Les familles des soldats libanais tués arrivent à Badaro le 10 août 2025. Photo Nabil Ismail/Annahar
Les corps des six soldats tués samedi dans une explosion dans un dépôt d’armes, sur lequel ils intervenaient au Liban-Sud, ont été conduits dimanche dans leurs localités respectives où ils ont été pleurés et enterrés, rapportent notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, et plusieurs médias libanais.
Les corps avaient été transportés samedi soir à l’hôpital militaire de Badaro, à Beyrouth, selon les mêmes sources. L’armée a organisé une cérémonie pour accompagner le départ de leurs dépouilles dimanche matin.
L’armée libanaise avait annoncé samedi après-midi que le dépôt d’armes qu’ils étaient en train de démanteler était situé dans la vallée de Zebqine, près de Majdel Zoun (Tyr), au Liban-Sud. Ce drame est survenu alors que le gouvernement venait d’adopter la feuille de route américaine prévoyant de rétablir le monopole de l’État sur les armes, au détriment de celles du Hezbollah, ainsi que le retrait israélien du Liban-Sud.
Le roi Abdallah II ben Al-Hussein de Jordanie a appelé dimanche après-midi le président libanais Joseph Aoun pour « présenter ses condoléances suite au martyre de six soldats dans le tragique incident » survenu samedi.
Le ministre de la Justice, Adel Nassar, s'est, lui déplacé à Majdel Zoun pour rencontrer des soldats à qui il a exprimé sa « profonde estime » pour « leur courage et leur résilience », saluant « leurs grands sacrifices pour protéger la patrie et préserver la dignité de son peuple ». Il a affirmé que « le Liban leur restera redevable pour les actes de bravoure et le dévouement dont ils font preuve dans l’accomplissement de leur devoir »
À la caserne de l’armée à Biyada, toujours dans le même caza, le ministre a présenté ses condoléances au commandant de la 5ᵉ brigade, le général Michel Bardawil, pour la mort de ces six soldats. Il a souligné que « l’armée, par son rôle national et central, est une pierre angulaire dans la construction de l’État ».

Les six soldats tués au Liban-Sud sont : l’Adjudant-chef Abbas Fawzi Salhab (Younine, Baalbeck-Hermel), Ahmad Fadi Fadel (Ghobeyri, banlieue sud de Beyrouth), Ibrahim Khalil Moustapha (Majdaloun, Baalbeck), Hadi Nasser el-Bayy (Tyr), Mohammad Ali Choucair (Laylaki, banlieue sud de Beyrouth), et Yamen Hallak (Qarha, Akkar).
Le communiqué militaire sur le drame n’a pas précisé si le dépôt où l’explosion s’est produite appartenait au Hezbollah, dont l’armée est actuellement chargée de démanteler les structures au sud du Litani, conformément à l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, après treize mois de guerre entre le parti chiite et Israël.

L’Adjudant-chef Salhab a été conduit à Riyak, dans le caza de Baalbeck, selon notre correspondante, la famille du défunt residant dans cette localité, raison pour laquelle il n'a pas été enterré à Younine, dont il est originaire, selon nos informations.
Le cercueil de ce « héros », comme l’a appelé sa mère, a été porté par les porteurs de deuil et reposait sur l’épaule de son père, Fawzi. La procession funéraire était menée à pied par sa fille, Maram, tenant fièrement une photo de son père, qui lui avait un jour dédié une vidéo où il faisait exploser des restes de bombardements israéliens dans le Sud. Des honneurs officiels lui ont été rendus devant l’hôpital de Riyak.

La municipalité de Younine n'a cependant pas manqué d'honorer le soldat. « Avec une profonde tristesse et une grande fierté, la municipalité de Younine adresse ses sincères condoléances à l’armée libanaise, à la famille du défunt héros, l’Adjudant-chef Abbas Salhab, ainsi qu’à nos concitoyens de Younine. Abbas a consacré sa vie à servir et protéger son pays avec courage et loyauté. Sa perte est immense tant pour l’armée que pour notre ville », peut-on lire dans un communiqué.
Mohammad Ali Choucair a, lui, été inhumé au cimetière Rawdat el-Chahidayn à Ghobeiry, dans la banlieue sud de Beyrouth.
La direction de l’armée libanaise dans la Békaa a également organisé la procession funéraire du soldat martyr Ibrahim Khalil Moustapha. Le cortège funéraire est parti de devant l’hôpital gouvernemental de Baalbeck en direction de sa localité natale, Majdaloun, à l’ouest de Baalbeck. Un groupe de camarades soldats a rendu hommage à la victime au son de la marche funèbre, interprétée par la fanfare militaire de l’école Retbaa. Son cercueil était enveloppé du drapeau libanais.

Une cérémonie a également été organisée à Majdaloun, en présence du Brigadier-général Jihad Abou Ali, représentant le ministre de la Défense Michel Menassa.
Dans son discours, le brigadier général Abou Ali a affirmé que l’armée est le bouclier de la nation « contre les ennemis et le terrorisme, et que ses soldats sont toujours prêts à sacrifier leur vie pour le Liban ». Il a salué « le martyr Ibrahim comme un soldat loyal et dévoué qui considérait tout le Liban comme sa maison et tous les Libanais comme sa famille ».
La question du lieu des funérailles de Yamen Hallak est restée un temps indécise. Le soldat était enregistré à Qarha, située à Wadi Khaled, à la frontière entre le Liban et la Syrie, mais sa famille habite dans une localité appelée Joubbénié, dont une partie du territoire se trouve en Syrie, a expliqué notre correspondant Michel Hallak. Une source de la troupe a indiqué que le corps devait être transféré dimanche à 15h depuis l’hôpital militaire de Badaro vers Wajh el-Hajar, dans le district de Kherbit el-Tin de la province de Homs en Syrie, où les funérailles sont programmées le même jour.
Au Liban-Sud, la localité de Dbaal a organisé les funérailles d'Ahmad Fadi Fadel, tandis que la ville de Tyr attendait encore dimanche en milieu d'après-midi l’annonce de la date des funérailles de Hadi Nasser el-Bayy, selon notre correspondant.



Si des artistes méritent bien une rue à leur nom, nos héros le méritent autant sinon plus. A quand la pétition ?
07 h 00, le 11 août 2025