Une personne tient une pancarte sur laquelle est écrit « nous ne renoncerons pas aux armes » alors que des partisans du Hezbollah participent à une cérémonie lors du pic de l'Achoura, dans la banlieue sud de Beyrouth le 6 juillet 2025. ANWAR AMRO / AFP
Par la diplomatie et les armes, la pression s’accentue sur le Liban appelé à s’engager sérieusement dans le chantier de désarmement du Hezbollah. Au lendemain du réceptionnement, par les autorités libanaises, des remarques américaines à la réponse de Beyrouth sur la proposition de Tom Barrack, Israël a opté pour une escalade inédite depuis le cessez-le-feu de novembre dernier.
En effet, des frappes de l’armée israélienne visant des cibles du Hezbollah dans la Békaa ont fait douze tués dont sept Syriens. Ces bombardements sont « les plus meurtriers depuis 2024 », selon le mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr. Selon une source sécuritaire citée par Reuters, cinq combattants du Hezbollah font aussi partie des tués.
L’armée israélienne a pour sa part indiqué dans un communiqué avoir mené des raids sur « plusieurs cibles terroristes du Hezbollah dans la région de la Békaa », citant des « camps militaires » de « la force al-Radwane », l’unité militaire d’élite du Hezbollah. Parmi les cibles visées, le communiqué militaire israélien cite des installations « utilisées pour planifier et mener des attaques terroristes contre les troupes (israéliennes) et l’État d’Israël ». Le communiqué précise que depuis qu’Israël a « éliminé » en septembre les commandants de la force al-Radwane, « l’unité s’efforce de rétablir ses capacités ». Le stockage d’armes et autres « activités » dans les sites visés mardi « constituent une violation flagrante des accords entre Israël et le Liban et représentent une menace future pour l’État d’Israël », ajoute encore le communiqué militaire.
« Un message clair »
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que ces bombardements constituaient « un message clair » adressé au Hezbollah et au gouvernement libanais « qui est responsable du respect de l’accord » de cessez-le-feu. « Nous frapperons tous les terroristes et contrecarrerons toute menace pesant sur les habitants du Nord (frontalier du Liban) et sur l’État d’Israël, et nous riposterons avec une force maximale contre toute tentative de reconstruction », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le Hezbollah a dénoncé « une escalade majeure dans le contexte de l’agression continue contre le Liban et son peuple », accusant l’ennemi israélien de « ne respecter ni les lois ni les conventions internationales » et de « commettre des massacres contre des civils innocents ». Dans un communiqué, il a appelé les autorités libanaises à « agir de manière sérieuse, immédiate et ferme » pour « mettre toutes les instances internationales, en premier lieu les pays garants du cessez-le-feu, face à leurs responsabilités ».
En vertu de l’accord de trêve, le Hezbollah devait retirer ses combattants au nord du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière israélienne, seules l’armée libanaise et les forces de maintien de la paix des Nations unies devant être déployées dans le secteur. Israël, qui devait de son côté retirer complètement ses troupes du Liban, les maintient toutefois dans cinq positions du sud du pays.
Ces bombardements israéliens ne sont qu’une pression exercée sur les responsables et sur l’environnement populaire du Hezbollah pour rappeler que le temps est compté. La veille, Beyrouth recevait, par l’intermédiaire de l’ambassade des États-Unis, un retour à la réponse qu’il avait transmise à l’émissaire Barrack concernant le désarmement du Hezbollah.
Que contient la réponse américaine ?
Malgré les signes positifs, les déclarations de Barrack le jour même, ainsi que les remarques américaines ayant fuité, révèlent une crise majeure à l’horizon, portant sur l’arsenal du Hezbollah – notamment l’armement lourd – que Barrack a qualifié de menace pour Israël. « Les armes que nous voulons voir le Hezbollah abandonner sont celles qui représentent une menace pour Israël », a souligné l’émissaire américain dans un entretien télévisé, avertissant que « la tentative de désarmement forcé pourrait entraîner une guerre civile au Liban », en raison des complexités confessionnelles et politiques du pays. Il a ajouté que les États-Unis ne considèrent pas le Hezbollah dans son ensemble comme une organisation terroriste, mais que « le groupe armé qui lui est affilié » est, lui, classé comme tel et constitue une source de problèmes sur la scène régionale.
Et bien que le Liban ait préféré ne pas s’engager sur un calendrier clair pour le retrait des armes, invoquant la spécificité libanaise et la nécessité d’un dialogue interne sur cette question, la partie américaine a insisté dans son retour sur l’établissement d’un délai précis pour le retrait de l’armement lourd des mains du Hezbollah. De plus, Washington estime que le gouvernement libanais, dont fait partie le Hezb, devrait être responsable de la mise en œuvre de ce chantier – comprendre avec le consentement du parti chiite – en vue d’éviter une guerre civile.
Selon une source qui suit ce dossier de près, la réponse américaine ne comporte aucune garantie concernant un retrait israélien ou l’arrêt des agressions continues contre le Liban. En des termes clairs et directs, la réponse américaine conditionne le retrait des armes – en particulier des armes lourdes – à une échéance fixée à la fin de l’année en cours, demandant à l’État libanais de parvenir à un accord avec le Hezbollah à ce sujet. Concernant l’armée libanaise, les États-Unis insistent sur son rôle dans la prise de contrôle du Sud et exigent, dans leur réponse, qu'elle présente, dans les semaines à venir, un plan technique et final pour le retrait des armes.
La réponse américaine inclut une proposition basée sur le principe de « pas contre pas », assortie d’un calendrier divisé en plusieurs étapes :
- Première étape : retrait des armes au nord et au sud du Litani.
- Deuxième étape : retrait des armes de Beyrouth et de sa banlieue.
- Troisième étape : retrait des armes de la région de la Békaa.
Ces étapes se concentrent en priorité sur les armes lourdes – les missiles et les drones – avant de passer au retrait des armes de moyenne portée. Le document insiste également sur le démantèlement des infrastructures militaires des factions palestiniennes, à commencer par les camps d’el-Bass et de Rachidiyé au sud du Litani. Si le gouvernement libanais entame la mise en œuvre de ces étapes, les États-Unis s’engagent à commencer à exercer des pressions sur Israël pour qu’il se retire des points qu’il occupe toujours.
Le document américain revient aussi sur la question des réformes économiques, notamment l’adoption de la loi sur la restructuration bancaire, ainsi que sur la nécessité de fermer al-Qard al-Hassan (l’organisme de microfinance du Hezbollah) et les sociétés de change qui lui sont affiliées.
Dans ce cadre, le comité composé des représentants des trois présidences a repris mardi ses réunions pour discuter du contenu du document et préparer une réponse appropriée. Celle-ci devrait être finalisée d’ici au 28 juillet, date du retour de Tom Barrack à Beyrouth, selon la même source.




CE COMMENTAIRE AVAIT DEJA ETE SOUMIS AVANT 11:00 MAIS IGNORE, JE NE SAIS POURQUOI DANS UN ARTICLE QUI DISPARUT DES ECRANS AVEC LE COMMENTAIRE. AVEC VOTRE PREMISSION DE LE PUBLIER. MERCI.
13 h 24, le 16 juillet 2025