Mariam Dawwas, une fillette palestinienne de neuf ans souffrant de malnutrition, est assise par terre avec sa mère dans le quartier de Rimal à Gaza, le 2 août 2025. Photo Omar Al-Qattaa/AFP
Au moins 51 Palestiniens ont été tués depuis l'aube samedi matin par les attaques menées par l'armée israélienne à travers la bande de Gaza, au lendemain de la visite de l'envoyé spécial américain Steve Witkoff vendredi dans l'enclave.
Selon des sources médicales citées par la chaîne qatarie al-Jazeera, plus d'une vingtaine de victimes ont été transportées vers les hôpitaux de l'enclave à la suite d'une série de frappes israéliennes sur plusieurs régions du centre et du sud du réduit palestinien. L’hôpital Nasser de Khan Younès (sud) a ainsi indiqué avoir reçu les corps de cinq victimes, dont une mère et sa fille, après deux frappes distinctes sur des tentes de déplacés à al-Mawassi. Par ailleurs, dans la région située entre Zawaida et Deir al-Balah, une frappe a détruit une maison familiale, tuant les deux parents et leurs trois enfants, selon les services d’urgence du ministère de la Santé à Gaza.
Après une légère accalmie observée durant la visite de Steve Witkoff dans un centre de la GHF, les tueries ont repris dans les centres de distribution d'aide humanitaire tenus par l'organisation soutenue par les États-Unis et Israël. Au moins 27 personnes ont été abattues par des tirs israéliens tout au long de la journée à proximité des corridors de Netzarim et de Morag, dans le sud de l'enclave. Plus d'une centaine de blessés sont également à déplorer, selon les hôpitaux de la région.
Dans un communiqué, le ministère de la Santé de Gaza a annoncé samedi que sept nouveau cas de décès causés par la famine ont été recensés, dont un enfant, au cours des dernières 24 heures. Le blocus imposé par Israël sur l'entrée de l'aide humanitaire dans l'enclave depuis le début de la guerre a entraîné la mort par malnutrition d'au moins 169 Palestiniens, dont 93 enfants.
Ces nouvelles victimes portent à au moins 60 430 morts le nombre de Palestiniens officiellement tués depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza en octobre 2023, auxquels s'ajoutent 148 722 blessés. Parmi eux, 1 422 ont été tués en marge de distributions d'aide de la GHF, toujours selon le ministère.
Le Hamas refuse de remettre ses armes
En réponse aux propos de l’émissaire américain Steve Witkoff, qui a déclaré à l'issue de sa visite de Gaza que le Hamas « serait prêt à désarmer », la branche armée du mouvement palestinien a réaffirmé dans un message sur le réseau Telegram que « la résistance et le port d’armes constituent un droit national et légal tant que l’occupation (israélienne) perdure ». « Ce droit est reconnu par les traités et les normes internationales, et il ne saurait être abandonné qu’une fois l’ensemble de nos droits nationaux réalisés, au premier rang desquels figure l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain, avec Jérusalem pour capitale », poursuit le texte, dénonçant également la « mise en scène préméditée » de la visite de M. Witkoff dans un centre de la GHF destinée à tromper l'opinion publique et à « redorer l'image » de l'armée israélienne.
Le Hamas a par ailleurs publié sur Telegram une nouvelle vidéo montrant un des otages israéliens encore en captivité à Gaza, Evyatar David, faisant partie des 22 détenus encore en vie sur les 49 encore retenus. Plus tôt dans la journée, le chef d’état-major de l’armée israélienne avait affirmé que les combats dans la bande de Gaza se poursuivront si les négociations échouent à obtenir la libération des otages encore détenus dans l’enclave palestinienne. « J’estime que dans les prochains jours, nous saurons si un accord peut être conclu pour la libération de nos otages », a déclaré Eyal Zamir, cité dans un communiqué de l’armée israélienne. « Dans le cas contraire, les combats se poursuivront sans relâche. »
Parallèlement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aurait repoussé une décision concernant les prochaines étapes que pourrait entreprendre l’armée israélienne dans la bande de Gaza en cas d'absence de cessez-le-feu, selon un article de CNN publié vendredi, citant une source proche du dossier. D’après cette source, les options à l’étude incluent notamment l'encerclement de la ville de Gaza et d'autres centres urbains, voire leur « conquête » totale.




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19 h 36, le 03 août 2025