Des soldats sont déployés alors que des partisans du Hezbollah descendent dans les rues en voitures et en motos pour protester contre le soutien du gouvernement à un plan visant à le désarmer, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 7 août 2025. Photo AFP/IBRAHIM AMRO
Le ministère libanais des Affaires étrangères a condamné samedi soir les déclarations faites plus tôt dans la journée par Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, qui exprimait l'opposition de Téhéran à la décision du gouvernement de Beyrouth de désarmer le Hezbollah. Il a dénoncé pour la deuxième fois cette semaine une ingérence « inacceptable » dans les affaires intérieures du Liban.
La diplomatie libanaise « condamne fermement » les déclarations du responsable iranien, « qui constituent une ingérence flagrante et inacceptable dans les affaires intérieures du Liban », rapporte un communiqué du Palais Bustros. Rappelant que « ce n'est pas la première fois qu'une telle ingérence se produit », le ministère y voit un « comportement inacceptable qui ne sera en aucune circonstance toléré par l’État libanais. » « Le Liban ne permettra à aucune partie extérieure, qu’elle soit amie ou ennemie, de parler au nom de son peuple ou de revendiquer une quelconque tutelle sur ses décisions souveraines », insiste le texte, qui demande aux autorités iraniennes de « se concentrer sur les problèmes de leur propre peuple. » Refusant toute « ingérence, diktat, pression ou infraction », la diplomatie libanaise affirme que l’État « répondra, conformément aux usages diplomatiques, à toute tentative de saper l’autorité de ses décisions », sans toutefois annoncer de convocation de l'ambassadeur d'Iran ou des mesures concrètes.
« L'Iran a toujours aidé le peuple libanais et la résistance »
« La République islamique d'Iran est certainement opposée au désarmement du Hezbollah, car l'Iran a toujours aidé le peuple libanais et la Résistance, et continue de le faire », avait affirmé plus tôt Ali Akbar Velayati dans un entretien à l'agence Tasnim.
Le gouvernement de Nawaf Salam avait annoncé mardi dernier avoir chargé l'armée de préparer un plan pour acter le désarmement des milices, dont le Hezbollah, avant la fin de l'année. Deux jours plus tard, le cabinet approuvait les « objectifs » définis dans la feuille de route proposée par l'émissaire américain Tom Barrack pour assurer la bonne mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024 après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël.
Jeudi, c'était le commandant adjoint de la force al-Qods des gardiens de la révolution iranienne, le général de brigade Iraj Masjedi qui commentait la décision du gouvernement Salam. Il avait alors soutenu que le Hezbollah « ne sera jamais désarmé ». « L’axe américano-sioniste ne parviendra pas à désarmer la 'Résistance' », avait-il insisté.
Des propos récent du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avaient créé un tollé au pays du Cèdre. Il avait fait savoir que l’Iran soutiendrait toute décision prise par le parti chiite. Selon un commentaire cité par certains médias locaux mais non mentionné dans la transcription d'un entretien publié par l’agence de presse de la République islamique d’Iran, M. Araghchi avait également estimé que le plan de désarmement du Hezbollah « est voué à l’échec ». Le ministre libanais des Affaires étrangères Joe Raggi avait alors dénoncé une « ingérence » iranienne.
Le « plan Barrack » prévoit le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés d'ici la fin de l’année, ainsi qu’une série d’autres mesures, comme la mise en application d'une série de réformes, le soutien à l’armée libanaise et la délimitation des frontières avec la Syrie et Israël.




Pourquoi Larijani s’amène au Liban après les déclarations hostiles de l’Iran et qui va le recevoir précisément ? J’espère que notre ministre AF va le remettre dans son avion illico.
13 h 59, le 11 août 2025