Le Premier ministre Nawaf Salam lors de son discours le 2 juillet 2025 au Conseil économique, social et environnemental. Photo tirée du compte Facebook de la Présidence du Conseil des ministres.
Le Premier ministre Nawaf Salam a dressé le bilan des actions de son gouvernement et présenté sa vision ainsi que les défis devant des représentants des instances économiques et des professions libérales, des syndicats de travailleurs, des membres du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ainsi que des représentants de la société civile, lors d’une visite mardi au siège du CESE.
Rappelant que le taux de pauvreté au Liban atteint 33 %, que l’économie s’est contractée d’environ 40 % en cinq ans, et que les pertes entraînées par la guerre entre le Hezbollah et Israël dépassent les 14 milliards de dollars de dégâts, sans compter les milliers de victimes, M. Salam a souligné que « le salut passe uniquement par des réformes réelles, qui fondent un État moderne, capable de regagner la confiance de ses citoyens et celle du monde ».
Stabilité sécuritaire et réforme financière
Face à cette réalité, il a exposé les quatre axes prioritaires de l’action gouvernementale. Premièrement, la stabilité sécuritaire et politique, mais aussi la « reconnexion du Liban à son environnement arabe », pour qu’il puisse bénéficier du « commerce interarabe et attirer les investissements ».
Deuxièmement : la réforme financière et économique qui « constitue un pilier essentiel du redressement », de sorte à « construire un système financier et bancaire moderne, efficace et équitable », selon lui. La réforme doit être « centrée sur la transparence, la modernisation du secteur bancaire et la répartition équitable des pertes », a-t-il ajouté. À ce niveau, il a indiqué que « l’économie ne peut être relancée sans la réactivation des crédits bancaires. Le secteur bancaire n’est pas un simple intermédiaire financier, mais un moteur-clé de la croissance, de l’investissement et de l’activité productive », a noté le Premier ministre.
Concernant son gouvernement, il a mis en avant l’adoption de la loi sur la levée du secret bancaire, le chantier de la restructuration du secteur bancaire, et la relance des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) avec qui il vise à « conclure un accord avant la fin de (son) mandat », alors que l’ancien accord, signé en 2022, était devenu obsolète. Il a également évoqué des projets concrets comme le développement de l’aéroport de Qleyaat, « dont le plan directeur a été achevé et pour lequel une étude de faisabilité est entamée en vue de son lancement, en raison de son impact majeur, notamment pour le Nord », la relance du tourisme et la tenue « d’une conférence d’investissement à l’automne pour rouvrir le Liban aux capitaux productifs ».
Gouvernance et reconstruction
Le troisième volet abordé est relatif à la gouvernance et la réforme administrative, « pierre angulaire du redressement national », selon les propos du Premier ministre. Il a avancé le nouveau mécanisme de recrutement dans le secteur public, mis en place par son gouvernement, « basé sur la transparence, le mérite et la compétence », et selon lequel le président et les membres du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) ont été récemment nommés. Les nominations des autorités de régulation de l’électricité, des télécommunications et de l’aviation civile devraient suivre « après des années de blocage », a-t-il annoncé.
Nawaf Salam a ajouté que son gouvernement « a approuvé le projet de loi sur l’indépendance de la justice, étape essentielle pour protéger la justice des ingérences et restaurer la confiance des citoyens », et a « annulé les décrets illégaux liés aux biens maritimes publics », et « arrêté le renouvellement des licences pour les carrières illégales ».
Le quatrième et dernier axe évoqué par le Premier ministre concerne la reconstruction des zones endommagées par la guerre, présentée à la fois comme un projet technique, économique et humain.




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21 h 14, le 03 juillet 2025