Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d'un discours prononcé à l'occasion de Achoura. Photo tirée du compte Telegram du Hezbollah
Dans une interview-fleuve enregistrée le 11 juin dernier et diffusée mardi soir sur la chaîne al-Mayadeen, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem est revenu sur l'épisode sanglant des bipeurs piégés par Israël, lors de la guerre de treize mois avec l'Etat hébreu, avouant que son parti n'avait « pas détecté » ces explosifs. Il a par ailleurs assuré que sa formation « ne sera pas patiente indéfiniment » face aux agressions israéliennes qui touchent le Liban de manière quasi quotidienne malgré le cessez-le-feu, sans pour autant spécifier d'échéance ou de lieu pour une potentielle riposte.
« Nous ne savions pas que la chaîne d'approvisionnement était exposée et nous n'avons pas pu détecter la présence de l'explosif » dans les bipeurs, a déclaré le cheikh Kassem, mettant ces manquements sur le compte de « la négligence ou des lacunes », survenues « lors de l'achat de ces bipeurs, il y a un an ou un an et demi ». Les 17 et 18 septembre, l'explosion des dispositifs de communication du Hezbollah avait fait au moins 40 morts, dont une enfant, et plus de 2 900 blessés, en majorité des combattants et membres du parti chiite. Dès le lendemain de ces explosions, le New York Times apprenait que des agents israéliens avaient trompé le Hezbollah en vendant un modèle customisé de bipeur, AR-924, sous une marque taïwanaise existante et réputée, Gold Apollo.
L’État hébreu et le Hezbollah se sont affrontés pendant treize mois, du 8 octobre 2023 au 27 novembre 2024, après que le parti chiite a ouvert un « front de soutien » au Hamas à Gaza. Ce conflit a fait plus de 4 000 tués et 16 000 blessés au Liban et des dégâts énormes dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth.
Dans ce contexte, le cheikh Kassem a confirmé qu'un lot d'environ 1 500 bipeurs piégés avait été intercepté en Turquie peu après l'explosion des bipeurs à Beyrouth, et que l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, avait demandé au président turc Recep Tayyip Erdogan de se débarrasser de ce matériel. Selon des informations de presse parues en mai dernier, les services de renseignement turcs avaient intercepté à l'aéroport d’Istanbul un lot de bipeurs piégés, trois jours après les explosions meurtrières au Liban de ces engins de communication. Ces bipeurs seraient arrivés en provenance de Hong Kong le 16 septembre, et devaient être expédiés à Beyrouth le 27 septembre.
Le chef du Hezbollah a par ailleurs évoqué « la brèche dans le réseau de communication » de son parti, soulignant que l'Etat hébreu avait recueilli des « données » sur son parti pendant 17 ans, notamment grâce aux écoutes et aux drones. «Nous avions été informés de l'existence d'écoutes, mais nous ne savions pas que c'était à ce niveau », a-t-il avoué. Naïm Kassem a en outre révélé la formation d'un comité d'enquête central au sein de son parti pour faire la lumière sur les « infiltrations » dont le parti a été victime.
« Nous ne patienterons pas indéfiniment »
Commentant la situation actuelle au Liban, Naïm Kassem a souligné que la résistance « ne sera pas patiente indéfiniment ». Concernant une possible riposte du parti aux agressions quasi quotidiennes de l'armée israélienne, il a indiqué ne pas être en mesure de dire « quand, comment et de quelle manière » elle aura lieu. « La confrontation aura lieu lorsque la décision sera prise. Il n'y a pas de troisième option entre la victoire et le martyre », a-t-il souligné, assurant que sa formation « ne considère pas la capitulation comme option ». « Le Hezbollah est en train de se rétablir et il est prêt maintenant. Si Israël attaque, nous ne resterons pas les bras croisés, nous combattrons », a-t-il déclaré.
L'armée israélienne poursuit ses attaques au Liban de manière quasi quotidienne, malgré un cessez-le-feu signé le 27 novembre dernier. L'armée israélienne a affirmé avoir tué un responsable de l'unité Badr du Hezbollah (chargée de la collecte de renseignements et de missions de reconnaissance, ndlr) dans une frappe mardi soir à Babliyé, dans le caza de Saïda. Israël a également mené mardi une frappe inédite à Tripoli, au Liban-Nord, tuant un responsable du Hamas.
« Le désarmement n'est pas un projet acceptable »
Interrogé sur le démantèlement de 500 dépôts d'armes moyennes et lourdes au Liban-Sud après la mise en place du cessez-le-feu, le numéro un du Hezbollah a répondu : « Ils parlent de ce qu'ils ont vu au sud du Litani, mais le pays est vaste, Dieu merci ».« Les armes ne sont pas ce qui maintient le Hezbollah en vie, mais le désarmement n'est pas un projet acceptable parce qu'il affaiblit le Liban », a-t-il déclaré : « Nous considérons que les armes sont la raison pour laquelle le Liban reste fort, et nous n'acceptons pas que le Liban soit affaibli. « Le Liban est fort de sa résistance, de son armée et de son peuple », a-t-il ajouté.
Le cheikh Kassem a révélé par ailleurs que « les États-Unis et certains pays arabes font pression sur le président Joseph Aoun, lui demandant de recourir à l'armée même si cela voudra dire qu'il entre en confrontation avec la résistance ».
Le désarmement du Hezbollah est de plus en plus évoqué, tant sur la scène interne qu'à l'international. Le sujet a été débattu cette semaine avec l'émissaire américain Tom Barrack, qui a effectué une visite à Beyrouth pour discuter avec les responsables libanais de la « feuille de route » américaine à ce sujet. M. Barrack a affirmé lors d’une interview diffusée mardi soir sur la chaîne LBCI que le président américain Donald Trump « n’avait pas de patience » et que « si le Liban souhaite continuer à repousser ce problème, les États-Unis ne seront plus là pour en discuter ».
Le cheikh Kassem a par ailleurs souligné que le Hezbollah était « favorable au maintien de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), à condition qu'elle s'en tienne à sa mission », expliquant que le parti n'était « pas favorable à ce que les Casques bleus pénètrent de manière indépendante dans les propriétés privées et les villages », mais « qu'elles doivent demander la permission à l'armée libanaise ». De nombreux incidents ont opposé, ces dernières semaines, des soldats de la Finul à des « habitants » du Liban-Sud, mécontents de voir les Casques bleus mener leurs patrouilles sans escorte de l'armée.
Commentant la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie en décembre dernier, le cheikh Kassem a souligné que « ce qui s'est passé a certainement été une perte pour l'axe de la résistance, parce que la Syrie était une voie de soutien militaire ». Le leader du Hezbollah a par ailleurs estimé que les discussions récentes au sujet d'une normalisation possible entre la Syrie et Israël étaient « très dangereuses » et que la Syrie « ne devrait pas se lancer dans la normalisation ».




C’est quoi le but des discours de Kassem, sinon se convaincre lui même de la pseudo puissance de son parti qui peine à réaliser que tout ce qu’il a construit sur des mensonges et des apparts est parti en fumée et a fait qu’ils ont été démasqués. Les pauvres, ils sont animés de bonne volonté pour marquer au moins un point gagnant à leur registre foireux mais ne trouvent, comme vient de l’annoncer leur nouveau leader, ni la manière ni les moyens pour y parvenir. Ils savent ce qu’il leur reste à faire pour arrêter les dégâts et surtout pour rester en vie même vaincus et déculottés
21 h 40, le 09 juillet 2025