L’émissaire américain Thomas Barrack à Aïn el-Tiné, le 19 juin 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
La réponse libanaise à la feuille de route américaine est désormais entre les mains de Nabih Berry. L’Orient-Le Jour a appris de source informée que cette réponse, fruit d’un travail acharné depuis le week-end entre les trois présidents, devait être finalisée mardi soir puis sera soumise par le président du Parlement au Hezbollah, qui pour l’heure reste ferme sur ses positions. Le parti chiite, rappelle-t-on, exige un retrait israélien du Liban-Sud et des garanties internationales sur la fin des frappes ciblées et la libération des prisonniers. Il rejette aussi toute échéance imposée pour son désarmement et insiste sur la nécessité de relancer le dialogue autour de la stratégie de défense. L’émissaire américain Thomas Barrack est attendu lundi prochain à Beyrouth, selon la même source. Si M. Berry parvient à arracher un feu vert du Hezbollah, un Conseil des ministres sera convoqué pour que le gouvernement dans son ensemble avalise la réponse libanaise.
La réponse de Beyrouth devrait souligner l’engagement du Liban pour que l’État détienne le monopole des armes et rappeler que les autorités travaillent activement sur ce dossier et que l’armée poursuit ses efforts en ce sens. Le Liban exigera également le retrait d’Israël des points toujours occupés au Sud, l’arrêt des agressions et le lancement des travaux de reconstruction.
Les demandes américaines ont été transmises à Beyrouth le 19 juin par Thomas Barrack, envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie et ambassadeur en Turquie. L’émissaire US avait remis aux responsables une feuille de route écrite de six pages, leur demandant de lui faire part de leur réponse et d’éventuelles modifications d’ici au 1er juillet. En effet, selon la source précitée, la réponse libanaise aurait dû être envoyée mardi soir à l’ambassade américaine, mais il a été convenu qu’elle fasse d’abord l’objet de discussions entre Nabih Berry et son allié chiite. Le document américain, centré sur le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés, appelle en outre à un réchauffement des relations avec la Syrie voisine et à des réformes financières. Il prévoit un désarmement progressif du Hezbollah, en contrepartie d’un retrait des troupes israéliennes des zones qu’elles occupent au Liban-Sud.
Fin des frappes et reconstruction
M. Barrack aurait indiqué que le désarmement complet devrait être achevé d’ici à novembre, selon l’agence Reuters. Ce processus mettrait fin aux frappes israéliennes contre les membres du Hezbollah et permettrait de débloquer des fonds pour reconstruire les zones détruites par l’État hébreu. Washington a prévenu qu’il ne soutiendrait aucune reconstruction tant que le parti chiite n’aura pas rendu ses armes. Le projet évoque aussi un mécanisme, sous supervision onusienne, pour garantir la libération par Israël de prisonniers liés au Hezbollah.
L’émissaire américain aurait exhorté les responsables à saisir cette opportunité, affirmant qu’elle « ne se représentera peut-être pas ». Le plan n’a pas toutefois reçu encore l’approbation d’Israël, ni du département d’État, souligne-t-on de même source.
Le dernier conflit entre le Hezbollah et Israël a éclaté le 8 octobre 2023, un jour après l’opération du Hamas en Israël qui a entraîné Gaza dans une spirale de violence. Cette guerre, qui a connu un pic d’intensité entre septembre et novembre 2024 au Liban, a laissé le Hezbollah affaibli et privé de ses principaux dirigeants. Elle s’est terminée par un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, basé sur la résolution 1701 des Nations unies (la même qui avait mis fin à la guerre de 2006), stipulant le désarmement du Hezbollah au Liban-Sud, et progressivement dans tout le pays. Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne continue d’occuper cinq points au Liban-Sud, et ses violations sont quotidiennes au Liban.
Depuis la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah, les autorités libanaises affirment démanteler l’infrastructure militaire de la formation pro-iranienne dans le Sud. Mais Israël poursuit ses frappes visant des objectifs liés au Hezbollah, et reproche au pouvoir libanais de ne pas en faire assez pour le désarmer.
Le Hezbollah n’a pas encore réagi publiquement à la proposition américaine. Mais lundi, son secrétaire général Naïm Kassem a réaffirmé à la télévision son rejet des pressions américaines et israéliennes, appelant les Libanais à faire de même. « Nous avons le droit de dire non à l’Amérique, non à Israël, a-t-il lancé. Nous appelons les Libanais à ne pas aider Israël et les États-Unis dans leurs plans. » Selon lui, ces deux pays « veulent exploiter le moment pour imposer leur propre équation à l’ensemble de la région ».



Aoun 2 ne vaut guère mieux que Aoun 1. C’est une pénible constatation wui nous affecte en premier. Il vient nous montrer ses limites en octroyant à Berry, comme l’autre avant lui, le principal rôle pour régler notre problème. Lui ui s’est attelé depuis des décennies à le créer de toute pièces avec cases alliés vendus. On n’est pas sorti de l’auberge.
11 h 36, le 02 juillet 2025