Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'exprimant à la tribune du palais de Baabda, le 14 janvier 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a assuré lors d'un entretien publié mercredi par le quotidien libanais an-Nahar que la proposition de l'émissaire américain Thomas Barrack aux responsables libanais concernant le désarmement du Hezbollah d'ici aux prochains mois ne constitue « pas un ultimatum ».
« Barrack nous a présenté sa vision, qui ne prenait pas la forme d’un ultimatum. Nous préparons un ensemble d’idées et d’observations pour lui répondre », a ainsi déclaré Nawaf Salam, tandis que M. Barrack, au nom de l’administration de Donald Trump, dont il est l'envoyé spécial pour la Syrie et ambassadeur en Turquie, aurait indiqué que le désarmement complet devrait être achevé d’ici à novembre ou au plus tard décembre, selon les informations de l'agence Reuters.
« La situation avance dans un sens positif avec les présidents (de la République) Joseph Aoun et (du Parlement) Nabih Berry », a précisé le Premier ministre, qui souligne que parvenir à une « réponse libanaise unifiée » à la proposition de M. Barrack « sert l’intérêt du pays ». L'Orient-Le Jour a appris d'une source informée que l'émissaire américain sera de retour au Liban lundi prochain. Il aurait demandé aux responsables libanais de lui faire part de leur réponse et d’éventuelles modifications d’ici au 1er juillet. La réponse libanaise aurait dû être envoyée mardi soir à l’ambassade américaine, mais il a été convenu qu’elle fasse d’abord l’objet de discussions entre Nabih Berry et son allié chiite.
Dans ce contexte, M. Salam a demandé à M. Barrack, selon an-Nahar, « des garanties réelles conduisant effectivement au retrait d’Israël des territoires occupés dans le Sud et empêchant la répétition de ses agressions et violations de la souveraineté du Liban », tout en mettant l'accent sur la « reconstruction du Sud ».
Le dernier conflit entre le Hezbollah et Israël a éclaté le 8 octobre 2023, un jour après l’opération du Hamas en Israël qui a entraîné Gaza dans une spirale de violence. Cette guerre, qui a connu un pic d’intensité entre septembre et novembre 2024 au Liban, a laissé le Hezbollah affaibli et privé de ses principaux dirigeants. Elle s’est terminée par un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, basé sur la résolution 1701 des Nations unies (la même qui avait mis fin à la guerre de 2006), stipulant le désarmement du Hezbollah au Liban-Sud, et progressivement dans tout le pays. Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne continue d’occuper cinq points au Liban-Sud, et ses violations sont quotidiennes au Liban.
« Un certain nombre de réformes dans le secteur financier n’ont pas encore été réalisées »
Sur le plan interne, le Premier ministre a également brièvement évoqué le dossier des réformes, ainsi que celui des élections législatives de 2026. « Un certain nombre de réformes dans le secteur financier n’ont pas encore été réalisées », a admis Nawaf Salam, alors que la restructuration du secteur bancaire reste bloquée par un bras de fer politico-financier, dans un pays en grave crise économique depuis 2019. « La coordination est parfaite avec le ministre (des Finances) Yassine Jaber » a toutefois souligné M. Salam.
Concernant les élections législatives, M. Salam a indiqué « sa ferme détermination à organiser l'échéance à la date prévue, sans entrer dans aucune logique de report », alors que la question du vote des expatriés et la modification de la loi électorale continuent de diviser la classe politique.



Nous perdons du temps et nous tournons en rond ... et plus personne n'est prêt à entamer cette danse macabre dont nous avons le secret au Liban ...
17 h 35, le 03 juillet 2025