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Environnement - Ressources Hydrauliques

Un lac agricole à Chebaa inutilisable en raison de la sécheresse

D’après des tests effectués par le ministère de l’Agriculture, des taux de potassium et de polluants bactériologiques supérieurs à la normale rendent le point d’eau inexploitable jusqu’à nouvel ordre.

Un lac agricole à Chebaa inutilisable en raison de la sécheresse

Une photo de l'eau rouge du lac de Janaa, à Chebaa, une couleur de l'eau due à la forte concentration de polluants, qui a fait émerger les soupçons d'une pollution intentionnelle ou due au phosphore. Les taux de polluants sont en fait aggravés par la sécheresse, selon les tests du ministère de l'Agriculture. Photo fournie par la municipalité de Chebaa

Il y a quelques semaines, l’affaire de la pollution du lac de Janaa, dans la région de Chebaa, au Liban-Sud, avait fait grand bruit : l’eau rouge et des poissons morts avaient nourri les soupçons d’une pollution due soit au déversement intentionnel de matières chimiques dans ce point d’eau très utilisé par les agriculteurs, soit aux bombardements israéliens de munitions au phosphore lors du conflit de 2023-2024 avec le Hezbollah. 

Interrogé par L’Orient-Le Jour, le nouveau président du conseil municipal de Chebaa, Adam Farhat, explique que la pollution ne serait en réalité pas due aux combats, mais à une pollution bactériologique et chimique aggravée par la sécheresse sévère cette année. Il précise que les tests menés par des institutions reliées au ministère de l’Agriculture « ont montré des taux de potassium très supérieurs aux taux tolérés, ce qui rend cette eau inutilisable pour les agriculteurs comme pour les éleveurs ».

Il explique : « Le niveau d’eau dans le lac artificiel est bas cette saison, car ce point d’eau est exclusivement alimenté par l’eau de pluie et non par les sources de la région. » Les tests dont nous avons pu consulter une copie fournie par la municipalité montrent « des taux plus élevés que les normes tolérées de coliformes totaux et coliformes thermotolérants », en d’autres termes une pollution bactériologique.

La saison de pluie au Liban a été particulièrement sèche, et cela se répercute autant sur les agriculteurs que sur l’eau distribuée dans les maisons. Selon les chiffres de Météo-Liban, il n’est tombé à Beyrouth que 382,1 millimètres cette année, contre 1 051 l’an dernier, et une moyenne de 822 mm sur 30 ans. Même chose au Liban-Nord avec 520 mm contre 1 229 en 2024, et dans la Békaa, avec 268 mm contre 741 la saison passée. Le niveau de l’eau est donc très bas, autant dans les lacs artificiels que dans les cours d’eau superficiels, dans les sources, les nappes phréatiques et les puits.

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« Le fait que le niveau d’eau soit si bas n’a pas aidé à dissoudre la pollution qui s’est retrouvée très concentrée dans l’eau du lac de Janaa », poursuit le président du conseil municipal. Selon lui, les solutions existent, puisque des entreprises spécialisées peuvent traiter ce type de pollution. « Nous cherchons à traiter l’eau de ce lac parce qu’elle est importante pour les agriculteurs et les éleveurs en une année aussi sèche, et parce que cela nous aidera à réduire la pollution en prévision de la prochaine saison des pluies », ajoute-t-il.

Les élus font toutefois face à un problème de fonds. « Les autorités ont organisé des élections municipales (en mai 2025, NDLR), mais ne débloquent pas pour autant les budgets des municipalités. Nous ne savons pas comment lever des fonds pour des travaux essentiels tels que ceux-là, étant à peine capables de couvrir nos coûts opérationnels », s’insurge Adam Farhat.

Au Liban, la caisse des municipalités est supposée financer les autorités locales et leur permettre de contribuer au développement des régions, mais les fonds de cette caisse tardent souvent à être débloqués par le ministère des Finances, et une grande partie est consacrée au paiement des prestataires ayant un contrat avec l’État, notamment dans le secteur des déchets ménagers. Une fraction du budget atteint effectivement les conseils municipaux, qui se plaignent depuis des années du manque de fonds. Entre-temps, ce lac à Chebaa reste inutilisable et inutilisé suite à une mise en garde du ministère de l’Agriculture, publiée depuis juin.

Il y a quelques semaines, l’affaire de la pollution du lac de Janaa, dans la région de Chebaa, au Liban-Sud, avait fait grand bruit : l’eau rouge et des poissons morts avaient nourri les soupçons d’une pollution due soit au déversement intentionnel de matières chimiques dans ce point d’eau très utilisé par les agriculteurs, soit aux bombardements israéliens de munitions au phosphore lors du conflit de 2023-2024 avec le Hezbollah. Interrogé par L’Orient-Le Jour, le nouveau président du conseil municipal de Chebaa, Adam Farhat, explique que la pollution ne serait en réalité pas due aux combats, mais à une pollution bactériologique et chimique aggravée par la sécheresse sévère cette année. Il précise que les tests menés par des institutions reliées au ministère de l’Agriculture « ont montré des taux de...
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