Rechercher
Rechercher

Politique - Monopole Des Armes

Conseil des ministres : contacts tous azimuts pour trouver une formule acceptable

Le Hezbollah conditionne sa participation à la séance de mardi à une connaissance préalable des décisions qui en découleront.

Conseil des ministres : contacts tous azimuts pour trouver une formule acceptable

Le Conseil des ministres réuni à Baabda, le 17 juillet 2025. Photo présidence.

Jusqu’à une heure tardive de la soirée, les contacts politiques se sont poursuivis afin de parvenir à une formule que le gouvernement pourrait adopter concernant la question des armes du Hezbollah et leur remise à l’armée libanaise. Ces contacts devraient se poursuivre jusqu’aux derniers instants précédant la tenue de la séance du Conseil des ministres mardi. D’autant que, selon nos informations, le Hezbollah a conditionné sa participation à une connaissance préalable des décisions qui en découleront. Il s’appuie sur le rôle du président du Parlement, Nabih Berry, qui s’efforce de trouver une formule acceptable par l’ensemble des forces politiques mais aussi la communauté internationale. Celle-ci réclame la mise sur pied d’un calendrier pour le monopole des armes. Faute de quoi le Liban risquerait de se frotter, une nouvelle fois, à la machine de guerre israélienne.

L’Orient-Le Jour a appris qu’un entretien a eu lieu lundi entre le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam. Nabih Berry devait également se rendre à Baabda pour un entretien avec le chef de l’État. Ces contacts interviennent à l’heure où certains protagonistes restent fermement attachés à l’idée d’adopter une décision claire et publique sur le retrait de toutes les armes échappant à l’autorité de l’État, avec un calendrier précis et un programme d’exécution à accomplir au plus tard d’ici à la fin de l’année 2025. Ces parties partent du principe qu’elles représentent la majorité du peuple libanais, notamment après les prises de position de certains alliés du Hezbollah (dont le député Tony Frangié), qui ont eux aussi exprimé la nécessité d’instaurer un monopole des armes aux mains de l’État. Ces acteurs estiment qu’ils disposent d’une majorité des deux tiers au sein du Conseil des ministres, notamment avec l’appui des ministres proches du président de la République et du Premier ministre, ce qui les pousse à exiger une décision claire, quitte à aller jusqu’à un vote.

Lire aussi

A la veille du Conseil des ministres, le Hezbollah affirme que « la résistance est le seul choix et soutien à l'armée libanaise »

La communauté internationale insiste sur la nécessité pour le pays de commencer le processus de récupération du monopole des armes et de définir un plan d’exécution clair assorti de délais précis. Israël, de son côté, a la conviction qu’il a remporté une victoire et que le Liban, comme le Hezbollah, est en position de faiblesse après les frappes qu’ils ont subies. Cela signifie, selon Tel-Aviv, que le Hezbollah doit faire les concessions attendues, et que le Liban doit s’engager sur la voie proposée.

Les conditions du Hezbollah

En face, le Hezbollah campe sur ses positions. S’il ne refuse pas le principe d’un débat sur le monopole des armes par l’État, il conditionne tout désarmement à un retrait préalable des Israéliens et à l’arrêt des violations, ainsi que la libération des prisonniers et le lancement du processus de reconstruction. Il a ainsi préparé une argumentation qu’il considère comme claire, soulignant qu’il avait accepté l’accord de cessation des hostilités, qui stipulait que les opérations israéliennes devaient cesser et qu’un retrait devait avoir lieu dans les 60 jours suivant le cessez-le-feu, en plus de la tenue d’une conférence pour la reconstruction. Or, selon lui, aucune de ces promesses n’a été tenue. Il insistera donc mardi sur le fait que la priorité doit être donnée au respect par Israël des engagements précédemment pris.Lundi, les services du parti ont partagé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle le secrétaire général Naïm Kassem et son prédécesseur Hassan Nasrallah affirment que la remise des armes est hors de question. Le Hezbollah demeure aussi sur ses gardes face à toute initiative qui pourrait le prendre de court, comme l’adoption par vote d’une décision de retrait des armes avec un calendrier précis. Ce risque est d’autant plus présent que des informations indiquent que les partenaires internationaux du Liban insistent sur l’approbation, sans débat supplémentaire, de la feuille de route qui a été proposée au Liban. C’est pourquoi le parti exige de connaître à l’avance le contenu de la décision gouvernementale.

Plusieurs propositions

Dans ce cadre, des propositions ont émergé pour éviter un affrontement, une crise gouvernementale ou une montée des tensions sur les plans politique et populaire. L’une d’elles consisterait à présenter la feuille de route de l’émissaire américain Tom Barrack, à en discuter et à exposer les observations libanaises lors de la réunion du Conseil des ministres mardi. Ainsi, le débat serait engagé, et le Liban officiel entrerait dans une dynamique sérieuse vers le monopole des armes par l’État. La décision finale pourrait alors être reportée à une autre séance, jeudi ou la semaine suivante, afin de désamorcer les tensions et de poursuivre les discussions en vue d’une décision claire. Parmi les idées évoquées figure également la possibilité de charger l’armée libanaise ou le Conseil supérieur de défense de faire le point sur les avancées réalisées jusqu’à présent et de proposer un mécanisme pour achever le déploiement de l’armée et la mise en œuvre du monopole des armes, avec un échéancier réaliste. Une solution qui pourrait toutefois ne pas suffire aux Américains et aux Israéliens, qui insistent sur la mise en place d’un calendrier. Quoi qu’il en soit, le Liban fait face à une échéance cruciale. Les responsables savent qu’une décision claire et un programme d’action précis s’imposent. Mais l’expérience montre qu’un tel accord nécessite une entente politique mûrie tant sur le plan interne qu’externe. À défaut, le Liban se dirigerait soit vers une fracture interne profonde, soit vers un accroissement des pressions externes.

Jusqu’à une heure tardive de la soirée, les contacts politiques se sont poursuivis afin de parvenir à une formule que le gouvernement pourrait adopter concernant la question des armes du Hezbollah et leur remise à l’armée libanaise. Ces contacts devraient se poursuivre jusqu’aux derniers instants précédant la tenue de la séance du Conseil des ministres mardi. D’autant que, selon nos informations, le Hezbollah a conditionné sa participation à une connaissance préalable des décisions qui en découleront. Il s’appuie sur le rôle du président du Parlement, Nabih Berry, qui s’efforce de trouver une formule acceptable par l’ensemble des forces politiques mais aussi la communauté internationale. Celle-ci réclame la mise sur pied d’un calendrier pour le monopole des armes. Faute de quoi le Liban risquerait de se...
commentaires (24)

Suite : on commencera à voir les choses plus clairement dans tout le Moyen-Orient, le jour où les israéliens eux-mêmes se débarrasseront des maléfiques Nethaniaou, Ben Gvir, Smostricht et Katz.

Fredo

14 h 15, le 05 août 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (24)

  • Suite : on commencera à voir les choses plus clairement dans tout le Moyen-Orient, le jour où les israéliens eux-mêmes se débarrasseront des maléfiques Nethaniaou, Ben Gvir, Smostricht et Katz.

    Fredo

    14 h 15, le 05 août 2025

  • @Ihab Ammoury, bien d'accord avec vous ! Mais je reste persuadé que le principal danger pour le Liban s'appelle Nethaniaou et sa velléité expansioniste. A voir les pratiques des colons en Cisjordanie, la volonté d'implanter des colonies israélienes à la frontière libanaise est un véritable danger. L'armée libanaise et le HB sont incapables de défendre le Sud. Pour se prémunir contre le danger des expansionnistes, sans l'armée et sans le Hezbollah, il faut que les gens du Sud puissent tirer sur les soldats et colons qui dévastent les champs et kidnappent les pêcheurs.

    Fredo

    14 h 10, le 05 août 2025

  • Le gouvernement et tous ceux qui croient et vouloir protéger le pays, doivent s’adresser directement et par tous les moyens aux responsables iraniens et à leur tête khamenei en leur demandant de laisser nous construire notre pays soyez un pays ami et non ennemi, donnez l’ordre à votre représentant Naiim Kassem de rendre les armes avant que soit trop tard, vous voyez bien que c’est un crime inoubliable de laisser le Hezbollah se suicide en direct.

    Gebran Eid

    14 h 00, le 05 août 2025

  • La rage des non vendus, ecrasante majorite aujourd,hui du peuple libanais. Tranchez le noeud gordien aujourd,hui meme quoi que soient les consequences. Pas des compromis. Pas de mercenaires dans l,armee. Pas de la ghaleb ou la maghloub. Il y a un tandem maghloub qui detruisit le pays. Tranchez aujourd,hui... ou... partez !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 56, le 05 août 2025

  • Rien que le titre nous met en rage. Trouver une formule pour des mercenaires qui détruisent notre pays? Ça s’est vu où? A quoi jouent ces politiciens? Ils ont encore peur d’un parti mort et enterré qui continue de menacer alors qu’il n’a jamais été foutu de gagner un seul round face à ceux qu’ils prétendent combattre pour protéger le pays. Notre président devrait cesser de leur trouver une issue favorable et les laisser aller au casse pipe avec tous les risques que cela comporte, uniquement pour leur montrer qu’ils ne sont pas ce qu’ils veulent faire croire. La boucle sera bouclée sans concess

    Sissi zayyat

    10 h 22, le 05 août 2025

  • f...sh...ch...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 32, le 05 août 2025

  • Conseil des ministres : contacts tous azimuts pour trouver une formule acceptable . la QUESTION : acceptable pour qui ? a l'evidence ce ne sera pas pour le bien des libanais, seulement pour le bien de certains politiques libanais et de leurs mafias.

    L’acidulé

    09 h 25, le 05 août 2025

  • Mais on ne raisonne pas avec des milices théocratiques, qui sont de nature encore pire que les sectes. C est gens là peuvent aller jusqu'au suicide collectifs en entraînant avec eux des centaines de milliers de civils pour la seul raison de ne jamais admettre leur tord. La Hamas, le Hezbollah, c est la même idéologie de la mort, ils laisseront crever leur peuple dont ils ont en rien a faire mais n'accepteront pas de laisser tomber leur armes. Alors libanais, préparez vous car je ne vois malheureusement qu'une seule issue logique: la guerre.

    Aboumatta

    08 h 43, le 05 août 2025

  • Un retard encore dans des decisions cruciales. Ce gouvernement qu'il n'est pas différent des autres avant lui.

    Ma Realite

    08 h 31, le 05 août 2025

  • Il est temps d’agir .

    Farandole

    08 h 14, le 05 août 2025

  • « Une formule acceptable » ?. La seule : le désarmement immédiat, complet et inconditionnel de la milice iranienne. Il est vrai, que, lors d;une prise d’otage, comme c’est le cas ici, on négocie avec les ravisseurs, mais le seul compromis acceptable consiste à permettre aux pirates de s’enfuir librement en échange de la libération des otages. De même ici, le seul compromis acceptable, est de renoncer à poursuivre en justice ceux qui ont, des décennies durant violé toutes les lois, et surtout, comploté pour la destruction du Liban.

    Yves Prevost

    07 h 53, le 05 août 2025

  • Il ne faut plus croire que les laquais de l’Iran ont encore des cartes en mains . Ils ont perdu une grande partie de leur organisation et de leurs infrastructures, ils n’ont plus de projet de société , leurs alliés régionaux sont soit vaincus soit oblitérés, ils n’ont aucun avenir libanais. Il est incroyable que les décideurs politiques ont Liban n’aient pas encore compris ça.

    AFL

    06 h 52, le 05 août 2025

  • Nous sommes dans un scenario qui precede l'oeuf ou la poule: D'un cote, Les Israeliens refusent de s'engager sauf si le Liban officiel commence a desarmer le Hezbollah, d'autre cote, le parti chiite ne voulait pas remettre son arsenal, si Israel existe toujours au Liban-Sud.

    Ihab Ammoury

    06 h 48, le 05 août 2025

  • C est maintenant ou jamais ! Adviendra que pourra ! C est blanc ou noir ! le Liban ne peut plus continuer a tergiverser éternellement . Une grande Partie des Chiites ont en marre aussi . Il faut arrêter les dégâts tant qu iou bien prendre des décisions cruciales , que chaque communauté mène son idéologie dans la partie qu elle gouverne . Assez d avoir le beurre et l’argent et l argent du beurre , cela suffit !

    Michel Cherabieh

    02 h 01, le 05 août 2025

  • Encore du bla-bla civilisé, en pensant pouvoir raisonner avec une milice théocratique qui n’admettra jamais sa défaite, au contraire et qui va s’entêter à vouloir imposer ses conditions et qui s’en fout carrément de la souveraineté nationale et de l’avenir du pays! Et alors, c’est quoi la suite? Encore des compromis bidons sans fin…Malheureusement, il ne reste plus que le langage de la force: ultime sacrifice si on pense sauver et reconstruire le pays sinon, adieu le Liban!

    Saliba Nouhad

    00 h 54, le 05 août 2025

  • Dans tous les cas on est dans de mauvais draps. Et puis on ne fait pas une omelette sans casser des œufs…Mais enfin, de quoi a-t-on peur? Que le HB débute du grabuge interne ou s’en prenne à l’armée? Il serait peut-être suicidaire, mais pas à ce point: il sait qu’alors Israël et les américains pourraient s’en mêler comme ils l’ont fait avec les druzes en Syrie…On ne le souhaiterait pas, mais dans l’absolu ça pourrait résoudre le problème des armes pour de bon et pourrait ramener la communauté chiite dans le giron de l’état. Le Liban n’a plus rien à perdre au stade où on est!

    Saliba Nouhad

    00 h 30, le 05 août 2025

  • Déjà il a fallu que les américains mettent messieurs Aoun et Salam au pied du mur pour avoir une telle séance, qui aurait dû se tenir dans les tous premiers jours du mandat. À mon avis ils vont botter en touche et fixer une date ultérieure, et à la date ultérieure rebouter en touche etc et tout ça finira comme l'intermibable série des séances présidentielles. Si c'est le cas, les ministres FL et Kataëb devraient démissionner DÈS DEMAIN.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    23 h 59, le 04 août 2025

  • Le Liban nouveau ne peut naître qu'en confrontant ceux qui veulent nous ramener à l'ancien. Tout accouchement ne peut naître que dans la douleur. A ce stade le rapport de force interne et externe est tel que l'issue ne faut aucun doute. Toute erreur ou indecision nous coûtera le Sud définitivement et peut etre le reste tant tout les acteurs externes commencent à s'impatienter grave.

    Liban Libre

    23 h 53, le 04 août 2025

  • Messieurs le Président, premier ministre et ministres patriotes prenez une décision courageuse et soyez ferme dans votre demande de désarmement de tous les éléments et partis armées sans hésitation. C’est le bon moment d’imposer l’autorité de l’état.

    PT

    23 h 52, le 04 août 2025

  • Et puis quoi encore?

    Zampano

    23 h 49, le 04 août 2025

  • Donc si je comprends bien, le gouvernement compte se réunir pour débattre d'un sujet qui n'est meme pas sujet á débat : L'application de la loi, et ce pour plaire á une bande de criminels. Exactement comme faisaient les gouvernements colombiens du temps des Narcos. Mêmes causes, mêmes effets.

    Moi

    22 h 31, le 04 août 2025

  • pfff......Raccomoder...C'est tout ce qu'ils savent faire.... ترقيع

    LE FRANCOPHONE

    22 h 16, le 04 août 2025

  • Et si les décisions qui seront prises ne leur plaisent pas?

    kindarji joseph

    21 h 33, le 04 août 2025

  • ils sont jusqu'auboutise...c'est comme bashar....jusqu'a l'amere fin...

    Karim Ghantous

    21 h 33, le 04 août 2025

Retour en haut