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De Boum à boom

Chère lectrice, cher lecteur,

Du vacarme des bombes aux soupirs des synthés, en passant par les couloirs feutrés d’une église parisienne, la scène culturelle libanaise, cette semaine, nous en a fait entendre de toutes les couleurs.

À Beyrouth, l’artiste Lawrence Abu Hamdan ausculte le bruit comme arme coloniale à la galerie Sfeir-Semler, dans une exposition coup de poing qui dissèque la guerre israélienne à coups de décibels. Une autopsie sonore de l’occupation, entre fréquences politiques et silences complices.

Pendant ce temps, sur un autre front - plus intime - Sophie Marceau confiait à L’Orient-Le Jour : « On ne m’a pas volé mon intimité, on me l’a violée ». La fille de La Boum n’a rien perdu de sa voix, ni de sa lucidité, elle qui continue de danser en équilibre entre icône et femme libre.

Côté musique, le Liban fait peau neuve. Huit artistes, de la scène indie à l’électro, réinventent les rythmes du pays, entre rage, douceur et désir d’avenir. Comme eux, El Mehdi, enfant de Marrakech et Montréal, fait résonner le spleen amazigh dans un morceau aussi viscéral qu’engagé : un cri venu des tripes, enregistré au musée Yves Saint Laurent.

À Rotterdam, Micheline Nahra cuisine la mémoire. Ses recettes sont des archives orales, des madeleines exilées qui réconcilient le Sud-Liban avec l’Europe du Nord, une bouchée à la fois.

Sur les podiums, les écoles de mode libanaises rallument la flamme. Malgré la crise, la relève est là, audacieuse, stylée, et surtout bien décidée à faire du fil un fil conducteur vers des jours meilleurs.

Et pendant que l’église Saint-Sulpice vibrait aux accents du Liban lors des Musicales du Liban à Paris, un vent d’Est soufflait sur la planète : les poupées Labubu, mascottes kawaii et redoutables du soft power pékinois, séduisent jusqu’à Rihanna. La preuve que même les créatures les plus objectivement moches peuvent devenir des icônes globales.

À l’ère du marketing, le bizarre est décidément bankable…

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel 

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