L'ensiegne de l'Association des banques du Liban dans le centre de Beyrouth, le 7 août 2025. Photo Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
L’Association des banques du Liban a finalement choisi le cabinet international Ankura comme conseiller en vue de potentielles négociations avec la Banque du Liban au sujet des dépôts et autres placements détenus par les banques du pays auprès de la Banque centrale.
L’information a été confirmée à L’Orient-Le Jour par deux sources bancaires souhaitant rester anonymes. La décision a été prise jeudi lors d’une réunion à laquelle les banques du pays, y compris celles qui ne font plus partie de l’ABL, ont été conviées. L’Association des banques n’a pas répondu à nos sollicitations.
L’offre d’Ankura est l’une des deux qui étaient parvenues à l'ABL, avec celle d'Alvarez & Marsal, le cabinet qui avait été mandaté par le gouvernement pour réaliser l’audit juricomptable de la BDL. Selon nos informations, Ankura avait été approché dès juin à l’issue d’un processus de sélection lancé par l’ABL, tandis qu'Alvarez & Marsal avait pris l’initiative de démarcher l’organisation après coup.
Quant aux détails du contrat, une deuxième source contactée cette semaine évoquait une durée de 18 mois et une prestation facturée 4 millions de dollars. Les deux sources ont cependant précisé que les banques, qu’elles soient membres de l’association ou non, devront s’engager volontairement pour être représentées par le cabinet. « Chaque banque va devoir signer en son nom, donc le processus pour finaliser le contrat avec le cabinet va sans doute prendre quelques jours de plus », a confié l’une des deux sources.
Selon des informations de presse, la démarche de l’ABL répond à une demande de la Banque du Liban qui, avec le gouvernement, envisagerait également de mandater ses propres conseillers.
Les banques comptent batailler pour récupérer tout ou partie des 80 milliards de dollars de créances, principalement des dépôts, qu’elles détiennent à la BDL et que cette dernière n’a pas les moyens de leur rendre. Il s’agit de l’un des facteurs qui a déclenché la crise qui se poursuit depuis 2019 et au cours de laquelle les banques ont gelé l’essentiel des dépôts en dollars de leurs clients. Les banques considèrent que le fait que la BDL ne soit pas en mesure de rétrocéder ces dépôts — rémunérés — qu’elle leur demandait d’effectuer, les exonère de l’essentiel, voire de toute responsabilité vis-à-vis de leurs clients.
Les opposants à l’ABL estiment, de leur côté, que les banques ne pouvaient pas ignorer la fragilité du système financier libanais au moment où elles ont effectué ces placements et qu’elles ne peuvent pas échapper à leur responsabilité.
Ankura Consulting Group est un cabinet de conseil américain fondé en 2014 et actif dans 115 pays, selon son site internet. Il est spécialisé dans la gestion des risques, la restructuration d’entreprises, la finance, l’arbitrage, l’investigation et les conseils stratégiques.



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09 h 42, le 12 août 2025