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Nos lecteurs ont la parole

Le pays qui tremble en silence

Chaque soir, le Liban s’endort sans savoir s’il se réveillera en paix. La menace d’une guerre imminente plane dans l’air comme une ombre étouffante. Les rues semblent calmes, mais les esprits sont en alerte. Le silence est lourd, plus assourdissant que le bruit de la guerre elle-même. Mais, ce n’est pas le bruit des armes qui effraie, mais l’attente, l’incertitude, l’ombre d’un demain brisé… Et dans chaque maison, un cœur prie en silence, sans savoir s’il battra encore pour un pays debout.

Depuis des années, le Liban vit au rythme de crises successives. Économique d’abord, puis sociale, politique et désormais existentielle. Le moindre incident militaire à la frontière, la plus petite tension régionale ou une déclaration mal calculée suffisent à faire ressurgir le spectre de la guerre. Cette incertitude constante détruit peu à peu ce qui restait de stabilité dans la vie des Libanais. Les habitants ne vivent plus : ils survivent. Ils apprennent à sourire avec des lèvres tremblantes, à rêver sans croire et à aimer un pays qui parfois les rejette.

Face à ce climat instable, beaucoup font le choix de partir. Ce ne sont pas seulement les adultes à la recherche d’un emploi ou d’un avenir meilleur. Ce sont aussi les enfants, les étudiants, ceux qui portaient encore l’espoir du renouveau. Les familles, souvent à bout, sacrifient tout pour envoyer leurs enfants étudier à l’étranger, convaincues qu’ils n’ont plus d’avenir ici.

Ce phénomène d’exil massif n’est pas sans conséquences. Il vide le pays de sa jeunesse, de ses compétences, de son énergie. Comment construire un futur quand les bâtisseurs sont partis ? Comment rêver d’un pays nouveau si ses enfants sont contraints de s’en éloigner pour survivre ? Les jeunes partent. Non par choix, mais par instinct de survie. Étudier à l’étranger devient une échappatoire, un espoir, une promesse de futur loin des cendres. Le Liban ne meurt pas d’un conflit armé : il s’effondre lentement, rongé par la peur, l’attente et le départ silencieux de sa génération montante. Que restera-t-il demain, quand la jeunesse aura pris l’exil comme patrie ?

Les Libanais n’ont plus la force de lutter contre l’invisible. Ils vivent avec une valise prête, un plan B, un passeport dans la poche. Cette insécurité permanente transforme la vie quotidienne du peuple libanais en épreuve. On ne construit pas, on évite. On ne rêve pas, on anticipe le pire. Et pendant ce temps, les dirigeants gardent le silence ou se renvoient la faute, incapables d’apporter aux citoyens la seule chose qu’ils demandent : un peu de paix. Pourtant, la véritable interrogation demeure : « La vie sous le drapeau libanais mérite-t-elle de se perdre pour une balle ? » Et pendant ce temps, le Liban regarde ses enfants partir… un à un, sans retour promis.

Marilyne BONARD

Élève de seconde à la Sainte Famille française, Fanar

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Chaque soir, le Liban s’endort sans savoir s’il se réveillera en paix. La menace d’une guerre imminente plane dans l’air comme une ombre étouffante. Les rues semblent calmes, mais les esprits sont en alerte. Le silence est lourd, plus assourdissant que le bruit de la guerre elle-même. Mais, ce n’est pas le bruit des armes qui effraie, mais l’attente, l’incertitude, l’ombre d’un demain brisé… Et dans chaque maison, un cœur prie en silence, sans savoir s’il battra encore pour un pays debout.Depuis des années, le Liban vit au rythme de crises successives. Économique d’abord, puis sociale, politique et désormais existentielle. Le moindre incident militaire à la frontière, la plus petite tension régionale ou une déclaration mal calculée suffisent à faire ressurgir le spectre de la guerre. Cette...
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