Le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane (g.), et le président Joseph Aoun, à Baabda, le 24 juillet 2025. Photo X / @lbpresidency
Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, s'est rendu jeudi matin à Baabda, où il a affirmé à l'issue de sa réunion avec le président Joseph Aoun qu'aucun « plan pour diviser » les Libanais ne pourra réussir, après que des affrontements entre des combattants druzes et bédouins sunnites dans le sud de la Syrie ces dernières semaines ont craindre des débordements au Liban. De son côté, le chef de l'Etat a assuré qu'il n’y aura « pas de retour au langage de la guerre » dans le pays, alors que la question du désarmement du Hezbollah, sur laquelle s'est engagé le président dans son discours d'investiture, fait également craindre des tensions dans le pays.
Lors de cette réunion, le président a affirmé que le Liban est à un « tournant crucial et décisif », pour lequel l' « unité, la coopération et la solidarité sont essentielles ». « L’erreur fatale commise par les Libanais par le passé a été de s’appuyer sur des parties étrangères pour s'opposer à d'autres à l’intérieur du pays, et nous avons vu les conséquences de cela. Pour ma part, je veux m’appuyer sur mon partenaire et mon frère à l’intérieur contre l’extérieur, quel qu’il soit », a-t-il ajouté. Le Liban a connu 15 ans de guerre civile entre 1975 et 1990 marqués par de nombreuses interventions étrangères.
« Personne ne peut éliminer quiconque au Liban, et personne n’a plus de mérite que l’autre, car c’est ensemble et unis que nous faisons la force du Liban », a-t-il lancé, soulignant que les sunnites au Liban offrent au pays « la modération à l'intérieur, et la garantie de l'appartenance du Liban à son environnement arabe ». « Le Liban va bien et il n’y aura pas de retour au langage de la guerre, notre cadre commun est le Liban », a encore déclaré Joseph Aoun, avant de conclure qu'il « suivra jusqu'au bout le dossier de la lutte contre la corruption ». « Notre principal problème au Liban est la corruption et l’absence de reddition de comptes. La corruption n’a ni couleur, ni religion, ni confession », a-t-il conclu.
Personne ne pourra diviser les Libanais
De Baabda, le cheikh Deriane a affirmé que la « communication est continue » avec le chef de l'Etat et qu'il a profité de cette réunion pour discuter de « ce qui peut être fait pour protéger le Liban », soulignant être en phase avec M. Aoun à ce sujet. Le président « a insisté sur le fait qu'il est engagé à mettre en application son discours d'investiture, ce qui est important pour maintenir la stabilité et la sécurité » du pays, selon le dignitaire sunnite. Dans son discours devant le Parlement, après son élection en janvier 2025, M. Aoun avait notamment promis que l'Etat rétablirait le monopole sur les armes, un engagement qui passe notamment par le désarmement du Hezbollah et des camps de réfugiés palestiniens.
Abdellatif Deriane a en outre déploré que la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en 2006 et qui sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 entre le Liban et Israël, « n'a été appliquée que du côté libanais ». Israël a, lui, « violé à de nombreuses reprises » les modalités de cette résolution et ne respecte toujours pas l'accord de trêve, selon lui. Face aux attaques persistantes de l'armée israélienne, qui ont fait plus de 270 morts depuis le début du cessez-le-feu, le cheikh Deriane a déclaré que « l'arme la plus puissante contre Israël est l'unité du peuple libanais. Personne ne parviendra à faire passer un projet de partition ou de fragmentation qui divise le peuple. » Des informations, qui ont été démenties, ont circulé ces dernières semaines notamment dans les médias israéliens sur une annexion de certaines régions du Liban à la Syrie dans le cadre d'un accord de normalisation entre Damas et Tel-Aviv.
Le représentant spirituel de la communauté sunnite au Liban a encore salué la « présence » renforcée du Liban « sur la scène arabe et internationale », grâce aux réunions tenues par le chef de l'Etat dans les pays du Golfe et en Europe ces derniers mois.
Mercredi, Joseph Aoun se trouvait au Bahreïn, où le roi Hamad ben Issa Al Khalifa a annoncé l'établissement d'une mission diplomatique bahreïnie permanente à Beyrouth. Plusieurs pays du Golfe, dont Bahreïn, avaient rappelé leurs diplomates de Beyrouth en octobre 2021, en réaction à des propos de l'ancien ministre de l’Information de l'époque, Georges Cordahi, critiquant l’intervention militaire saoudienne au Yémen. Depuis, les monarchies du Golfe avaient quasiment rompu leurs liens avec le Liban, suspendant leurs importations en provenance de ce pays, sur fond de saisies multiples de drogues en provenance du pays du Cèdre, et interdisant à leurs ressortissants de s'y rendre. Seuls les Émirats arabes unis ont à nouveau autorisé en mai 2025 leurs ressortissants à voyager à nouveau au Liban. L’élection du président Joseph Aoun et la nomination de Nawaf Salam à la tête du gouvernement ont marqué une volonté affirmée de Beyrouth de renouer avec les pays arabes de la région.
Abdellatif Deriane s'est en outre rendu, avec une délégation de muftis des différentes régions libanaises, à Aïn el-Tiné, pour y rencontrer le président du Parlement, Nabih Berry.



Mais alors de quoi avez-vous peur, cher président? Tous les libanais sont convaincus que ce parti vendu menace notre pays alors qu’il n’a ni le courage ni les moyens de ses ambitions meurtrières. Alors qu’est ce qui vous empêche de le mettre au défi de se lancer dans un affrontement qu’il ne ne peut assumer et encore moins gagner? Les libanais et les pays amis sont derrière vous alors pourquoi ne pas profiter de cette occasion rarissime pour en découdre avec ses vendus qui aboient mais n’ont jamais pu mordre. La preuve ils ont changé de discours et d’ennemis. Nous sommes leurs ennemis de toujo
11 h 26, le 25 juillet 2025