Frappe israélienne sur Mahmoudiyé, dans le caza de Jezzine, le 31 juillet 2025. Photo fournie par notre correspondant Mountasser Abdallah
L'armée israélienne a affirmé jeudi avoir ciblé « des infrastructures de production et de stockage de moyens de combat stratégiques », après une série de raids violents qui ont visé le Liban-Sud et la Békaa.
Selon notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah, les raids israéliens ont visé Mahmoudiyé, près du checkpoint de l’armée libanaise au niveau du pont de Khardali, les abords de Aïchiyé et le village de Jormok, dans le caza de Tyr. Dans la Békaa, notre correspondante Sarah Abdallah affirme que les raids ont touché les hauteurs de Brital (Baalbeck) et les environs de Nabi Sreij.
Dans une publication sur X, le porte-parole arabophone de l'armée Avichay Adraee a affirmé que les forces israéliennes avaient lancé « une série de raids sur des sites militaires du Hezbollah terroriste » et ciblé « des infrastructures de production et de stockage de moyens de combat stratégiques ». « Parmi les infrastructures visées figuraient une structure de production d'explosifs utilisés dans le développement des moyens de combat du Hezbollah et un site souterrain de production de missiles et de stockage de moyens de combat stratégiques », a-t-il ajouté, accusant le parti chiite d'avoir « entrepris la restauration de ces sites ».
« Le plus grand site de production de missiles »
De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé que l’armée israélienne avait attaqué « le plus grand site de production de missiles de précision du Hezbollah au Liban », selon le Haaretz. « Toute tentative de l’organisation de se reconstruire, de se réimplanter ou de menacer sera confrontée à une force implacable », a-t-il écrit. Selon le communiqué, ce site avait déjà été visé par le passé. « Le gouvernement libanais porte la responsabilité d’empêcher toute violation de l’accord de cessez-le-feu. Nous ne permettrons pas au Hezbollah de menacer les habitants du nord d'Israël », a-t-il ajouté.
Ces frappes interviennent alors que la communauté internationale presse pour le désarmement du Hezbollah. Jeudi, le président Joseph Aoun a une nouvelle fois appelé au monopole des armes « dès aujourd'hui » aux mains de l'armée et des forces de sécurité libanaises, tout en appelant les détracteurs du Hezbollah à éviter les « provocations ».
Fortement affaibli militairement par sa guerre de treize mois contre Israël, le parti chiite conditionne toute concession sur ses armes à des garanties claires quant aux intentions de Tel-Aviv et de Washington. L'accord de cessez-le-feu entre la formation pro-iranienne et Israël, entré en vigueur le 27 novembre dernier, prévoit un retrait total des troupes israéliennes du Liban-Sud, où elles occupent toujours cinq positions et mènent des frappes, quasiment chaque jour. Côté libanais, cet accord devait mener au désarmement du Hezbollah, en priorité au sud du Litani, puis dans tout le pays, comme le prévoit la résolution 1701 de l'ONU qui sert de cadre à l'accord de trêve, ce que rejette le parti-milice. Les attaques israéliennes sur le Liban au cours des huit derniers mois au moins 285 morts, selon un décompte de L'Orient-Le Jour et de l'ONU.


