Des combattants du Hezbollah lors d’une démonstration militaire devant les médias le dimanche 21 mai 2023, à Aaramta, au Liban-Sud. Photo d'archives Jad Abou Jaoudé
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite Amal-Hezbollah, a mis en garde, de manière voilée, les autorités libanaises contre toute « erreur de calcul » dans leurs décisions politiques, qui pourrait mener à une « catastrophe sécuritaire et nationale », alors que le Liban étudie actuellement la proposition américaine présentée par l’émissaire Tom Barrack, qui demande le retrait des armes de toutes les factions libanaises et non libanaises avant novembre.
Le Liban doit être sauvé de la « phase la plus dangereuse de son histoire et toute erreur de calcul risque d'entraîner le pays dans une catastrophe sécuritaire et nationale », a-t-il déclaré, ajoutant que l' « État porte la responsabilité de la politique la plus périlleuse de son histoire.»
Le Hezbollah affirme avoir déjà respecté le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 en déposant ses armes au sud du Litani. Il considère que la question de son arsenal au nord relève d’un dialogue interne avec le président Joseph Aoun, inscrit dans une stratégie nationale de défense, et refuse toute contrainte ou échéance imposée. Le parti chiite pose plusieurs conditions, notamment le retrait israélien des zones occupées, la libération des prisonniers et la fin des violations. Le Liban devrait rendre sa réponse à la proposition de Tom Barrack lundi, lors d'une visite de ce dernier à Beyrouth.
Le mufti jaafarite a encore affirmé que le Liban se trouve au cœur de l' « incendie » et a accusé les « politiques internationales et régionales » de vouloir entraîner le Liban dans « des crises internes et confessionnelles afin de le réutiliser dans le chaos de la région» dans un contexte, selon lui, de façonnement d'un nouvel ordre régional. Il a ainsi déclaré que le président Joseph Aoun possède de « grandes capacités nationales », et dit « miser beaucoup sur sa sagesse.»
« Sans un accord entre l’Iran, la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Égypte, la région sera remplie de projets internationaux qui augmenteront le niveau de discorde et de destruction dans une zone déjà secouée, au bord de crises majeures », a-t-il alerté.
Une déclaration qui s'inscrit dans la lignée du discours de Naïm Kassem, mercredi soir, retransmis à l'occasion de la septième nuit des commémorations d’Achoura au complexe Sayyed al-Chouhada, dans la banlieue sud de Beyrouth. Le numéro du parti de Dieu a souligné que « les questions internes » libanaises doivent être « traitées et décidées en interne, sans aucune intervention israélienne ou étrangère » après avoir déclaré que les « menaces ne fonctionnent pas avec nous, et nous n’acceptons pas de remettre nos armes à Israël »
Le Hezbollah et Israël ont mené une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre octobre 2023 et novembre 2024, à la suite du conflit à Gaza, qui a affaibli le parti chiite. Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre, l’armée israélienne occupe toujours cinq positions au Liban-Sud et continue de violer l’accord par des bombardements quasi-quotidiens dans cette région et plus épisodiquement dans la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth.



Kabalan: "Le Liban est dans la phase la plus dangereuse de son histoire " Il a raison sauf que la phase dangereuse est l’existence du Hezbollah et ses armes en soi même. Si l’état ne le neutralise pas le pays sera réellement en danger. Surtout les Chiites. Qassem: « Nous n’acceptons pas de remettre nos armes à Israël » Franchement qui a jamais demandé au Hezbollah de remettre ses armes a Israël? Sauf s'il considère notre armée nationale une branche de Tsahal donc un ennemi. Cela révèle le degré de traîtrise et d'hypocrisie de ces gens la. Trêve de palabre il faut passer aux arrestations!
11 h 51, le 04 juillet 2025