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Politique - Diplomatie

Détenus syriens : des sources syriennes démentent toute volonté de Chareh de sévir contre Beyrouth

Une commission syrienne va être formée et se rendra « dans les prochains jours » au Liban pour établir un mécanisme d'extradition.

Détenus syriens : des sources syriennes démentent toute volonté de Chareh de sévir contre Beyrouth

Le poste-frontière de Masnaa, le 8 décembre 2024. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Des sources syriennes ont démenti vendredi les informations publiées par la chaîne de télévision syrienne Syria TV, proche du pouvoir, selon lesquelles Damas envisageait d'avoir recours à des mesures de rétorsion à l'encontre de Beyrouth, accusé de ne pas accorder son attention au sort des détenus syriens dans les prisons libanaises. Une de ces sources, proche du gouvernement syrien, a toutefois reconnu des « pressions exercées de la part des familles des détenus au Liban sur le pouvoir à Damas. »

Selon les informations de la chaîne, détenue par un réseau médiatique qatari, basée à Istanbul et qui avait été créée en 2018, le sort de 2 000 prisonniers syriens et les « tergiversations » des autorités libanaises pour traiter leurs dossiers a provoqué l'irritation de Damas. Dans ce contexte, les autorités syriennes envisageraient de prendre des mesures de rétorsion, notamment économiques, contre le Liban. Les sources de Syria TV précisent que Damas étudie des « options d'escalade graduelle, notamment le gel de la coordination sécuritaire et économique à certains niveaux, pouvant aller jusqu'à des mesures plus sévères comme la fermeture des postes frontaliers terrestres ou l’imposition de restrictions rigoureuses sur le transit des camions libanais, voire une remise en question de la coopération sécuritaire à la frontière. »

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Une source proche du gouvernement syrien a toutefois indiqué à L'Orient-Le Jour que « les informations qui circulent ne sont pas officielles » et qu’une annonce de la part des autorités aurait été diffusée en cas de changement de politique. Une source au sein du ministère de l’Information a de son côté confié à l'agence al-Ekhbariya qu'il s'agissait de « rumeurs dénuées de fondement », soulignant toutefois que Damas considère le dossier des détenus comme une « priorité à traiter dans les plus brefs délais par les canaux officiels entre les deux pays. »

Délégation syrienne « dans les prochains jours » au Liban

Dans ce contexte, une source libanaise bien informée a affirmé qu'une commission syrienne, incluant les ministères des Affaires étrangères et de la Justice, se rendra « dans les prochains jours au Liban pour établir un mécanisme permettant d'extrader les détenus syriens vers la Syrie, pour qu'ils y soient jugés ».

Un projet d'extradition de détenus syriens dans les prisons libanaises avait été discuté au cours des derniers mois, sans avoir été concrétisé. Sur les près de 1 700 prisonniers d'origine syrienne au Liban, plus de 350 ont été condamnés, mais le reste est en attente de jugement, avait affirmé à L'Orient-Le Jour, en avril dernier, le député Michel Moussa, président de la commission parlementaire des droits de l’homme. Lors d’une visite à Damas en janvier, et dans une tentative d’ouvrir une nouvelle page dans les relations syro-libanaises, l’ancien Premier ministre libanais, Nagib Mikati, et le président syrien par intérim, Ahmad el-Chareh, avaient convenu du retour dans leur pays des prisonniers syriens. Mais « depuis le changement de gouvernement au Liban, il n’y a pas eu de demande officielle à ce sujet par Damas », avait indiqué une source au Sérail, également en avril, peu avant une visite en Syrie du nouveau président du Conseil, Nawaf Salam. 

Peu avant, dans le courant du mois de mars, un responsable judiciaire libanais avait affirmé à l’AFP que le Liban était prêt à remettre à la Syrie plus de 700 détenus syriens. Parmi eux, des centaines sont accusés de « terrorisme », notamment des attaques contre l’armée libanaise, et ont été traduits devant le tribunal militaire. D’autres sont accusés d’appartenir à des groupes jihadistes ou armés syriens qui étaient opposés à l’ancien pouvoir de Bachar el-Assad. D’autres encore sont accusés ou jugés pour des délits de droit commun. 

« Options d'escalade graduelle »

Selon Syria TV, la question des détenus aurait été abordée lors de la réunion entre le président Chareh, et la délégation de Dar el-Fatwa, haute autorité sunnite au Liban, dimanche dernier. Lors de la réunion avec les dignitaires sunnites, dont le mufti de la République Abdellatif Deriane, M. Chareh aurait dénoncé le fait que les autorités libanaises « ignorent » cette question humanitaire. Les informations obtenues par la chaîne ajoutent que le président syrien aurait annoncé une visite prochaine du ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaibani à Beyrouth pour discuter de cette affaire, ce qui constituerait la première visite officielle syrienne au Liban depuis le renversement du régime Assad en décembre 2024.

Le suicide, la semaine dernière, d'un détenu syrien à Roumieh aurait eu un impact sur la volonté de Damas de faire avancer la question des détenus. 

Des sources syriennes ont démenti vendredi les informations publiées par la chaîne de télévision syrienne Syria TV, proche du pouvoir, selon lesquelles Damas envisageait d'avoir recours à des mesures de rétorsion à l'encontre de Beyrouth, accusé de ne pas accorder son attention au sort des détenus syriens dans les prisons libanaises. Une de ces sources, proche du gouvernement syrien, a toutefois reconnu des « pressions exercées de la part des familles des détenus au Liban sur le pouvoir à Damas. »Selon les informations de la chaîne, détenue par un réseau médiatique qatari, basée à Istanbul et qui avait été créée en 2018, le sort de 2 000 prisonniers syriens et les « tergiversations » des autorités libanaises pour traiter leurs dossiers a provoqué l'irritation de Damas. Dans ce contexte, les...
commentaires (1)

Cela va au dela de la question purement humanitaire. Il s'agit d'avoir des actions à la hauteur de l'Etat de Droit que le Liban affiche (au moins en apparence). Il n'est pas concevable vis à vis du Droit de garder des personnes en détention éternellement sans les juger. Mais comme dans le sujet des armes, le Liban Officiel a un biais : Tout est permis au hezballah (dont libérer ses voyous) et tout est interdit à tout ce qui peut constituer une menace pour hezballah. Le Liban officiel comme pour les armes collabore avec la milice.

Moi

14 h 32, le 11 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Cela va au dela de la question purement humanitaire. Il s'agit d'avoir des actions à la hauteur de l'Etat de Droit que le Liban affiche (au moins en apparence). Il n'est pas concevable vis à vis du Droit de garder des personnes en détention éternellement sans les juger. Mais comme dans le sujet des armes, le Liban Officiel a un biais : Tout est permis au hezballah (dont libérer ses voyous) et tout est interdit à tout ce qui peut constituer une menace pour hezballah. Le Liban officiel comme pour les armes collabore avec la milice.

    Moi

    14 h 32, le 11 juillet 2025

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