égal "civilisé":Ils ne connaissent pas.Tant qu'on les force à se soumettre,ils craignent l'ennemi et capitulent (pas devant leur public évidemment).Une fois qu'on leur lache la grappe, ils fanfaronnent et clament même avoir gagné la guerre.Seule Israel connait et parle leur langage.Ils se comprennent.Raison pour laquelle,Israel a pu avoir gain de cause durant la guerre.Le ciblage des "leaders" ayant cessé, ils sont sortis de leurs planques et ont recommencé à fanfaronner.

    LE FRANCOPHONE

    16 h 11, le 15 août 2025

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