Une fillette palestinienne transporte un bidon d'eau en pleine pénurie, à un point de distribution à Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 5 août 2025. Photo Ramadan Abed/Reuters
L’« aide qui provoque un bain de sang » et les « déplacements massifs répétés » créent une crise humanitaire catastrophique à Gaza, a dénoncé l’ONG danoise Danish Refugee Council (DRC), dans un communiqué de presse mardi. Se basant sur une nouvelle enquête menée auprès de Palestiniens vivant à Gaza, le DRC a affirmé que la population, « épuisée par la famine extrême et les multiples déplacements, se voit systématiquement refuser l’accès à l’aide humanitaire ».
Les entretiens menés par le DRC auprès de Gazaouis entre le 22 mai et le 27 juillet 2025 dans 25 sites de déplacement, à Deir el-Balah, Khan Younès, Gaza-ville et le nord de Gaza, ont exposé les conséquences mortelles du programme de distribution d’aide humanitaire soutenu par les États-Unis et Israël. Les 39 personnes interrogées, 22 femmes et 17 hommes, ont été déplacées en moyenne neuf fois depuis le début de la guerre en octobre 2023, précise le communiqué. « Pas moins de 70 % des personnes interrogées ont cité l’extrême faiblesse causée par la famine comme un obstacle à l’accès à l’aide », écrit l’ONG. « L’épuisement physique est si profond que beaucoup sont incapables d’effectuer le long trajet à pied jusqu’aux sites de distribution ou de porter des charges lourdes », lit-on dans le communiqué.
Le DRC dénonce dans ce contexte l’« aide qui provoque un bain de sang », sans citer la Fondation humanitaire à Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, et qui mène ces distributions. « Les Palestiniens qui tentent d’accéder au programme de distribution (...) ont déclaré avoir vu des personnes, y compris des membres de leur famille, être délibérément prises pour cibles, abattues et tuées par des soldats », rapporte le communiqué. Au moins 1 373 Palestiniens ont été tués depuis la mise en place le 27 mai d’un nouveau système de distribution d’aide via la GHF, la plupart par des tirs israéliens, « alors qu’ils cherchaient de la nourriture », avait accusé l’ONU la semaine dernière.
L’enquête du DRC révèle aussi l’insuffisance, voire l’inexistence des services de base dans les sites d’accueil des déplacés : « Quarante-six pour cent ont déclaré recevoir de l’eau potable deux fois par semaine dans leur lieu d’accueil actuel, et 28 % ont déclaré ne pouvoir obtenir un repas chaud dans une cuisine commune qu’une fois par semaine. En outre, 31 % (12 personnes) ont déclaré n’avoir reçu aucun service au cours du mois précédant l’entretien. » Un reportage de l’AFP a révélé lundi que plus de 80 % des infrastructures liées à l’eau à Gaza ont été endommagées par la guerre, et que les habitants de la bande occupée ne peuvent plus compter que sur des approvisionnements erratiques.
Le DRC analyse finalement les conséquences catastrophiques sur la santé mentale des Palestiniens de Gaza, « 33 % décrivant des sentiments de peur constante, 31 % de dépression, 31 % d’insomnie et de cauchemars, et 26 % d’anxiété (et) dans 13 % des cas les personnes interrogées ont décrit des sentiments de désespoir et des pensées suicidaires ». Un homme interrogé par le DRC à Khan Younès le 12 juillet avait déclaré : « Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que j’ai vu : des chars dans les rues, des gens qui courent, des tentes en feu, des enfants qui crient. C’est gravé dans ma tête. Je n’arrête pas de revivre ces images. Même maintenant, je sursaute au moindre bruit fort. »
L’aggravation de la famine observée ces dernières semaines dans l’enclave palestinienne a fait grimper le nombre total de Palestiniens décédés pour cause de malnutrition à 175 personnes, dont 93 enfants, à date du 4 août 2025. De plus, l’effondrement du système hospitalier à Gaza a entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes, faute de traitements pour soigner leurs pathologies.
L’opération Déluge d’al-Aqsa, lancée contre Israël par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023 a entraîné, côté israélien, la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles. Depuis, les représailles israéliennes ont fait plus de 60 000 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.




Il y a une concurrence entre les organisations internationales, les ong traditionnelles, celle mise en place par les USA et les Etats... Cette commercialisation des âmes et de la famine pour uniquement montrer que l'on existe sur le marché de l'humanitaire est indigne.
18 h 35, le 05 août 2025