Des terres agricoles dans la vallée de la Békaa au Liban. Photo João Sousa/L’Orient-Le Jour
Le président du Syndicat national des agriculteurs Ibrahim Tarchichi a averti que les prix de certains fruits et légumes pourraient tripler après le 15 juillet par rapport à leurs niveaux actuels, invoquant les conditions météorologiques de cette année ainsi que différents facteurs économiques, sécuritaires et politiques, selon des propos publiés vendredi par le journal local al-Diyar.
Le Liban a connu un hiver exceptionnellement sec cette année. Selon les données de Météo-Liban, seulement 268,4 millimètres de pluie sont tombés à Zahlé, contre 741,8 mm l'année précédente. La moyenne saisonnière sur 30 ans est de 668 mm.
Le président du syndicat a souligné « que les prix des légumes et des fruits connaissent une hausse substantielle alors même qu'ils ne couvrent pas le coût de production, et la raison en est due à plusieurs facteurs, notamment le climat et le manque d'eau, en plus des facteurs économiques, sécuritaires et politiques, au premier rang desquels la fermeture des marchés arabes aux exportations agricoles ».
L’Arabie saoudite a suspendu l’importation de fruits et légumes en provenance du Liban en avril 2021, après la découverte de plus de cinq millions de comprimés de Captagon dissimulés dans des fruits libanais à l’exportation. Si aucun autre État du Golfe n’a imposé d’interdiction commerciale, l’Arabie saoudite reste la plateforme de transit des marchandises à destination de ces pays, ce qui a entraîné d’importantes pertes financières supplémentaires pour le Liban. Cette année-là, le kilo de cerises a atteint 900 000 livres libanaises (environ 10 dollars).
Les agriculteurs libanais ont de nouveau été plongés dans l’incertitude pendant les 12 jours de guerre Israël-Iran le mois dernier, durant laquelle Téhéran avait menacé de fermer les détroits de Bab el-Mandeb et d’Ormuz, par lesquels le Liban exporte ses produits vers les pays du Golfe.
Trop chaud, trop froid
En février, les températures ont chuté près du point de congélation au Liban, la neige tombant à 200 mètres d’altitude, avec quelques flocons sur Beyrouth et le littoral.
« Les cerises comptent parmi les cultures libanaises touchées par une vague de froid qui a affecté 75 % de la production totale des cerises, et les quantités actuellement sur les marchés représentent les 25 % restants. Cela a entraîné une hausse des prix de cette denrée sur les marchés, à la suite d’une forte demande contrastant avec une offre faible », a-t-il expliqué. Ibrahim Tarchichi a souligné que les prix de vente des oignons, melons, pommes de terre, concombres, haricots à œil noir et tomates sont en dessous de 50 % du coût de production.
Le président du Syndicat national des agriculteurs prévoit que les prix vont continuer à grimper « d’autant plus que de nombreux agriculteurs détruiront leurs récoltes compte tenu du faible rendement financier, ce qui rendra nécessaire, après le 15 juillet, une augmentation des prix de ces produits à trois fois les niveaux actuels ».
Selon lui, cette hausse des prix s’explique par plusieurs facteurs. Les agriculteurs ont dû réduire la superficie de leurs terres cultivées en raison de la pénurie d’eau et du coût de pompage de l’eau des puits, et ils ont déjà accusé des pertes financières qui limitent leur capacité à faire fonctionner leurs exploitations à des standards normaux. La qualité et la quantité de ce que les agriculteurs peuvent produire sont également entravées par des températures extrêmement élevées, tandis que la fermeture des routes d’exportation terrestres rend l’acheminement de leurs produits plus onéreux.
Ibrahim Tarchichi a encore critiqué les fournisseurs de diesel, estimant que 90 % d’entre eux stockent les importations de carburant dans leurs entrepôts « dans l’espoir que le prix augmentera plus tard ». Même le peu de diesel livré aux distributeurs, fabricants et propriétaires de générateurs serait également stocké par ces acteurs, a-t-il affirmé, privant ainsi les agriculteurs de carburant.



La majeure partie de ces pseudo-explications ne tient pas la route.C'est du racket tout simplement, alors que la majorité des Libanais est déjà sous le seuil de pauvreté.Espérons que le marché trouvera des provenances de substitution, que ce soit de Syrie, de Jordanie, de Turquie ou autre, et que ceux des Agriculteurs libanais de mauvaise foi - ils ne le sont pas tous - restent avec leur marchandise invendue à "triplement de prix" !!!
17 h 25, le 13 juillet 2025