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Politique - Monopole Des Armes

Les négociations actuelles sont « pour le compte du Liban », pas du Hezbollah, assure Barrack

« Depuis cinquante ans, le Liban n’a reçu que cinq cents pour chaque dollar généré dans la région (...) parce qu’il n’y a pas de sécurité », a déclaré l'émissaire américain à Télé Liban lundi.

Les négociations actuelles sont « pour le compte du Liban », pas du Hezbollah, assure Barrack

L’émissaire américain Tom Barrack s’est rendu mardi à Aïn el-Tiné, le 22 juillet 2025, dans le cadre de sa troisième visite au Liban en quelques semaines. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Au troisième jour de sa troisième visite au Liban en l'espace de quelques semaines, l’émissaire américain Tom Barrack s’est rendu chez le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, pour une réunion concentrée sur le monopole de l’État libanais sur les armes et le désarmement du Hezbollah. Lundi soir, il a également accordé une interview à la chaîne publique Télé Liban, dans laquelle il a rappelé les principales positions américaines sur ce dossier.

Selon des informations de presse, M. Berry devait soumettre une proposition reposant sur l’idée qu’Israël fasse un premier geste envers le Liban en suspendant ses attaques pendant quinze jours, à l’issue desquels le Liban entamerait un processus de désarmement.

Selon la chaîne MTV, l’émissaire américain a rencontré ce matin le ministre des Finances, Yassine Jaber, ainsi que le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid.

Lundi soir, l’émissaire a accordé une interview à Télé Liban, dans laquelle il a insisté sur le fait que les négociations actuelles étaient lancées « pour le compte du Liban » et non pour celui du parti chiite, ajoutant que « les déclarations du Hezbollah n’engagent que ce dernier ».

Une référence aux propos tenus durant le week-end par le secrétaire général du mouvement chiite, Naïm Kassem, qui a affirmé que le Hezbollah ne renoncerait pas à « sa force » et demeurait prêt à affronter Israël. « Notre influence de l’extérieur pourrait permettre, à un moment, de convaincre Israël que nous avons une feuille de route crédible vers la paix – et, à terme, vers la prospérité », a également déclaré Tom Barrack à Télé Liban.

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En marge de la réunion entre MM. Barrack et Berry à Aïn el-Tiné, le président Joseph Aoun a estimé que « la phase actuelle est délicate et sensible et nécessite des positions unifiées qui préservent l’unité du Liban, de son territoire et de son peuple, et protègent sa souveraineté et son indépendance ». Des propos tenus lors d’une rencontre à Baabda avec le chef spirituel de la communauté évangélique au Liban et en Syrie, le pasteur Joseph Kassab, selon le compte X de la présidence. Le chef de l’État a également affirmé que le Liban poursuivait ses contacts pour éviter au pays les répercussions des événements qui secouent la région.

Dans un entretien à la radio Sawt Kel Lebnan (La voix de tout le Liban), le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, a indiqué que la réponse finale du Liban à la proposition américaine visant un cessez-le-feu durable sera présentée au Conseil des ministres lors d’une prochaine réunion. Il a précisé qu’aucun calendrier précis n’était encore fixé pour le rétablissement du monopole de l’État sur les armes et affirmé que la coopération avec l’émissaire américain est positive, avec un plan clair pour la prochaine étape, ainsi qu’un soutien de la part des États-Unis et des pays amis du Liban.

Optimisme affiché

Lors de son entretien à Télé-Liban, l'émissaire américain a peu ou prou répété les mêmes messages que lors de ses précédents passages.

« Les discussions que je mène avec toutes les parties s’inscrivent dans la continuité de ce que nous avons abordé auparavant. Elles portent sur la capacité des États-Unis, en des moments critiques dans la région – et encore plus critiques au Liban – à faciliter un accord de cessation des hostilités. Mes rencontres avec le président de la République et le Premier ministre ont été constructives, réfléchies et pleines d’espoir : nous avançons et progressons », a exposé Tom Barrack. Avant sa réunion avec Nabih Berry, il a répondu par l’affirmative à une journaliste qui lui demandait, à son entrée à Aïn el-Tiné, s’il était optimiste. L'émissaire a affiché la même attitude à sa sortie de la réunion, une heure et quart plus tard, assurant que « la rencontre avec le président du Parlement (avait) été excellente » et que les parties prenantes « avancent pour parvenir à la stabilité ».

Le fond des discussions serait cepenant moins encourageant. Selon la MTV, l'émissaire américain Tom Barrack a constaté que la position officielle libanaise était unifiée, mais a qualifié la réponse du pays à la proposition amérciaine d' « incomplète », soulignant notamment que le Hezbollah refuse toujours de déposer les armes ou d’établir un calendrier.

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Interrogé par Télé Liban au sujet des attentes américaines, il a assuré que « les États-Unis n’ont aucune exigence ». « On nous a demandé notre aide et ce sont des propositions (...) destinées à trouver une entente entre toutes les composantes qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à en conclure une », a-t-il précisé. L’émissaire avait estimé début juillet, dans un entretien au New York Times, que le cessez-le-feu conclu fin novembre entre Israël et le Hezbollah avait été un « véritable échec ».

Tom Barrack a également affirmé ne pas avoir de contacts directs avec le parti chiite dans le cadre de ses démarches. « Évidemment, je n’ai aucun échange direct avec le Hezbollah. (...) Qu’ils poursuivent leurs discussions avec leurs homologues au sein du gouvernement libanais », a-t-il insisté. Il a aussi rappelé que le Hezbollah constituait un « problème » pour Israël et qu’il était nécessaire « qu’il adhère de son plein gré » à une solution qui permette de « rétablir la confiance » entre les différents belligérants. « Nous sommes disposés à négocier au nom du Liban, pas du Hezbollah. Et c’est au Hezbollah, en tant que partie du Liban, de parvenir à une conclusion. Si cela se produit, vous pouvez compter sur nous pour vous soutenir », a déclaré l’émissaire américain.

« Ce qu’ils essaient d’accomplir est énorme »

Interrogé sur l’approche dite de la « carotte et du bâton » privilégiée par Washington vis-à-vis du Hezbollah, Tom Barrack a estimé qu’elle s’appliquait « dans toute négociation » et que l’un des principaux obstacles à un accord était « l’absence de confiance du côté du gouvernement libanais, du Hezbollah et d’Israël ».

S'il a souligné que l'absence d'accord garantissant la sécurité dans la région entravait les efforts de réformes du LIban, Tom Barrack a néanmoins salué les avancées enregistrées dans le domaine des réformes depuis l’arrivée du gouvernement de Nawaf Salam. « Ce qu’ils essaient d’accomplir est énorme, qu’il s’agisse des questions bancaires ou du déficit, tout avance. Le gouverneur de la Banque du Liban est respecté. Le projet Starlink est prometteur », a soutenu Tom Barrack, en répétant que le rétablissement de la sécurité était nécessaire pour concrétiser ces progrès.

Le Liban a voté en avril une loi aménageant le secret bancaire, qui correspond dans ses grandes lignes aux standards internationaux. Un projet de loi fixant le cadre de la résolution bancaire pourrait être bientôt approuvé par le Parlement, de même que le processus de nomination de plusieurs autorités de régulation prévu par la législation libanaise. « Depuis cinquante ans, le Liban n’a reçu que cinq cents pour chaque dollar généré dans la région (...) parce qu’il n’y a pas de sécurité », a constaté l’émissaire. « Le Liban doit être le cœur économique et touristique de la région », a-t-il ajouté.

Armée, Finul et Syrie

Tom Barrack a également assuré que les États-Unis n’avaient fixé aucune condition à la poursuite de leur soutien à l’armée libanaise. « J’ai dit que nous devons structurer notre aide pour que l’armée ait les ressources nécessaires : salaires, personnel, hommes et femmes formés comme forces de maintien de la paix, pas comme force offensive. Dans ce cadre, tout le monde pourra se sentir plus serein – y compris les chiites, y compris le Hezbollah, qui pourra dire : 'Nous n’avons plus besoin d’une force militaire parallèle' ».

S’agissant du renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), sur lequel le Conseil de sécurité doit se pencher en août, l’émissaire a indiqué que la question était « encore en discussion » et que l’enjeu était de trouver une « bonne recommandation ». 

Tom Barrack a enfin confirmé que la question de la délimitation des frontières entre le Liban et la Syrie avait également été abordée lors de ses discussions avec les responsables libanais. « C’est un sujet de discussion depuis quarante ans. Il ne sera pas résolu en une semaine. »

« Le Liban mérite de retrouver son héritage : la perle au sommet de ce collier régional. Une terre qui a toujours accueilli chrétiens, sunnites, chiites, druzes et juifs. Dans les années à venir – avec un peu de chance – nous verrons un nouvel équilibre régional, avec le Liban en son cœur », a conclu l’émissaire.

Au troisième jour de sa troisième visite au Liban en l'espace de quelques semaines, l’émissaire américain Tom Barrack s’est rendu chez le président du Parlement, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, pour une réunion concentrée sur le monopole de l’État libanais sur les armes et le désarmement du Hezbollah. Lundi soir, il a également accordé une interview à la chaîne publique Télé Liban, dans laquelle il a rappelé les principales positions américaines sur ce dossier.Selon des informations de presse, M. Berry devait soumettre une proposition reposant sur l’idée qu’Israël fasse un premier geste envers le Liban en suspendant ses attaques pendant quinze jours, à l’issue desquels le Liban entamerait un processus de désarmement.Selon la chaîne MTV, l’émissaire américain a rencontré ce matin le ministre des...
commentaires (4)

Full of good sense,,

Wow

15 h 09, le 22 juillet 2025

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Commentaires (4)

  • Full of good sense,,

    Wow

    15 h 09, le 22 juillet 2025

  • Il serait temps que le peuple se manifeste pour montrer son mécontentement. Ce peuple qui n’est jamais informé ni consulté alors qu’il s’agit bien de son devenir. On préfère donner la parole aux vendus qui profitent pour enfoncer le clou en le menaçant directement et publiquement sans que personne ne trouve à redire. Le peuple libanais doit prendre la parole, et ce qu’il veut, doit être respecté sans passer par par ceux qui l’ont ruiné et maintenant menacent son existence à cause d’un pouvoir impuissant et mou.

    Sissi zayyat

    15 h 06, le 22 juillet 2025

  • Les négociations actuelles sont « pour le compte du Liban », pas du Hezbollah, assure Barrack. Et pourtant tout ce qui entrepris nous prouve le contraire. Pourquoi toutes ces négociations alors que les américains ont montré leur force de persuasion avec les maîtres des fossoyeurs de notre pays? Il suffit de donner l’ordre au HB de déposer ses armes pour que ce dernier s’exécute sans la ramener. Le foutage de gueule continue et on se demande à quelle sauce nous allons être manger. Ni notre pouvoir ni les autres n’ont l’intention ni la volonté de nous sauver. Ça se voit à des km.

    Sissi zayyat

    15 h 00, le 22 juillet 2025

  • Nous ne voulons pas de cessez-le-feu ni de trêve. Nous les avons déjà subit et on connaît le résultat. Ils supplient pour qu’on cesse les frappes et les attentats sur eux puis aussitôt les canons et les bombes tus , ils viennent lever l’index pour nous menacer et menacer la sécurité de nos voisins. Il nous faut une solution drastique sans négociations ni tergiversations. La coupe est plaine et notre patience a des limites.

    Sissi zayyat

    14 h 42, le 22 juillet 2025

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