Le député Achraf Rifi recevant Ali Tleiss, ancien membre du Haut conseil sunnite chérié. Photo ANI
Alors que la situation sécuritaire se dégradait gravement cette semaine à Soueida, dans le sud de la Syrie, où s'affrontent la population druze d’une part et les tribus sunnites et forces gouvernementales d’autre part, faisant plus de 700 morts, des clashs sporadiques au Liban ont fait craindre une propagation du feu au-delà des frontières. Les réactions se sont enchaînées au cours des derniers jours pour éviter des affrontements confessionnels entre druzes et sunnites, et lancer des appels au calme initiés notamment par les plus hautes instances religieuses des deux communautés, le mufti de la République Abdellatif Deriane, et le cheikh Akl druze, Sami Abi el-Mona, qui se sont entretenus vendredi au téléphone.
Les appels au calme se sont poursuivis samedi, à l'heure où un cessez-le-feu entrait effectivement en vigueur en matinée. Le député de Tripoli Achraf Rifi, l’une des personnalités sunnites les plus en vue du Liban, a assuré dans un entretien de presse que « la relation avec les druzes est bonne », estimant qu’il « n’y a pas de danger de voir l’instabilité gagner le Liban du fait de la sagesse dont font preuve les leaders des deux communautés ».
« Les sunnites ressentent de la fierté suite à la victoire de la révolution syrienne, mais ne tirent aucune fierté d’un conflit avec la composante druze du pays », a assuré M. Rifi. Interrogé sur sa ville, Tripoli, où certains ont tenu un discours assez radical sur les événements en Syrie, le parlementaire a souligné que « la voix dominante dans la ville est celle de la modération et de la sagesse, sachant que les relations historiques avec les druzes est positive, même si nous sommes passés par un mauvais moment ».
Contrairement à M. Rifi, le député Wael Abou Faour s’est dit « inquiet que les événements de Soueida impactent négativement le Liban ». Le leader druze Walid Joumblatt, duquel se réclame M. Abou Faour, « effectue des contacts à l’intérieur et à l’étranger pour empêcher les dérapages et les tensions internes, comme certains incidents de ces derniers jours lors de fermetures de routes et de tensions sectaires », a-t-il ajouté.
Cette semaine, des rassemblements de solidarité avec les druzes de Soueida ont eu lieu mercredi dans la Békaa et d'autres régions du pays, tandis qu'un sit-in de dizaines de personnes en soutien au régime de Damas et en condamnation des bombardements israéliens était organisé sur la place al-Nour à Tripoli. Une altercation a opposé mercredi des jeunes du village de Marj, dans la Békaa, à un jeune portant l’habit traditionnel druze.
Le député a fait remarquer que Joumblatt avait maintes fois mis en garde la communauté druze à Soueida sur la nécessité de rester au sein de l’État syrien et de maintenir le dialogue avec les autres factions du pays, mais malheureusement « ce contre quoi il avait mis en garde est effectivement arrivé ».
Un autre chef druze, le président du Parti démocratique libanais, Talal Arslane, a salué samedi, dans un message sur son compte X, « l’annonce d’un cessez-le-feu en Syrie, plus particulièrement à Soueida, entre toutes les factions du peuple syrien ami ». Il a appelé à que « la Syrie reste unie comme elle l’a été de par l’histoire, et qu’elle demeure une boussole des prises de positions arabes ».
Samedi également, cheikh Sami Abi el-Mona a adressé un message aux chefs d'État des pays ayant une influence sur la Syrie, leur demandant d'« intervenir immédiatement pour mettre un terme au massacre des druzes à Soueida, et exercer une pression pour briser le blocus sur des centaines de milliers de personnes ». Il les a pressés de « parrainer le cessez-le-feu et de consolider les ententes en vue de garantir la sécurité de la société ».
Le cheikh Akl druze a par ailleurs multiplié ses contacts samedi au Liban, s’entretenant au téléphone avec MM. Walid Joumblatt et Talal Arslane. Il a par ailleurs reçu des appels de solidarité de la part de l’ancien président de la République Michel Sleimane, du chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, et de plusieurs autres personnalités de toutes les confessions et de tous les bords.
Initiative de Joumblatt
Par ailleurs, une réunion s’était tenue au siège du cheikh Akl druze vendredi soir, groupant M. Joumblatt, son fils Taymour, président du parti socialiste progressiste (PSP) et tous les députés et ministres, actuels et anciens, du bloc parlementaire. Selon le média al-Anbaa, le leader druze libanais a présenté une feuille de route pour une sortie de crise à Soueida, qu'il ambitionne de discuter avec le gouvernement syrien et les notables druzes de Syrie.
Le document préparé par Walid Joumblatt comprend plusieurs points, dont un cessez-le-feu immédiat, ce qui a été réalisé le lendemain, et l’ouverture d’un dialogue sérieux entre l’État syrien et les forces locales de Soueida, la condamnation des attaques israéliennes en Syrie et au Liban, ainsi que la création d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les crimes et exactions commis à Soueida. Il a également mentionné l'arrêt des campagnes de provocation au Liban, tant internes qu’externes, et le rejet des appels à bloquer les routes.
Le leader druze compte demander au gouvernement syrien de contenir la situation dans les environs de Soueïda en intervenant directement auprès des Bédouins.
M. Abou Faour s’est également exprimé samedi à Azza, un village de la Békaa, à l’invitation du mufti de Rachaya, cheikh Wafik Hijazi, lors d'une réunion présentée comme une « rencontre nationale politique religieuse », selon un communiqué. Le député a estimé que « l’accord de cessez-le-feu à Soueida comporte beaucoup de points communs avec la feuille de route annoncée vendredi soir par M. Walid Joumblatt ». Il a souligné que la région a connu bien d’autres problèmes du même genre, mais les a toujours surmontés grâce à la sagesse de ses notables, et à la solidarité de sa population.
Pour sa part, cheikh Hijazi a insisté sur l’importance de la solidarité nationale et du vivre-ensemble, et salué les prises de position des officiels libanais qui ont appuyé l’unité et la sécurité de la Syrie. Il s’est cependant dit hostile aux fermetures de routes et à l’agressivité vis-à-vis des militaires libanais.
« S'attendre à plus de réfugiés »
L’ancien directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a déclaré en marge d’une conférence du Courant patriotique libre, qu’ « avec ce qui se passe en Syrie actuellement, nous devrions être prêts à accueillir une nouvelle vague de réfugiés ». Selon l’ancien responsable sécuritaire, « le flux de réfugiés n’est plus le principal danger ». Il a ainsi estimé que « le problème du terrorisme, qui était cantonné à une seule région en Syrie, va s’intensifier et nous ferons face à de réels dangers dans les jours qui viennent ».



CES CONFLTS INTERNES EN SYRIE ET LES ATTAQUES BARBARES REPETEES ET SANS CAUSE D,ISRAEL SUR LE HEZBOLLAH AU LIBAN, ET L,IRAN HORS JEU, SERVENT A FAIRE TRAVAILLER AILLEURS LES CONSCIENCES. ENTRETEMPS LE CHEF DU MOSSAD EST CHEZ TRUMP POUR SA BENEDICTION DE TRANSFERER LES PALESTINIENS HORS DE GAZA. =ARABES ?
20 h 21, le 19 juillet 2025