Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens à Genève, lors d'une conférence de presse à Genève, le 27 mars 2024. Fabrice COFFRIN / AFP
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a annoncé mercredi que Washington envisage d'imposer des sanctions contre Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, basée à Genève.
Dans une publication sur X, le chef de la diplomatie américaine a mis en cause les « efforts illégitimes et honteux » de Francesca Albanese visant, selon lui, à « inciter la Cour pénale internationale (CPI) à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens ». « La campagne de guerre politique et économique menée par Francesca Albanese contre les États-Unis et Israël ne sera plus tolérée. Nous serons toujours aux côtés de nos partenaires dans leur droit à l’autodéfense. Les États-Unis prendront toutes les mesures que nous jugerons nécessaires pour répondre à cette guerre juridique et protéger notre souveraineté ainsi que celle de nos alliés », a ajouté le haut responsable.
Aucune sanction n'a pour l'heure été officiellement annoncée.
Implication des entreprises étrangères dans l’« économie du génocide »
Cette décision intervient à la suite d’un rapport publié le 30 juin par la juriste italienne, dans lequel elle accuse plus de soixante entreprises et d’acteurs financiers étrangers - parmi lesquelles les géants américains Google, Amazon et Microsoft - d’être « financièrement liées à l’apartheid et au militarisme israéliens ». Mme Albanese a présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations unies un rapport de de 27 pages intitulé « De l'économie de l'occupation à l'économie du génocide », dans lequel sont étudiés « les mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens ». La mission d'Israël à Genève a affirmé que le rapport de Mme Albanese était motivé par son « programme obsessionnel et haineux visant à délégitimer l'État d'Israël ».
Plus de 57 680 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans la campagne de représailles militaires israéliennes dans la bande de Gaza, selon des données du ministère de la Santé à Gaza.
Dans son rapport, Francesca Albanese affirme que les « complicités » de certaines entreprises - parmi lesquelles des fabricants d’armes comme l’Américain Lockheed Martin, des géants de la tech tels que Palantir et IBM, ainsi que des fonds de pension et des banques, dont la Française BNP Paribas - reposent sur des recherches cyniques de profit et sur l’utilisation des territoires palestiniens comme « terrain d’expérimentation » pour de nouvelles armes et technologies.
Sanctions américaines contre la CPI
Dans un communiqué, Marco Rubio a dénoncé les critiques formulées par l'experte de l'ONU à l'égard des États-Unis. Selon lui, elle aurait « collaboré avec la CPI dans le but de poursuivre des ressortissants des États-Unis ou d’Israël » et « recommandé à la Cour d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant ».
Les États-Unis ont à plusieurs reprises dénoncé les actions jugées « partiales et malveillantes » de la juriste italienne, estimant qu’elles la rendent « inapte » à exercer ses fonctions onusiennes, poursuit le communiqué. Francesca Albanese est accusée par Washington de « tenir un discours ouvertement antisémite », d’avoir exprimé « un soutien au terrorisme » et de nourrir un « mépris assumé pour les États-Unis, Israël et l’Occident ».
Washington avait sanctionné le 5 juin quatre magistrates de la CPI, estimant que leurs procédures visant des soldats américains ou l'exécutif israélien étaient « illégitimes » et « politisées », une initiative immédiatement réprouvée par l'institution de La Haye. En février dernier, les États-Unis avaient déjà pris des sanctions contre le procureur de la CPI Karim Khan, qui avait initié cette procédure contre l'exécutif israélien. Le procureur s'est depuis mis en retrait, car visé par une enquête pour « faute présumée ».




Une femme courageuse ! Et toujours cette rengaine d'antisémitisme, le nouveau slogan des sionistes.
17 h 55, le 10 juillet 2025