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Moyen-Orient - Dans La Presse

Des efforts américains en vue d’un deal nucléaire avec l’Iran, selon CNN

Selon le média américain, les pays du Golfe pourraient investir jusqu’à 30 milliards de dollars dans un programme nucléaire civil iranien sans enrichissement. 

Des efforts américains en vue d’un deal nucléaire avec l’Iran, selon CNN

Le président américain Donald Trump rentre à Washington après le sommet de l’OTAN en Europe, le 25 juin à la base Saint Andrews dans le Maryland. Kent Nishimura/Getty Images North America/Getty Images via AFP

Si le président américain avait déclaré mercredi 25 juin qu’il ne pensait pas qu’un « (accord sur le nucléaire) était si nécessaire », l’administration de Donald Trump a partagé plusieurs propositions aux Iraniens pour un règlement de la question nucléaire, selon des révélations de CNN. Les deux parties seraient restées en contact même durant la guerre lancée par Israël contre l’Iran le 13 juin et qui s’est conclue par l’annonce d’un cessez-le-feu le 24 juin. 

D’après le média américain, Washington permettrait à l’Iran, dans une de ses propositions, de développer un programme nucléaire civil, mais sans enrichissement. Les États-Unis faciliteraient ainsi l’accès de l’Iran à 20 à 30 milliards de dollars, assurés par des investissements de leurs alliés du Golfe. Ces derniers pourraient aussi financer la reconstruction du site de Fordo, bombardé par les Américains la semaine dernière. Des discussions à ce sujet se sont tenues vendredi 20 juin à la Maison-Blanche entre Steve Witkoff, envoyé spécial US pour le Moyen-Orient, et des représentants du Golfe, moins de deux jours avant les frappes américaines en Iran. L’idée d’un consortium régional d’enrichissement d’uranium incluant l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avait déjà été proposée avant-guerre, sans que la question de sa localisation ne soit réglée, Téhéran souhaitant qu’il soit établi sur son territoire, les États-Unis et les pays du Golfe n’y étant pas forcément favorables. Selon CNN, Washington ne souhaite pas s’impliquer lui-même financièrement. 

L’Iran tient à sa ligne rouge sur l’enrichissement 

Du côté iranien, l’ambassadeur à l’ONU, Amir-Saeid Iravani, a déclaré cette semaine dans une interview exclusive à al-Monitor que Téhéran soutenait toujours l’établissement d’un consortium régional. À la condition que celui-ci coexiste avec un programme domestique d’enrichissement, ligne rouge de Téhéran. Ce point de contention semble donc encore sur la table. La République islamique persiste à tenir sa ligne rouge sur sa capacité à enrichir domestiquement de l’uranium, justifiant de son droit en tant que signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Cette position reste inacceptable pour Washington et Tel-Aviv. Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a néanmoins indiqué avoir reçu l’autorisation des États-Unis de frapper à nouveau le programme iranien si celui-ci faisait signe de progrès. 

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Si Donald Trump avait annoncé que les négociations reprendraient la semaine prochaine, le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a pour sa part démenti toute rencontre imminente. Sur la question de l’uranium enrichi, l’émissaire iranien aux Nations unies a déclaré que placer les stocks domestiques sous surveillance de l’AIEA pouvait être envisagé, tandis que Téhéran serait prêt à transférer son stock enrichi à 20 % et 60 % dans un pays tiers, en échange de concentré d’uranium. En décembre 2015, suite à la signature du JCPOA, l’Iran avait transféré en Russie son stock d’uranium enrichi à 20 % en échange de concentré d’uranium. Si le Parlement iranien a voté en faveur d’une suspension de la collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) – seule la signature du président iranien manquant pour faire entrer la mesure en vigueur –, l’ambassadeur Iravani a précisé que cela ne signifiait pas pour autant une sortie du TNP. La question de l’inspection des sites nucléaires qui seraient encore autorisés par un accord sera probablement abordée durant les discussions. 

Un allégement des sanctions US envisagé

Selon les révélations de CNN, les Américains proposeraient en outre à l’Iran d’autres incitations. Elles prendraient la forme d’une réduction des sanctions ou encore d’un dégel des 6 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués dans des banques qataries – qui avaient été dégelés par Joe Biden en 2023 mais que les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 ont de nouveau bloqués. Ces propositions font aussi écho à une déclaration du président américain Donald Trump le 24 juin sur son réseau Truth Social évoquant la possibilité pour la Chine d’acheter du brut iranien. Un revirement par rapport à la politique de « pression maximale » remise en place au début de son second mandat, alors que l’administration Biden avait fermé les yeux sur les exportations de pétrole iranien vers la Chine. 

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Si Steve Witkoff souhaite un accord de paix global avec l’Iran, qui permettrait de stabiliser le fragile cessez-le-feu entre Israël et l’Iran, les propositions américaines restent encore floues et reflètent diverses opinions à Washington. De l’autre côté, la position iranienne reste également inflexible sur la poursuite de son programme de missiles balistiques, une des cibles de la campagne israélienne contre Téhéran. Le chef de la diplomatie iranienne a également évoqué une potentielle demande de réparations suite aux frappes des deux dernières semaines. 

Les échanges pour préparer des discussions – que l’administration souhaiterait sans intermédiaire – interviennent dans un contexte d’incertitudes quant à l’efficacité des frappes américaines contre les sites nucléaires iraniens. Plusieurs rapports préliminaires feraient état de dommages modérés au programme, qui ne serait retardé que de quelques mois. Des images satellites montreraient des camions à Fordo peu avant les frappes qui pourraient avoir déplacé l’uranium enrichi hors du site ou fermé des tunnels menant aux stocks. Malgré ce flou, les Américains restent confiants dans la possibilité d’obtenir un accord bilatéral, toujours selon CNN.  

Si le président américain avait déclaré mercredi 25 juin qu’il ne pensait pas qu’un « (accord sur le nucléaire) était si nécessaire », l’administration de Donald Trump a partagé plusieurs propositions aux Iraniens pour un règlement de la question nucléaire, selon des révélations de CNN. Les deux parties seraient restées en contact même durant la guerre lancée par Israël contre l’Iran le 13 juin et qui s’est conclue par l’annonce d’un cessez-le-feu le 24 juin. D’après le média américain, Washington permettrait à l’Iran, dans une de ses propositions, de développer un programme nucléaire civil, mais sans enrichissement. Les États-Unis faciliteraient ainsi l’accès de l’Iran à 20 à 30 milliards de dollars, assurés par des investissements de leurs alliés du Golfe. Ces derniers pourraient...
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