Le ministre des Finances Yassine Jaber, au ministère, le 30 juillet 2025. Photo diffusée par le ministère
Le ministre des Finances Yassine Jaber a déclaré dans un discours à Nabatiyé que la priorité du gouvernement de Nawaf Salam était de construire l’État libanais, mais aussi de rétablir son monopole sur les armes, tout en précisant que la protection « de notre peuple » reste « la priorité absolue ».
Bien que nuancés, ces propos explicites sur le monopole des armes restent inédits de la part d’un membre du mouvement Amal, principal allié du Hezbollah, au moment où la décision prise jeudi par le gouvernement d’adopter la feuille de route américaine pour le désarmement du parti chiite a provoqué une levée de boucliers de la part de ce dernier.
« Aujourd’hui, ici à Nabatiyé, qui pleure encore ses martyrs et panse ses plaies, je renouvelle en tant que ministre du gouvernement mon engagement constant depuis notre entrée en fonctions : notre priorité va à la construction de l’État, au renforcement de toutes ses institutions, en particulier l’armée libanaise, ainsi qu'au retour au monopole d’État sur les armes, comme le confirme la déclaration ministérielle », a ainsi affirmé Yassine Jaber, évoquant un choix relevant du « consensus ».
« Renouveler notre loyauté au Liban seul »
Le ministre se trouvait à l’étranger la semaine dernière au moment des deux réunions du Conseil des ministres consacrées à la question du désarmement du Hezbollah.
« Je regrette que les évolutions politiques au Liban s’accélèrent alors que j'étais à l’étranger, empêché par des engagements antérieurs de participer aux deux dernières séances du Conseil des ministres. Malgré mon absence, ma position est claire et sans ambiguïté : la protection de notre peuple reste la priorité absolue, la pierre angulaire de l’unité nationale », a-t-il ajouté.
Jeudi dernier, les quatre autres ministres chiites présents à la réunion – dont trois issus du tandem Hezbollah-Amal – ont quitté la salle lorsque les discussions ont porté sur le document américain. Le Hezbollah avait auparavant appelé le gouvernement à revenir sur sa décision, tandis que l'Iran a pris position à deux reprises contre le désarmement du Hezbollah et a été condamné autant de fois par la diplomatie libanaise qui l’a accusé d’« ingérence ».
S'exprimant à Nabatiyé, ville du Liban-Sud dont il est originaire et qui a été particulièrement meurtrie par les bombes israéliennes pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël, Yassine Jaber a également abordé la question des interférences israéliennes dans les projets libanais. « La question cruciale à laquelle nous demandons une réponse claire est la suivante : est-ce que les autres (Israël et ses alliés, NDLR) nous laisseront construire l’État que nous revendiquons et défendons ? Le voisin israélien cessera-t-il ses agressions ? Y aura-t-il des garanties pour l’arrêt des attaques et son retrait jusqu’aux frontières reconnues internationalement, afin que l’armée libanaise puisse s'y déployer, conformément aux résolutions internationales et à l’accord de cessez-le-feu ? », s'est-il encore interrogé.
« Tel est aujourd'hui le cœur du débat, qui exige des réponses claires, sincères, engagées, afin que l’État que nous cherchons à renforcer soit un État de prestige, de force, de souveraineté et de construction. La responsabilité est grande aujourd’hui, plus grande que jamais. Ce qu’on attend de nous tous en tant que Libanais, ce sont des positions sincères, unifiées, de bonnes intentions et des actes fondés sur notre foi en une vie commune et un destin commun, car lorsque le bateau coule, il emporte tout le monde, sans distinction de classe ou de rang », a encore déclaré le ministre, concluant : « Nous sommes tous appelés à renouveler notre loyauté envers le Liban seul et à œuvrer main dans la main pour bâtir cet État que nous espérons. »



Lorsque le pays est a la croisée des chemins pour prendre de grandes décisions qui vont changer la donne stratégique du pays, quoi qu'il ai comme engagement, il retourne participer au conseil des ministres. Il a préféré rester a l’étranger et nous sortir une déclaration ambiguë qui veut tout et ne rien dire en même temps. ON dit qu'il est honnête et je veux bien le croire, mais il reste qu'il est d'Amal et ce parti ne sait malheureusement pas ce que c'est que l’honnêteté. Difficile a concilier!
13 h 15, le 11 août 2025