Le chef du CPL, Gebran Bassil. Photo d'archives L'Orient-Le Jour
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, a une nouvelle fois défendu dimanche sa position en faveur du vote de la diaspora pour six députés au sein d'une 16è circonscription des Libanais de l’étranger et non pour la totalité des 128 députés au Liban. Dans un discours à l’occasion d’un dîner organisé par la section du CPL chargée de la diaspora, il affirme qu'il y aurait une volonté de « priver les Libanais de l’étranger des six députés représentant la diaspora », alors que de nombreux partis et députés indépendants poussent pour un amendement de la loi électorale permettant à la diaspora de voter pour les 128 députés en fonction de leur circonscription d'origine. « De toute façon les Libanais de la diaspora ont le droit de vote, soit dans la 16è circonscription, soit au Liban dans leur propre circonscription », a-t-il justifié, selon des propos rapportés par des médias locaux.
Gebran Bassil a tenu ces propos à quelques mois de la prochaine échéance législative de 2026, alors que le vote de la diaspora oppose la classe politique en deux clans : d’une part, ceux qui veulent cantonner les électeurs de la diaspora aux six sièges, comme l’indique la loi de 2017 (jamais appliquée), notamment le CPL et le tandem chiite, Hezbollah-Amal. D’autre part, quelque 68 députés issus des Forces libanaises, des Kataëb, du Parti socialiste progressiste (PSP), du bloc du Changement, d’indépendants et d’autres formations politiques, qui tentent d’amender la loi pour pérenniser un amendement exceptionnel qui avait été pris en compte lors des deux derniers scrutins (2018 et 2022), fondé sur les circonscriptions d’origine. Leur proposition, déposée le 9 mai, prévoit de supprimer purement et simplement la clause des six sièges.
Le CPL et le Hezbollah, en perte de vitesse sur le plan populaire, craindraient qu'un vote de la diaspora en faveur de 128 députés ne soient en leur désavantage et verraient dans un vote pour six députés un moyen pour limiter l'impact du vote de la diaspora aux législatives.
Importance d'une « circonscription à l'étranger »
« La loi électorale a accordé le droit de représentation et le droit de vote aux expatriés, mais ils veulent vous priver de ce droit, comme cela s'est produit avec la loi orthodoxe », a encore regretté M. Bassil, estimant que « la participation de la diaspora serait plus importante si ses membres pouvaient se présenter dans leur circonscription sans que ne leur soit retiré le droit de voter pour un député à l'intérieur du pays ».
« Cette loi, telle qu'elle, peut être appliquée de manière à ce que les expatriés aient le droit de voter soit dans leur circonscription d'expatriation, soit dans leur circonscription au Liban (en s'y rendant personnellement et en y étant enregistré, NDLR), ce qui leur donne le droit d'être représentés et de voter », a-t-il insisté. « Il est très important que les expatriés aient un député qui s'occupe de leurs affaires dans leurs circonscriptions à l'étranger et qui ait une influence sur l'augmentation du nombre d'inscriptions des Libanais et les incite à participer aux élections et à d'autres activités », a-t-il ajouté.
Le directeur du Casino, un « prisonnier politique »
Evoquant par ailleurs le dossier du Casino du Liban, le chef du CPL a dénoncé l’arrestation de Roland Khoury, directeur général du casino. « Tu nous manques aujourd'hui, Roland, et tout comme ils le font avec toi et cherchent dans le casino un dossier qui te condamne en ton absence, ils cherchent à l'étranger un dossier qui nous condamne, mais ils ne trouveront rien (...). Roland a combattu le marché noir et lorsqu'il a été arrêté, les ressources du casino ont diminué de moitié et le marché noir en a profité », a affirmé Gebran Bassil. « Roland Khoury est un prisonnier politique tant que vous n'aurez pas trouvé de dossier qui le condamne. (...) Nous ne craignons pas cette autorité qui emprisonne les innocents », a-t-il ajouté.
Depuis que, le 18 juin, la Sécurité de l’État a effectué des descentes dans les locaux du Casino du Liban à Maameltein et de ceux d’OMT, une société de services de transfert d’argent, la justice a procédé progressivement à l'arrestation d'une quinzaine de personnes au moins, dans ce qui semble être une affaire tentaculaire impliquant des personnes affiliées à divers courants politiques, des entreprises privées et des institutions médiatiques. Le dossier comporte des accusations de blanchiment d’argent, détournement et dilapidation de fonds publics à travers des commissions prélevées sur les jeux, ainsi que d’abus de fonction et de prêts à taux usuraires. Parmi les personnes arrêtées, figurent des propriétaires de « maisons » de jeux en ligne, ainsi que Roland Khoury et Jad Gharios, PDG de la société Onlive support system (OSS) avec laquelle le Casino avait conclu un contrat, en 2022, pour gérer les jeux sur la plateforme Betarabia.




Les Emirats démentent jouer un rôle actif dans la guerre, après les accusations de Téhéran
Quand la Diaspora votera pour les 128, le monsieur est foutu.
12 h 01, le 05 août 2025