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Jeux d’impatience


Et si l’Oncle Sam en avait franchement assez des agissements de Netanyahu ?

D’une rudesse absolument sans précédent sont les propos d’anonymes hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche que vient de rapporter le très sérieux site américain Axios. L’un de ces anonymes personnages accuse ainsi le Premier ministre israélien d’agir comme un fou qui bombarde tout, tout le temps, ce qui sape tout ce que Trump essaie de faire. Un autre souligne que le président n’aime pas regarder la télévision et voir des bombes tomber sur un pays où il cherche à instaurer la paix et dont il veut aider à la reconstruction. De fait, la Maison-Blanche a tenu à souligner que Donald Trump a été pris au dépourvu par les bombardements israéliens en Syrie, et aussi par la frappe qui a visé l’unique église catholique de Gaza ; dans les deux cas, il a téléphoné à Netanyahu pour rectifier ces situations, a précisé la porte-parole.

Il est évidemment malheureux qu’au nombre des meurtriers excès d’Israël, tous ces proches du président aient omis d’évoquer les dizaines de civils affamés quotidiennement canardés sur les lieux de distribution de vivres à Gaza. De tout ce qui précède ressortent tout de même ces deux évidences : Donald Trump se pose en seule personne au monde en mesure de faire fléchir éventuellement ce forcené de Bibi, à tout le moins de le rabrouer, de lui signifier que sa patience est à bout. Il ne s’y décide toutefois que quand l’Israélien a poussé le bouchon trop loin, quand il en vient à compliquer ou même mettre en péril les desseins de l’administration US : en l’occurrence, son enthousiaste soutien au régime révolutionnaire de Syrie.

Alors, convaincante ou pas, cette scène de ménage filmée en clair-obscur ? Au spectacle de ces petites guerres des nerfs pouvant opposer jusqu’à des amis aussi intimement liés que l’Amérique et Israël, on se prend à se demander ce qu’il en serait si Washington en avait ras le bol, cette fois, de ces discussions qui traînent en longueur avec le Liban. À cette interrogation, Tom Barrack a répondu à bon entendeur, et même deux fois plutôt qu’une : ce serait décevant, et puis l’Amérique n’est pas là pour exercer des pressions sur Israël. En tout état de cause, et comme il l’avait déjà affirmé lors de son précédent séjour, le désarmement du Hezbollah demeure aux yeux des États-Unis une affaire interne ; Beyrouth doit donc s’y résoudre…

Si cette troisième mission de Barrack promettait néanmoins de trancher sur le morne ordinaire, c’est en raison du rôle singulier que se proposait de jouer le président de l’Assemblée. Ce n’est certes pas la première fois que le très talentueux Nabih Berry se charge de communiquer aux Américains les vues de son allié, ce Hezbollah classé terroriste et avec lequel ils se refusent à négocier. Il est de même acquis que le chef du législatif souscrit entièrement à la position officielle libanaise arrêtée de concert avec le président de la République et le Premier ministre : à savoir la nécessité d’une simultanéité entre les étapes du retrait israélien et du désarmement de la milice. Il semblerait toutefois que Berry, lui-même menacé de sanctions US, aurait tenté de gagner l’envoyé US à l’idée d’un arrêt des frappes israéliennes pour une durée de quinze jours : période durant laquelle le Hezbollah procéderait à une première cession de son arsenal. Il n’en reste pas moins que le médiateur américain n’a pas fini de réclamer en priorité un calendrier-programme en bonne et due forme.

Il faut enfin relever que tous ces accès d’impatience, d’agacement et de nervosité ne sont pas le lot des seules puissances, qu’elles soient mondiales ou régionales. L’exigence d’un engagement net et précis du Conseil des ministres est montée de plusieurs crans au sein de l’establishment politique libanais. On peut s’en désoler, s’en effarer ou non, mais les interminables marchandages de bazar ont apparemment fait leur temps.

Issa GORAIEB

igor@lorientlejour.com

Et si l’Oncle Sam en avait franchement assez des agissements de Netanyahu ?D’une rudesse absolument sans précédent sont les propos d’anonymes hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche que vient de rapporter le très sérieux site américain Axios. L’un de ces anonymes personnages accuse ainsi le Premier ministre israélien d’agir comme un fou qui bombarde tout, tout le temps, ce qui sape tout ce que Trump essaie de faire. Un autre souligne que le président n’aime pas regarder la télévision et voir des bombes tomber sur un pays où il cherche à instaurer la paix et dont il veut aider à la reconstruction. De fait, la Maison-Blanche a tenu à souligner que Donald Trump a été pris au dépourvu par les bombardements israéliens en Syrie, et aussi par la frappe qui a visé l’unique église catholique de Gaza ; dans les...