Gebran Bassil lors d’une allocution à Aïn el-Tiné, le 10 juin 2024. Photo tirée du compte X de Gebran Bassil
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil a exprimé jeudi soir, dans une apparition télévisée sur la chaîne MTV, ses craintes concernant le nouveau régime syrien d'Ahmad el-Chareh, affirmant n'avoir jusque-là « rien entendu de rassurant » de la part de Damas concernant les relations libano-syriennes. Le député de Batroun a en outre évoqué la question du vote de la diaspora, lui qui était ministre des Affaires étrangères et des Émigrés au moment de l'adoption de la loi électorale en 2017, ainsi que le monopole d’État sur les armes, un dossier que le nouveau mandat s'est engagé à clôturer et qui provoque des remous sur la scène politique.
S'exprimant au cours de l'émission « Sar el-Waët » de l'animateur vedette Marcel Ghanem, M. Bassil a affirmé avoir évoqué dans une rencontre avec l'émissaire saoudien Yazid Ben Farhane la « peur » d'une recrudescence des groupes terroristes au Liban. Le régime Assad a été renversé le 8 décembre 2024 par une coalition de groupes rebelles menées par Hay'at Tahrir el-Cham, dirigé alors par Ahmad el-Chareh, qui est depuis devenu président par intérim.
« En 2014, Daech (l'acronyme de l'organisation État islamique) est entré au Liban, a occupé 450 km2, tué des soldats... et aujourd'hui, il y a une peur des groupes terroristes à la frontière avec la Syrie », a dit M. Bassil, alors que des affrontements intercommunautaires ont eu lieu ces dernières semaines à Soueida, dans le Sud syrien, entre des druzes, des tribus bédouines et les forces du régime, et que des massacres de civils ont eu lieu. « Que font les autorités à ce sujet ? Pourquoi ne disent-elles pas au peuple ce qu'elles sont en train de faire ? » s'est-il interrogé. « Nous devons mener une politique étrangère active en direction de la Syrie, et une séance gouvernementale doit être convoquée pour discuter du terrorisme venant des frontières via la Syrie », a-t-il estimé.
Des informations font régulièrement état de tensions ou de tirs aux frontières, sans que ces incidents n'aient dégénéré depuis les affrontements de mars dernier entre des combattants des forces de sécurité syriennes et des membres des clans chiites de la région frontalière du Hermel. L'armée libanaise était alors intervenue.
Monopole des armes : Aoun a une position « équilibrée »
Gebran Bassil a par ailleurs dénoncé les propos de l'émissaire américain en Syrie Tom Barrack, qui avait mis en garde, avant de se rétracter, sur le risque que le Liban ne soit à nouveau rattaché à « Bilad el-Cham », c'est-à-dire la Grande Syrie. « Aujourd'hui, nous avons le Grand Liban, et nous ne sommes pas prêts à renoncer à un seul pouce de terre pour quiconque, que ce soit la Syrie ou Israël ». Il a critiqué le fait que selon lui « aucun responsable libanais n'ait commenté ou condamné » les propos de M. Barrack. Mi-juillet, le diplomate américain avait appelé à « bouger », notamment en ce qui concerne le désarmement du Hezbollah et les réformes sinon « il retournera à Bilad el-Cham ». Il avait ensuite clarifié cette déclaration, assurant qu'il ne s’agissait pas d’une « menace » à l’encontre du Liban.
Pensez-vous que le retour à « Bilad el-Cham » évoqué par l'émissaire américain Tom Barrack, est une hypothèse crédible ?
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Concernant d'ailleurs le sujet des armes, Gebran Bassil a estimé que les propos du président Joseph Aoun sur ce sujet sont « équilibrés », au lendemain d'un discours fort dans lequel il a appelé le Hezbollah et sa base à « faire le pari de l'État ». « Je pense que le président n’a pas vraiment d’options sur ce sujet. La tentative d'essayer de gagner du temps est terminée », a-t-il néanmoins ajouté, appelant le Hezbollah a « dialoguer sérieusement » sur la question de son arsenal. Il a aussi invité le gouvernement, dont le CPL ne fait pas partie, à éviter de « conduire délibérément le pays vers la division », à quelques jours d'un Conseil des ministres sur la question du monopole des armes.
La « 16e » circonscription électorale
S'exprimant sur un autre sujet faisant actuellement polémique au Liban, à savoir le vote des expatriés pour six députés spécifiques appartenant à une « 16e » circonscription venant s'ajouter aux 15 existantes dans le pays et prévu dans la loi électorale, M. Bassil, qui était chef de la diplomatie lors du vote de la nouvelle loi électorale, a estimé que « le souhait des expatriés » à l'époque était de pouvoir voter et « d'avoir des députés qui les représentent à l'étranger ». Si la loi prévoit cette 16e circonscription de six députés venant s'ajouter au 128, des groupes de la diaspora et plusieurs formations politiques militent pour pouvoir continuer de voter pour les 128 députés, en fonction de leur circonscription d'origine. Ce mécanisme avait été observé, en amendant provisoirement la loi électorale pendant les législatives de 2018 et 2022. Formaliser cet amendement de la loi pour les élections à venir est notamment rejeté par le président de la Chambre Nabih Berry.
Pour le chef des aounistes, la loi en l'état « donne le droit de voter à l'intérieur du pays comme à l'étranger, de voter pour un député à l'étranger et de se présenter aux élections, donc en supprimant l'article concerné, nous leur retirons deux de ces droits ». Il a dans ce cadre dénoncé le refus de créer cette « 16e circonscription » des Libanais de l'étranger, comme étant « motivée par des considérations purement électorales ».



LES LECTEURS DE L'OLJ ET AUTRES PAPIERS,ET SPECTATEURS DE CETTE EMISSION CROIENT ILS VRAIMENT QUE M GHANEM ET SES INVITES NE PREPARENT PAS UNE MISE EN SCENE ? QU'ILS NE S'ENTENDENT PAS A PRIORI SUR UN MODUS VIVENDI? QU'UN CERTAIN " DONNANT-DONNANT " ? SCRATCH MY BACK I'LL SCRATCH YOUR BACK ?
08 h 47, le 02 août 2025