L’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, Tom Barrack, arrive au Grand Sérail à Beyrouth, le 21 juillet 2025. Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L’émissaire américain Tom Barrack est arrivé dimanche au Liban pour le suivi de la mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, alors que son déplacement était attendu en début de semaine. Son arrivée a été annoncée en début d’après-midi par l’Agence nationale d’Information (ANI, officielle). Lundi dans la matinée, l'envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie s'est entretenu avec le président de la République, Joseph Aoun, puis avec le Premier ministre, Nawaf Salam. Selon une source gouvernementale, la raison pour laquelle M. Barrack a avancé sa venue n’est pas claire. Il s’agit de la deuxième visite du diplomate en deux semaines.
Lors de son précédent séjour, il avait reçu la réponse libanaise à une proposition américaine visant un retour à la stabilité au Liban-Sud et dans la région, prévoyant notamment le désarmement du Hezbollah. Le 14 juillet, Beyrouth a reçu de l’ambassade américaine des remarques sur cette réponse, appelant notamment à la conclusion du chantier du désarmement du Hezbollah d’ici à la fin de l’année, surtout en ce qui concerne les armes lourdes et moyennes. La visite de M. Barrack sera l’occasion de poursuivre le dialogue et de rapprocher les points de vue.
Selon nos informations, Beyrouth va s’engager clairement en faveur du monopole des armes aux mains de l’État et va proposer de mener ce chantier « en étapes », qui avanceraient au fur et à mesure qu’Israël complétera sa part du marché en se retirant du Liban-Sud. Une position qui tranche ouvertement avec celle du Hezbollah, dont le secrétaire général Naïm Kassem avait appelé vendredi les responsables à « ajourner la question du monopole des armes ».
Pas de nouvel accord pour Naïm Kassem
Nous ne renoncerons ni à notre foi ni à notre force. Nous sommes prêts à affronter l’ennemi. Il n’y aura ni reddition ni capitulation face à Israël, et Israël ne recevra pas nos armes », a déclaré Naïm Kassem au cours d’une cérémonie d’hommage à un cadre militaire du parti. « Nous savons que la confrontation sera très coûteuse, mais la soumission ne nous laisserait rien, a-t-il ajouté. Nous sommes prêts à nous défendre en cas d’agression israélienne. » Et de poursuivre : « Barrack incite l’armée libanaise à désarmer la résistance par la force et à provoquer une guerre civile. »
Le cheikh Kassem a estimé que le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président de la Chambre et chef du mouvement Amal Nabih Berry « font preuve de sagesse et de coopération pour sortir le pays de la crise ». Il a par ailleurs affirmé que « toutes les confessions au Liban sont menacées ». « Le Liban fait face à trois menaces réelles : Israël au Sud, les groupes affiliés à Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) à l’Est et l’hégémonie américaine qui cherche à contrôler le pays, à le placer sous tutelle et à l’empêcher de vivre librement », a-t-il poursuivi. Il a aussi assuré que le Hezbollah avait « respecté intégralement l’accord de cessez-le-feu au sud du Litani », soulignant que « l’armée libanaise a été déployée là où elle le pouvait ». « Aujourd’hui, les États-Unis proposent un nouvel accord, comme si les huit derniers mois de violations n’avaient jamais eu lieu, a estimé Naïm Kassem.
Le nouvel accord proposé blanchit Israël de toute la période d’agression précédente. » De son côté, le Premier ministre Nawaf Salam a assuré dans un entretien vendredi soir à la chaîne al-Jadeed qu’il « compte sur l’armée, la sagesse des leaders politiques libanais et la conscience de la population libanaise » pour éviter que le Liban ne soit entraîné dans une nouvelle spirale de violence. « Nous sommes encerclés par les flammes et ce qui nous importe c’est de savoir comment préserver le Liban de ces flammes. Nous ne pourrons y parvenir qu’en préservant notre unité nationale et en évitant de nous laisser entraîner dans n’importe quelle aventure ou conflit intérieur », a déclaré le chef du gouvernement, en référence à la situation en Syrie.
Salam : Le retrait israélien « complémentaire » au désarmement du Hezbollah
Concernant la visite de Tom Barrack, le Premier ministre a indiqué que la proposition américaine contient « un ensemble d’idées relatives à la mise en œuvre de la déclaration sur les arrangements de cessation des hostilités, adoptée par le précédent gouvernement, et à laquelle notre gouvernement a confirmé l’engagement du Liban ».
Toujours selon le chef du gouvernement, l’idée principale de cette feuille de route est la « complémentarité » entre le retrait israélien du Liban-Sud et le rétablissement du monopole de l’État sur les armes, qui ne pourraient être détenues que par un nombre limité de forces ou d’organismes – l’armée libanaise, les Forces de sécurité intérieure, la Sûreté générale, la Sécurité de l’État, les douanes et la police municipale – comme cela figure dans le texte de l’accord de cessez-le-feu.« La feuille de route de l’émissaire américain propose des idées pour mettre en œuvre ces deux objectifs complémentaires en pratique. Il y a l’idée de complémentarité et de mise en œuvre par étapes. Ça ne se fait pas du jour au lendemain. Nous avons discuté et avons présenté des remarques sur cette feuille de route. »
Le Premier ministre a également abordé la question des violences intercommunautaires en Syrie. « Dès le premier jour, j’ai été en contact avec tous les ministres et tous les chefs des forces de sécurité dans le pays », a assuré Nawaf Salam. « La stabilité de la Syrie nous importe beaucoup, tout autant qu’au peuple syrien, au regard des répercussions qu’une déstabilisation du pays pourrait entraîner, Dieu nous en préserve. Nous savons ce que signifie s’entretuer. Nous l’avons vécu pendant de nombreuses années et nous en avons payé le prix. J’espère que nous avons tous tiré les leçons de cette période et que nous ne la répéterons pas », a-t-il encore lancé.Dans ce cadre, M. Salam s’est entretenu samedi soir à Dimane, au Liban-Nord, avec le patriarche maronite Béchara Raï. M. Salam a insisté à cette occasion sur l’importance du rôle joué par le chef de l’Église maronite pour « consolider les constantes nationales et renforcer le partenariat entre les Libanais ». Vendredi, le président Joseph Aoun a également reçu le président du Parlement, Nabih Berry, pour des concertations en amont de la visite de Tom Barrack.




Le Hezbollah est clairement en train d’envoyer des messages suicidaires afin qu’Israel vienne achever son travail. Qu’à cela ne tienne,,,,yalla et qu’on en finisse une fois pour toute de ces voyous iraniens qui nous empêchent de vivre sereinement et en paix.
14 h 48, le 21 juillet 2025