L'envoyé américain pour le Liban et la Syrie To Barrack, lors de sa visite à Beyrouth le 22 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L'émissaire présidentiel américain Tom Barrack, qui était en visite au Liban en début de semaine, a déclaré jeudi soir que la question des armes du Hezbollah « doit être résolue par les Libanais eux-mêmes », réaffirmant ainsi « une position de longue date » de Washington.
Dans une longue publication sur son compte X, l'envoyé américain a estimé que la formation pro-iranienne représente « un défi que seul le gouvernement libanais peut relever ». « Les États-Unis restent prêts à soutenir le Liban, à condition que le gouvernement fasse respecter et applique le monopole de l’État sur toutes les armes, et que seules l'armée libanaise dispose de l’autorité constitutionnelle pour opérer sur le territoire national », a-t-il poursuivi.
Il a en outre réitéré des propos déjà tenus par le secrétaire d'État US Marco Rubio, selon lesquels l'objectif de Washington est d'avoir « un État libanais fort, capable d’affronter et de désarmer le Hezbollah ». M. Rubio avait fait cette même déclaration au cours d'un point presse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 16 février.
La question du désarmement du Hezbollah polarise encore plus qu'auparavant l'ensemble de la scène politique libanaise, alors que les pressions internationales s'accentuent depuis l'entrée en vigueur le 27 novembre 2024 du cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël. Washington exige un calendrier précis et une position claire et publique concernant le retrait des armes et les modalités de sa mise en œuvre. Le parti chiite, qui persiste dans son refus de remettre son arsenal ou de fixer un calendrier à cet effet, est catégorique dans son rejet d’un nouvel accord, insistant sur la nécessité d’obliger l'Etat hébreu à appliquer celui déjà conclu.
Pas de distinction entre branche politique et militaire
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem avait affirmé la semaine dernière que sa formation « ne renoncera pas à sa force » et qu'elle était « prête à affronter » Israël. Le parti continue de conditionner l'ouverture d'un dialogue concernant ses armes à l'arrêt des attaques quotidiennes menées par l'armée israélienne au Liban-Sud et au retrait de ses troupes des cinq positions toujours occupées.
Le diplomate américain a en outre rappelé que son pays ne fait « aucune distinction entre les branches politique et militaire du Hezbollah », considérant ce dernier « dans son ensemble » comme une «organisation terroriste étrangère ». À l’inverse, les États-Unis reconnaissent l'armée libanaise comme « la seule institution militaire nationale légitime », à la fois « pilier de la souveraineté du Liban » et élément-clé pour « assurer un avenir stable et prospère ».
Pour Tom Barrack, il revient désormais aux dirigeants politiques libanais, ainsi qu'à l'armée de faire preuve de « détermination et de volonté politique pour, selon les mots du président Donald Trump, saisir une nouvelle chance pour un avenir libéré de l’emprise des terroristes du Hezbollah ». « Sur cette voie, les États-Unis se tiendront aux côtés du peuple libanais », a-t-il conclu.



Le Hezb est « terroriste » alors que l’armée israélienne est la plus humaine du monde. Les atrocités commises à Gaza en sont la preuve irréfutable.
21 h 36, le 25 juillet 2025