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Politique - Liban

Séance parlementaire : appels à mettre en place un calendrier pour le désarmement du Hezbollah

Le député du bloc Amal Kassem Hachem a demandé à mettre en place une « stratégie de défense nationale », tandis que le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui a dénoncé « un veto étranger » qui empêche d'armer la troupe.

Séance parlementaire : appels à mettre en place un calendrier pour le désarmement du Hezbollah

Le gouvernement de Nawaf Salam réuni au Parlement, en présence du chef du Législatif, Nabih Berry, le 15 juillet 2025 à Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

La Parlement, réuni à la place de l'Etoile, a tenu une séance de questions au gouvernement de Nawaf Salam, alors que le dossier du désarmement du Hezbollah, réclamé par les autorités ainsi que la communauté internationale, à sa tête les Etats-Unis, continue de diviser au Liban. Les interventions des députés, notamment ceux des Forces libanaises, ont surtout porté sur la question de la « feuille de route » américaine au sujet du désarmement du part chiite et du cessez-le-feu en cours entre Israël et le Liban depuis novembre 2024, après 13 mois de guerre, ainsi que sur la mise en place d'un calendrier pour amorcer ce désarmement. La séance a ensuite été levée vers 20h30 par le chef du Parlement, Nabih Berry, jusqu'à mercredi 11 heures.

« Il s'agit de la première fois que nous menons une discussion de ce genre. Nous allons entendre des propos contradictoires de la part des uns et des autres ainsi que des appels au monopole des armes et à la reconstruction », a déclaré le vice-président de la Chambre, Elias Bou Saab, au début de la séance.

Calendrier de désarmement

Prenant la parole, le député des Forces libanaises (FL) Georges Adwan a appelé « le gouvernement à mettre en place un calendrier pour le désarmement » du Hezbollah. « Il s'agit de la dernière chance pour le gouvernement et il faudra travailler rapidement. Le gouvernement doit détenir les décisions relatives à la guerre et à la paix », a-t-il dit. Une prise de position appuyée par un autre député FL, Pierre Bou Assi. « Tout doit commencer par le renforcement de la souveraineté. Israël ne se retirera pas du Liban-Sud avant le retrait des armes du Hezbollah », a-t-il affirmé. « Cela fait cinq mois que nous entendons toutes sortes de discours et rien n'a changé. Nous ne savons même pas quel est le contenu des réponses (adressées à Tom Barrack, NDLR) », a pour sa part déploré le député des Kataëb Nadim Gemayel.

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La question du désarmement du Hezbollah demeure au cœur des débats politiques libanais et internationaux, notamment après la guerre de plus d'un an qui a opposé le Hezbollah à Israël. L’émissaire américain Tom Barrack s'était rendu la semaine dernière à Beyrouth afin de promouvoir la « feuille de route » de Washington en vue du désarmement du parti chiite. Selon nos informations, les Américains souhaitent que le dossier des armes du Hezbollah soit clos d'ici la fin de l’année. Des sources américaines impliquées dans le dossier avaient affirmé à L'Orient-Le Jour que l’administration Trump a exprimé sa déception face à la réponse libanaise, tout en reconnaissant qu’il ne s’agit que d’un point de départ pour une négociation qui, selon Washington, ne saurait cependant durer indéfiniment. L'ambassade US a fait parvenir aux autorités libanaises « des idées » concernant la réponse formulée par Beyrouth à la feuille de route de M. Barrack.

« Stratégie de défense nationale »

De son côté, le député du bloc parlementaire Amal Kassem Hachem a appelé à mettre en place une « stratégie de défense nationale et à mener un dialogue », demandant au gouvernement de « servir les intérêts du pays ». Il s'est également prononcé « en faveur d'un plan rapide pour la reconstruction et la libération des terres libanaises » qui continuent d'être occupées par Israël dans le Liban-Sud. « Le dossier des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba doit être abordé avec précision car ces terres sont libanaises et inscrites dans les registres fonciers du Liban », a-t-il ajouté.

Le député du Courant patriotique libre (CPL) Salim Aoun a pour sa part estimé que « le peuple libanais se fait piller et que personne ne s'en soucie sauf lorsque la communauté internationale se fâche ». « Il faut gagner à nouveau la confiance des Libanais », a-t-il dit. « Aucun sujet ne sera interdit aux députés. Le gouvernement doit être clair au niveau du dossier des armes », a pour sa part souligné le député Alain Aoun.

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« Nous voulons que le Hezbollah remette ses armes à l'Etat mais nous sommes contre la guerre civile et pour le dialogue au sujet du désarmement », a déclaré pour sa part le chef du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil. « Le Liban ne sera pas rayé de la carte. Nous devons demander à la Syrie de mettre en place un plan pour le retour des déplacés, sauf que la Syrie nous demande aujourd'hui de lui remettre ceux qui ont tué nos militaires », a-t-il ajouté.

La question de l'extradition de détenus syriens dans les prisons libanaises est revenu sur la scène la semaine dernière. Parmi ces prisonniers, des dizaines sont accusés de « terrorisme », notamment d'attaques contre l’armée libanaise.

Le député de Beyrouth Fouad Makhzoumi a appelé pour sa part à ce que « Beyrouth soit vide de tout armement illégal ». « La question des négociations avec les Etats-Unis doit être étudiée en Conseil des ministres. Nous demandons de poursuivre tous ceux qui portent des armes en dehors de l'Etat », a ajouté l'élu, appelant « ceux qui portent des armes à les remettre à l'Etat pour éviter la guerre ».

« Veto étranger » contre la fourniture d'armes à l'armée libanaise

Le député du Hezbollah, Ibrahim Moussaoui, a assuré que son parti « est le premier à soutenir l'Etat libanais ». « Nous ne mettons en cause le patriotisme de personne et l'armée libanaise est notre armée, mais il y a un veto étranger qui empêche qu'on lui fournisse des armes », a-t-il déclaré.

S'adressant au chef du gouvernement, le député indépendant de Zghorta, Michel Moawad, s'est demandé « quel est le plan mis en place pour régler la question des armes et suivant quel calendrier ? ». « Le travail du gouvernement est insuffisant pour l'heure », a-t-il ajouté.

« Nous voulons que l'Etat monopolise les décisions relatives à la guerre et à la paix et protège ses frontières », a enchaîné le député FL de Jbeil, Ziad Hawat, qui a par ailleurs fait la distinction entre « ceux qui veulent entraîner le Liban dans la guerre et ceux qui respectent la Constitution ».

« Où en est-on de l'application de la 1701 et du retrait israélien ? Qu'en est-il du monopole des armes aux mains de l'Etat ? Quelle est la réponse américaine à la feuille de route libanaise et au sujet de laquelle nous avons le droit d'être mis au courant ? », s'est demandé pour sa part le député ex-CPL Ibrahim Kanaan. Concernant la situation économique, le parlementaire, qui est aussi à la tête de la Commission des finances, a demandé au gouvernement s'il allait envoyer la loi concernant la restitution des dépôts au Parlement, « sachant que celle-ci est intimement liée à la loi sur la réforme du secteur bancaire ».

Le député Yassine Yassine (Békaa-Ouest) a pour sa part insisté sur le fait que « le monopole des armes n'est pas un slogan mais une règle constitutionnelle et politique sans laquelle l'Etat et la présidence ne pourront pas se redresser ». Il a par ailleurs demandé la mise en place d'un calendrier pour le désarmement, tout comme le député de Beyrouth Ibrahim Mneimné.

Adib Abdel Massih, député du Koura, a également appelé les autorités à « monopoliser les armes et à commencer leur collecte dans tout le territoire libanais, sans obligation de commencer ce travail au Liban-Sud ».

« La décision la plus importante à prendre »

Après une petite pause, la séance parlementaire a repris dans l’après-midi, marquée par une série d’interventions appelant à l'établissement d'un calendrier précis pour le désarmement du Hezbollah. La députée Paula Yacoubian a souligné que « ce qui est attendu du gouvernement, c’est une échéance claire pour la remise des armes », estimant qu’il s’agit de « la décision la plus importante à prendre ».

De son côté, Halimé Kaakour a affirmé : « Nous voulons le monopole des armes non pas pour rassurer l’ennemi, mais pour renforcer l’armée libanaise, et c’est ce qui doit se faire. » Elle a également interrogé l’exécutif : « Nous avons un besoin urgent de la stratégie de sécurité évoquée par le gouvernement dans son programme en ce qui concerne l’exclusivité des armes. Où est donc cette stratégie sécuritaire ? Et pourquoi le gouvernement ne parle-t-il pas des violations israéliennes ? »

Le député Walid Barrini a lui aussi questionné le gouvernement : « Qu’avez-vous accompli concernant le monopole des armes, et pourquoi ce retard ? » Profitant de son intervention, le député du Akkar a rappelé que sa région « attend une attention particulière de l’État, et nous voulons savoir quels projets le gouvernement a proposés pour le Akkar. »

Le député FL Pierre Bou Assi, membre du bloc « La République forte », a estimé pour sa part que le monopole des armes ne se concrétise pas « par manque de courage ». Il a insisté : « Nous avons besoin d’une décision claire, car la souveraineté ne se négocie pas « à la carte », et il est aussi essentiel de délimiter les frontières du Liban. »

Dans le même esprit, le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, a lancé : « On ne peut dialoguer tant que certaines parties disposent d’armes et d’un outil d’intimidation. Le pays est en état de guerre : comment attirer les investissements sans imposer notre souveraineté ? Comment obtenir des aides ? Il ne peut y avoir ni État, ni réconciliation, ni réforme politique tant que des armes existent en dehors du cadre de l’État. » Et d’ajouter : « Les armes de la résistance n’ont pas protégé le Liban. La preuve : ils ne résistent même plus aujourd’hui. Qu’ils transforment ces armes en une opportunité de protection du Liban à travers l’armée libanaise. »

Le député Michel Daher a lui aussi mis en garde : « J’appelle le Hezbollah à adopter une position claire et sans ambiguïté sur la question des armes. Nous ne voulons pas qu’il se suicide et entraîne le Liban et les Libanais avec lui vers la ruine », a-t-il déclaré, évoquant « un danger existentiel ».

Face à ces critiques, le député Ali Fayyad, membre du bloc « Fidélité à la résistance », a défendu la position du Hezbollah : « La raison d’être de l’État est de défendre son peuple, et la résistance est née dans un contexte de faiblesse de l’État et de son incapacité à protéger la population. »

La Parlement, réuni à la place de l'Etoile, a tenu une séance de questions au gouvernement de Nawaf Salam, alors que le dossier du désarmement du Hezbollah, réclamé par les autorités ainsi que la communauté internationale, à sa tête les Etats-Unis, continue de diviser au Liban. Les interventions des députés, notamment ceux des Forces libanaises, ont surtout porté sur la question de la « feuille de route » américaine au sujet du désarmement du part chiite et du cessez-le-feu en cours entre Israël et le Liban depuis novembre 2024, après 13 mois de guerre, ainsi que sur la mise en place d'un calendrier pour amorcer ce désarmement. La séance a ensuite été levée vers 20h30 par le chef du Parlement, Nabih Berry, jusqu'à mercredi 11 heures.« Il s'agit de la première fois que nous menons une discussion de ce genre....
commentaires (6)

M. Gemayel a raison de rappeler à ce parlement et au pouvoir que les 10% qui représentent le blocage ne devrait pas peser dans la balance pour prendre des décisions sur le sauvetage de notre pays. C’est mathématique et c’est la démocratie même que d’occulter leur refus surtout lorsqu’on sait pour quelle raison ils paralysent notre pays. Pourquoi diable on continue à leur prêter une importance et une oreille alors qu’ils ne représentent pas les libanais et veulent se substituer au pouvoir officiel et à l’armée de notre pays pour satisfaire leurs fournisseurs d’armes barbus. En qualité de quoi i

Sissi zayyat

10 h 22, le 16 juillet 2025

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Commentaires (6)

  • M. Gemayel a raison de rappeler à ce parlement et au pouvoir que les 10% qui représentent le blocage ne devrait pas peser dans la balance pour prendre des décisions sur le sauvetage de notre pays. C’est mathématique et c’est la démocratie même que d’occulter leur refus surtout lorsqu’on sait pour quelle raison ils paralysent notre pays. Pourquoi diable on continue à leur prêter une importance et une oreille alors qu’ils ne représentent pas les libanais et veulent se substituer au pouvoir officiel et à l’armée de notre pays pour satisfaire leurs fournisseurs d’armes barbus. En qualité de quoi i

    Sissi zayyat

    10 h 22, le 16 juillet 2025

  • UN CALANDRIER DE RAMASSAGE DES ARMES DU TANDEM CHIITE MAIS AUSSI D,AUTRES PARTIS QUI EN POSSEDENT INCLUS DES PARTIS CHRETIENS DU NORD ET D,AILLEURS DU PAYS, SANS OUBLIER AVANT TOUT LES ETRANGERS ENRACINES DANS LE PAYS.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 24, le 15 juillet 2025

  • Faut il expliquer encore et encore à ce parti vendu que le dépôt de ses armes est en premier lieu une demande des libanais qui se sont en premier concernés puisqu’ils sont tous les jours menacés par un des leurs? Que leurs partisans nous expliquent en quoi le non respect de notre constitution à vouloir garder ces armes qui ne servent qu’à détruire le pays et menacer son peuple. L’ennemi est sur notre sol grâce à leurs armes et leurs partisans sont sans abris à cause de ces mêmes armes offertes par un pays étrangers pour anéantir notre pays et ses citoyens. Il n’y a aucune difficulté à compren

    Sissi zayyat

    18 h 02, le 15 juillet 2025

  • Langue de bois…

    Alexandra

    17 h 08, le 15 juillet 2025

  • Last but not least: Dialoguer avec une partie qui est armée et met le revolver sur la table des negociations est une mascarade. Ce serait un remake politique du parrain ou de Scarface. Table de dialogue: s'il y a lieu après le désarmement.

    Moi

    14 h 23, le 15 juillet 2025

  • Toutes les interventions citées sont recevables. Mais les anti hezballah doivent clairement dire pourquoi ils sont contre une table de dialogue concernant les armes: On ne dialogue pas pour obtenir un droit inscrit dans la constitution, la défense nationale est une prerogative de l'executif validée par le parlement, des tables de dialogue ont eu lieu dans le passé et non respectées, la question des armes ne concerne pas uniquement la défense nationale mais concerne surtout l'autorité de l'Etat etc. En ne répondant pas aux députés Amal/Hezballah, les anti hezballah se mettent sur la defensive

    Moi

    14 h 18, le 15 juillet 2025

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