Au cœur des entretiens de l’émissaire américain Thomas Barrack à Beyrouth, le Hezbollah suit de près les développements et ses antennes fonctionnent à pleine capacité pour détecter les moindres détails. Dans une première évaluation des discussions, le Hezbollah estime que l’atmosphère générale est plutôt positive. Surtout après les menaces et les pressions véhiculées par certains médias avant le début de la visite de Barrack.
Sans aller jusqu’à dire que ce climat était l’expression des désirs de certaines parties internes, un responsable du Hezbollah estime qu’il visait essentiellement à faire pression sur la formation pour qu’elle cède à toutes les exigences figurant dans le document remis par l’émissaire américain aux autorités libanaises. Or, toujours selon le même responsable, ce document de six pages avait été jugé inacceptable par le Hezbollah qui avait transmis cette réponse aux responsables. Ils se sont donc attelés à en préparer un autre, de sept pages, qui a été remis à Thomas Barrack et dont le Hezbollah a pris connaissance.
À ce stade, le Hezbollah estime qu’un grand changement a eu lieu entre la première visite de Thomas Barrack à Beyrouth, alors que la guerre entre l’Iran et Israël faisait rage, et la seconde. Alors que l’émissaire américain avait utilisé la première fois un ton très ferme à l’égard des Libanais, cette fois, il a été bien plus conciliant. Pour le Hezbollah, il s’agit d’un indice concluant sur l’évaluation américaine de la situation générale dans la région et au Liban en particulier, après la guerre entre l’Iran et Israël et les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes. Selon le responsable précité, les Américains ont certainement compris que l’Iran est une puissance régionale avec laquelle il faut compter et que le Hezbollah a encore une certaine force qui ne peut être ignorée. Le responsable du Hezbollah estime ainsi que les Américains sont revenus à plus de « réalisme » et, selon lui, la politique actuelle serait de dire que « ce qu’on peut obtenir pacifiquement est préférable à ce qu’on peut obtenir par la guerre, même si cela prend plus de temps ». Le Hezbollah reprend ainsi la formule du président américain Donald Trump qui disait vouloir utiliser la force pour faire la paix. Trump n’a donc pas l’intention de rallumer les guerres et, pour le Hezbollah, en dépit des rumeurs qui circulent, les risques d’un nouveau conflit restent minimes. Il ne croit pas non plus à une guerre interne libanaise. Par conséquent, il faut poursuivre les négociations dans un esprit positif et en plaçant l’intérêt national en tête des préoccupations.
Pour en revenir au document transmis par Barrack aux responsables, le Hezbollah l’a donc totalement rejeté. D’abord parce qu’il considère qu’il s’agit d’un nouvel accord qui n’a rien à voir avec le précédent, entré en vigueur le 27 novembre dernier, et ensuite parce qu’il ne comporte aucun engagement de la part d’Israël. C’est pourquoi, dans sa réponse aux responsables, le Hezbollah a affirmé qu’il faut revenir à l’accord déjà conclu et en plus discuter des moyens de pousser Israël à en remplir sa part.
Selon le cadre de la formation, cette réponse a été bien accueillie par les responsables, en particulier le président de la Chambre et même par le chef de l’État. Le Hezbollah n’a toutefois pas voulu afficher clairement son rejet du document américain. Il a cherché un moyen de l’exprimer à sa manière et le climat de Achoura a permis au secrétaire général Naïm Kassem de hausser graduellement le ton jusqu’à son dernier discours dimanche qui a clairement défini sa position: le Liban se trouve face à un choix, soit la paix à travers l’application de l’accord, soit la confrontation. Le Hezbollah est ouvert au dialogue sur les plans interne et externe, il pose toutefois des questions sur les garanties qui doivent être fournies sur l’exécution de l’accord par les Israéliens.
Pour atténuer l’impact de sa position, le Hezbollah a rappelé, dans ses discussions avec les responsables, qu’il a voté en faveur de la déclaration ministérielle, en accordant sa confiance au gouvernement dont il fait d’ailleurs partie. Or cette déclaration prévoit le monopole des armes par l’État. Le Hezbollah a aussi participé à l’élection du président de la République qui a lancé cette idée dans son discours d’investiture. Il ne rejette donc pas l’idée de remettre ses armes à l’État, mais il faut auparavant s’entendre sur une stratégie nationale de défense qui doit faire l’objet d’un dialogue interne. Il faut préciser à cet égard qu’un plan en ce sens a déjà été proposé par les Américains. Il prévoit un processus de remise des armes par étapes et par régions. La première étape commence par Beyrouth et la banlieue sud parce qu’il s’agit, aux yeux des Américains, de démanteler, entre autres, les usines de fabrication de drones. La seconde englobe la Békaa et le Nord et la troisième la région au nord du Litani.
Sans se prononcer clairement sur ce plan, le Hezbollah préfère répéter que la question de ses armes doit être réglée en interne. Le responsable de la formation confie que ce sujet a été abordé entre le chef de l’État et la délégation du Hezbollah. Le premier avait déclaré que les missiles de longue portée ne sont plus utiles et la délégation du Hezbollah avait répondu que si elle acceptait de les remettre à l’État dans un tel contexte, son environnement populaire, lui, refuserait une telle démarche.
Les discussions peuvent donc prendre du temps et elles doivent se faire dans l’esprit de ne pas faire sentir à une large couche de la population qu’elle est brisée et vaincue.
Mais, selon le même responsable, le fait que la formation possède encore une certaine force ne peut pas constituer une justification pour qu’Israël lance une nouvelle guerre contre le Liban. Surtout que le Liban et le Hezbollah en particulier sont en train d’exécuter strictement leur part de l’accord de cessez-le-feu. Le responsable du Hezbollah ne s’attend donc pas au déclenchement d’une nouvelle guerre, au Liban ou en Iran, après la rencontre entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Selon lui, le ton relativement conciliant de Thomas Barrack n’est pas seulement dû à son habileté diplomatique mais aussi au rapport actuel des forces.


Ben oui, il a compris l'américain, il est trop fort le hezb et les iraniens ils ont gagnés, comme le hezb. Alors il la joue diplomate le ricain. Il a pas le choix. Ils sont trop fort le hezb. Sur qu'ils sont très fort. En plus la baaaseu populaire ils veulent les roquettes. Leurs villages, leurs champs, leurs commerces, maisons, tout quoi, il l'a dit le mec. Ils veulent les roquettes. Ca a de la gueule, et calait du bruit. Comme pendant les mariages mais en mieux. Allez Arlette faut continuer. Super Anna Lise.
17 h 03, le 08 juillet 2025