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Politique - Liban

Conseil des ministres : la rue chiite s'agite, les appels au désarmement du Hezbollah se multiplient

Des partisans de la formation ont défilé dans la banlieue sud de Beyrouth lundi soir, brandissant des drapeaux du parti de Dieu et scandant « Labayka Nasrallah ».

Conseil des ministres : la rue chiite s'agite, les appels au désarmement du Hezbollah se multiplient

Un convoi de motos du Hezbollah défilant dans la banlieue sud de Beyrouth, le 4 août 2025. Capture d'écran

A quelques heures du Conseil des ministres mardi à 15 heures sur le désarmement du Hezbollah, et après des défilés de partisans de la formation chiite lundi soir dans la banlieue sud de Beyrouth, plusieurs figures politiques ont insisté sur la nécessité du désarmement du Hezbollah après la récente guerre qui l'a opposé à Israël.

Le gouvernement de Nawaf Salam devrait se réunir aujourd'hui au palais de Baabda pour aborder la remise de l'arsenal du parti chiite. Ce dernier ne refuse pas le principe d’un débat sur le monopole des armes par l’État, mais il conditionne tout désarmement à un retrait préalable des Israéliens et à l’arrêt des violations du cessez-le-feu, ainsi que la libération des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction après la récente guerre. Dans une vidéo publiée lundi soir, le Hezbollah a affirmé que la résistance était « le seul choix et soutien à l'armée libanaise ». Des contacts politiques se sont poursuivis lundi soir afin de parvenir à une formule que le gouvernement pourrait adopter mardi. Selon nos informations, le parti a conditionné sa participation à une connaissance préalable des décisions qui en découleront.

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« Labayka Nasrallah »

Protestant contre le Conseil des ministres sur le désarmement du parti, des partisans du Hezbollah ont défilé à moto lundi soir dans plusieurs quartiers de la banlieue sud de Beyrouth. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de motocyclistes brandissant des drapeaux jaunes du parti sillonnant des quartiers de la banlieue sud et scandant « Labayka Nasrallah » (à tes ordres, Nasrallah), en allusion à l'ancien chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, assassiné par une frappe israélienne le 27 septembre 2024.

Réagissant à cette démonstration, le député des Kataëb Nadim Gemayel a appelé lundi soir « les services de sécurité à assumer leurs responsabilités au plus vite ». « Si les services de sécurité ne font rien contre ces tentatives de menace avant la séance de demain, personne ne restera les bras croisés », a-t-il dénoncé, mettant en garde contre des confrontations entre les partisans du Hezbollah et leurs adversaires.

Selon des informations rapportées sur les réseaux sociaux, les services de sécurité auraient coupé lundi soir l'accès au domicile de Nawaf Salam. Le parti chiite aurait également préparé plusieurs camions chargés de terre et de gravats afin de couper les routes, au besoin mardi, selon des médias locaux.

Ces derniers jours, des proches du parti chiite n'ont pas hésité à brandir la menace d’un nouveau coup de force, semblable à celui du 7 mai 2008. À l’époque, le gouvernement de Fouad Siniora avait tenté de briser la mainmise sécuritaire du Hezbollah, qui avait répondu en prenant d’assaut Beyrouth-Ouest et la Montagne.

« Connivence avec le plan israélo-américain »

Dans des déclarations lundi soir à la chaîne NBN, le député du Hezbollah Ali Mokdad a estimé que le Conseil des ministres « n'aurait pas dû avoir lieu » et que ceux qui appellent à désarmer son parti « sont de connivence avec le plan israélo-américain ». « D'ici demain matin, nous prendrons une décision basée sur la réponse qui sera donnée au chef du Parlement Nabih Berry et au Hezbollah ». Des tribus sunnites ont pour leur part exprimé lundi leur soutien aux autorités et à l'armée libanaise, face au Hezbollah. « Nous appelons à respecter la Constitution libanaise et les accords de Taëf (...) et de garantir le monopole des armes aux mains de l'armée », ont déclaré ces tribus dans un communiqué. Par ailleurs, un appel à manifester, mardi à 15h sur la place Riad el-Solh « en soutien à la demande du président Aoun de monopoliser les armes aux mains de l'armée » a été lancé par la formation des « Libanais libres ».

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« Tenir compte que des intérêts du Liban »

A quelques heures de la séance gouvernementale, le chef du Législatif Nabih Berry a affirmé que « nous ne tiendrons compte que des intérêts du Liban et veillerons à faire tout ce qui ne menace pas sa sécurité ». Selon le quotidien an-Nahar, M. Berry s'est aussi dit« favorable » à la participation des ministres du tandem chiite au Conseil des ministres et « opposé (à son) boycott ».

Plusieurs personnalités politiques ont souligné la nécessité du monopole des armes aux mains de l'État. Le ministre de la Justice, Adel Nassar, a affirmé dans un entretien avec la chaîne MTV que le gouvernement « exigera un calendrier pour la remise des armes », estimant qu'il était « inacceptable que le Hezbollah entraîne les Libanais avec lui vers le suicide ». La députée Paula Yacoubian a de son côté estimé que « le retour dans le giron des institutions n’est plus un luxe politique, mais une condition de survie pour la patrie ». « Nulle légitimité ne surpasse celle de l’État, et nulle arme ne doit primer sur la sienne », a-t-elle ajouté.

De son côté, le député du Hezbollah Kassem Hachem a affirmé au site d'informations el-Nashra que les contacts politiques liés à la séance se poursuivront jusqu’aux derniers instants précédant le Conseil dans le but de parvenir à « une position consensuelle » qui prend en compte l’intérêt du Liban.

La communauté internationale insiste sur la nécessité pour le pays de commencer le processus de récupération du monopole des armes et de définir un plan d’exécution clair assorti de délais précis. Israël, de son côté, a la conviction qu’il a remporté une victoire et que le Liban, comme le Hezbollah, est en position de faiblesse après les frappes qu’ils ont subies. Cela signifie, selon Tel-Aviv, que le Hezbollah doit faire les concessions attendues, et que le Liban doit s’engager sur la voie proposée.

A quelques heures du Conseil des ministres mardi à 15 heures sur le désarmement du Hezbollah, et après des défilés de partisans de la formation chiite lundi soir dans la banlieue sud de Beyrouth, plusieurs figures politiques ont insisté sur la nécessité du désarmement du Hezbollah après la récente guerre qui l'a opposé à Israël.Le gouvernement de Nawaf Salam devrait se réunir aujourd'hui au palais de Baabda pour aborder la remise de l'arsenal du parti chiite. Ce dernier ne refuse pas le principe d’un débat sur le monopole des armes par l’État, mais il conditionne tout désarmement à un retrait préalable des Israéliens et à l’arrêt des violations du cessez-le-feu, ainsi que la libération des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction après la récente guerre. Dans une vidéo...
commentaires (5)

Il faut se méfier des espions israéliens qui attisent les dissensions. Marwan Barghouti avait déjà mis en garde les Palestiniens à ce sujet. Ils sont forts en se faisant passer pour être le meilleur pour rouspéter. Alors que le Hezbollah ouvre les yeux et se range plutôt avec le gouvernement

Hélène SOMMA

04 h 59, le 06 août 2025

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Commentaires (5)

  • Il faut se méfier des espions israéliens qui attisent les dissensions. Marwan Barghouti avait déjà mis en garde les Palestiniens à ce sujet. Ils sont forts en se faisant passer pour être le meilleur pour rouspéter. Alors que le Hezbollah ouvre les yeux et se range plutôt avec le gouvernement

    Hélène SOMMA

    04 h 59, le 06 août 2025

  • Belle photo: une vingtaine de delivery défilant dans la banlieue sud, il n’y a vraiment pas de quoi écrire un article

    Lecteur excédé par la censure

    14 h 45, le 05 août 2025

  • The game is over for the dark bearded motorcycles. Good bye Hezbollah!!

    Wow

    14 h 34, le 05 août 2025

  • Spoooooky... loubayka!? ils répondent et semblent pouvoir l'entendre...

    Wlek Sanferlou

    13 h 46, le 05 août 2025

  • S,ils scandent lakayka Nasrallah contre l,Etat Libanais, l,ecrasante majorite des Libanais crie : LABAYKA LEBNEN !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    12 h 49, le 05 août 2025

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