Des manifestants israéliens de droite se rassemblent sur une colline surplombant la bande de Gaza assiégée, près de la barrière frontalière, le 30 juillet 2025, lors d’un rassemblement marquant les 20 ans du retrait d’Israël de Gaza. (Crédit : Menahem Kahana/AFP.)
Après que Benjamin Netanyahu s'est dit « très attaché » à la vision du « Grand Israël », les réactions n'ont pas tardé à fuser dans la région pour dénoncer le soutien du Premier ministre israélien à cette idée expansionnistes de l’État hébreu.
L'expression « Le Grand Israël » fait allusion à des frontières bibliques du temps du roi Salomon qui engloberaient la Cisjordanie mais aussi une partie des territoires situés dans les pays voisins (Jordanie, Liban et Syrie), que des Israéliens ultra-nationalistes rêvent d'occuper.
Dans un entretien mardi sur la chaîne i24, M. Netanyahu avait déclaré qu’il se sent investi d’une « mission historique et spirituelle » et qu’il est « très » attaché à la vision d’un Grand Israël. Des propos prononcés peu avant que l'armée israélienne ait approuvé le plan du gouvernement pour prendre la ville de Gaza et que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ait approuvé la construction de plus de 3 000 logements dans une nouvelle colonie qui pourrait couper en deux la Cisjordanie occupée et isoler Jérusalem-Est. Un communiqué du bureau de M. Smotrich a souligné que ce projet barrait la route à l'établissement d'un État de Palestine, alors que de nombreux pays, la France en tête, ont annoncé dernièrement leur intention de reconnaitre l'État palestinien au cours de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre.
Risques pour la stabilité au Moyen-Orient
La déclaration de Benjamin Netanyahu a provoqué un concert de récriminations à travers le monde arabe. Mercredi soir, le ministère égyptien des Affaires étrangères a ainsi condamné cette idée et demandé des explications. « L'Égypte affirme son engagement à établir la paix au Moyen-Orient et condamne ce qui a été rapporté dans certains médias israéliens à propos de ce qui est appelé +le Grand Israël+. Elle a demandé des clarifications à ce sujet, au vu de ce que cela reflète en termes de provocation à l'instabilité, de rejet de l'option de la paix dans la région et d'insistance sur l'escalade », a écrit le ministère dans un communiqué.
De son côté, l'Arabie saoudite a rejeté, via son ministère des Affaires étrangères, les « idées et projets coloniaux et expansionnistes » des autorités israéliennes, affirmant que le peuple palestinien a « un droit historique et juridique d’établir un État indépendant et souverain sur ses terres. » Le royaume saoudien a dénoncé des violations israéliennes qui « menacent la sécurité et la paix régionales et mondiales ».
Le porte-parole officiel du ministère jordanien des AE Soufiane Qoudah a, lui, qualifié les déclarations de Netanyahu d'« illusions absurdes », qui ne remettront pas en cause « les droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien ».
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem al-Budaïwi, a pour sa part qualifié les propos de Benjamin Netanyahu de « violation flagrante de la Charte des Nations unies et du droit international, ainsi que d’attaque manifeste contre la souveraineté et l’unité des États arabes. » Il a appelé la communauté internationale à une « position ferme » contre les « déclarations provocatrices » du Premier ministre israélien.
« Le Liban a existé avant Israël »
La Ligue arabe a aussi condamné un « mépris dangereux » de M. Netanyahu « pour la souveraineté des nations arabes et de menace grave à la sécurité arabe collective. » Condamnant des « intentions expansionnistes et agressives » nourries par des « illusions coloniales », elle a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à agir avec fermeté.
Au Liban, peu se sont élevés contre la sortie de M. Netanyahu. Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil, a néanmoins écrit sur son compte X que « le Liban a existé durant des milliers d’années avant Israël, et demeurera pour l’éternité. Amen », sans indiquer clairement si cette phrase était une réaction aux propos sur le « Grand Israël ».
Outre le projet du « Grand Israël », certains Israéliens d'extrême droite prônent la colonisation du Liban-Sud, comme l'organisation « Uri Tzafon » (« Réveiller le Nord »), fondée en juin 2024.




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12 h 43, le 15 août 2025