Vue sur les silos détruits du port de Beyrouth et la skyline de la capitale libanaise, le 25 juin 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour.
L’ancien procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, ne s’est pas présenté à la séance d’interrogatoire prévue lundi devant le juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, qui l’avait convoqué dans le cadre de son enquête sur la double explosion survenue au port de Beyrouth le 4 août 2020.
Le juge Bitar a décidé de « ne pas reconvoquer le juge Oueidate et de reporter toute décision à son encontre jusqu’à la publication de l’acte d’accusation », conformément à la démarche adoptée pour « les autres personnes récemment interrogées », rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Le 11 juillet dernier déjà, le juge Oueidate s’était abstenu de comparaître. Il n’avait pas été notifié de l’audience par la police judiciaire, et avait été convoqué par l’intermédiaire du Parquet, selon une haute source judiciaire citée par L’Orient-Le Jour. Le juge Bitar avait alors fixé une nouvelle audience au 21 juillet, soit dix jours plus tard.
Quelques convocations à mener seulement
Une source judiciaire a confirmé à L'Orient-Le Jour que la période prévue par le juge Bitar pour entendre les responsables, qu'ils soient sécuritaires, judiciaires ou politiques, est maintenant terminée. Il ne lui reste que quelques convocations à mener pendant les vacances judiciaires, de témoins et autres. Le magistrat attend également encore des réponses aux commissions rogatoires qu'il avait envoyées à l'étranger. Lorsque le juge Bitar aura clôturé son dossier d'enquête, il devra le transmettre au Parquet de cassation pour avis (non contraignant) avant de publier son acte d'accusation. Cette source estime enfin que toute entrave au dossier est désormais terminée, et que tout a été fait « selon la loi ». « La jurisprudence dit que quand un crime est déféré à la Cour de justice, tout conflit de compétence ne peut être tranché qu'en faveur de cette instance », a-t-elle ajouté.
En janvier 2023, Ghassan Oueidate avait interdit au Parquet et à la police judiciaire de coopérer avec Tarek Bitar dans le cadre de l’enquête sur le port. Cette interdiction a été levée le 10 mars 2025 par le nouveau procureur général, Jamal Hajjar, après 26 mois de blocage.
Le 4 juillet, c’était le député chiite du mouvement Amal et ancien ministre Ghazi Zeaïter qui ne s’était pas présenté à son audience, se faisant représenter par son avocat, Me Samer el-Hajj. Une nouvelle convocation avait été fixée au 18 juillet, à laquelle M. Zeaïter n'a pas comparu non plus.
Le 4 août 2020, l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire a dévasté une grande partie de la capitale libanaise, faisant plus de 220 morts et 6 500 blessés. Cette déflagration a été causée par un incendie dans un entrepôt du port où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hautes autorités, accusées de négligence.
Le juge Bitar avait dû suspendre ses investigations en janvier 2023, face à l’hostilité d’une grande partie de la classe politique, notamment du Hezbollah, ainsi qu’à une série de poursuites judiciaires dirigées contre lui. Il a repris son enquête début 2025 et a déjà interrogé plusieurs anciens responsables, dont l’ancien Premier ministre Hassane Diab et l’ancien ministre de l’Intérieur Nohad Machnouk.



Libérer tous les détenus, c’est cet acte odieux et honteux que l’histoire retiendra de ce « juge ». Il refuse de comparaître, mais la gifle, bien méritée, il l’a reçue de ce même Tarek Bitar, qu’il voulait déboulonner. Ce juge est devenu un misérable fuyard qui a peur de la justice. Voilà le résultat lorsqu’on vend sa dignité.
09 h 09, le 22 juillet 2025