Des personnes participant à une veillée aux chandelles sur la place Lafayette en face de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 22 mai 2025, après la fusillade qui a tué deux employés de l'ambassade d'Israël aux États-Unis. Photo d'archives Mandel Ngan/AFP.
Les États-Unis ont engagé mercredi des poursuites fédérales pour crime de haine contre l'homme accusé d’avoir abattu deux membres du personnel de l’ambassade d’Israël devant un musée à Washington en mai, affirmant qu’il les avait ciblés parce qu’ils étaient Israéliens, selon des documents judiciaires.
L’acte d’accusation, pour neuf chefs différents, vise Elias Rodriguez, 31 ans, accusé d’avoir commis un crime de haine ayant entraîné la mort, motivé par « l’origine nationale réelle ou perçue de toute personne ». M. Rodriguez est poursuivi pour meurtre au premier degré et meurtre d’un fonctionnaire étranger. L’acte d’accusation inclut également des circonstances aggravantes qui rendraient l'accusé passible de la peine de mort s’il est reconnu coupable.
Elias Rodriguez est accusé d’avoir mortellement blessé Yaron Lischinsky, 30 ans, et Sarah Lynn Milgrim, 26 ans, qui s’apprêtaient à se fiancer. Le 21 mai, les victimes quittaient un événement destiné aux jeunes professionnels et diplomates au Capital Jewish Museum, organisé par l’American Jewish Committee, un groupe de défense luttant contre l’antisémitisme et soutenant Israël, lorsqu’ils ont été tués. Selon une plainte pénale, sur les lieux, Rodriguez avait déclaré à la police : « J’ai fait ça pour la Palestine. J’ai fait ça pour Gaza ». Des témoins ont également rapporté l’avoir entendu scander « Free Palestine » après son interpellation.
Elias Rodriguez n'a pas encore plaidé pour les accusations précitées, dont le fait d'avoir tué par arme à feu et d’avoir tiré avec une arme à feu lors d’un crime violent. Les meurtres, survenus en plein centre de Washington, ont été largement condamnés comme un acte d’antisémitisme et ont bouleversé les communautés juives à travers le monde. Jeanine Pirro, principale procureure fédérale à Washington, avait déclaré en mai que la fusillade ferait l’objet d’une enquête au titre de crime de haine et que les chefs d’accusation pourraient entraîner la peine de mort.
L’acte d’accusation rendu par un grand jury fédéral précède une audience prévue dans l’affaire de Rodriguez vendredi. Selon l’acte, Elias Rodriguez avait déjà proféré en ligne une rhétorique violente contre les Israéliens, dont un appel à « éliminer chaque Israélien de 18 ans et plus ». Avant la fusillade, il avait programmé la publication sur les réseaux sociaux, dans la nuit, d’un document affirmant que les auteurs et complices des actions militaires d’Israël à Gaza avaient « perdu leur humanité », selon l’acte d’accusation.
Elias Rodriguez, né et élevé à Chicago, était arrivé à Washington la veille de la fusillade. Il a été vu faisant les cent pas devant le musée, à un peu plus d’un mile (1,6 km) de la Maison-Blanche, peu avant les tirs, d’après la police. Des images de vidéosurveillance le montrent tirant environ 20 balles sur Yaron Lischinsky et Sarah Lynn Milgrim, puis se penchant sur eux pour tirer plusieurs autres coups après leur chute, et après que Milgrim ait tenté de ramper pour s'éloigner et se soit redressée, selon une déclaration sous serment du FBI dans la plainte pénale. Le tireur a fait une pause pour recharger son arme, puis a repris ses tirs, selon cette déclaration. Il a ensuite jeté son arme, est retourné dans le musée et a été arrêté sur place après s’être désigné comme suspect, sortant un keffieh palestinien rouge et déclarant qu’il était l’auteur des faits, selon l’affidavit.
Cet article est une traduction réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche publiée en anglais par l'agence Reuters.


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