Des femmes arborant un drapeau du Hezbollah et faisant le signe de la victoire, le 27 novembre 2024 dans la banlieue sud de Beyrouth, au premier jour du cessez-le-feu avec Israël. Mohammad Yassine/Archives L’Orient-Le Jour
Une lettre rédigée par les chefs du Hamas Mohammad Deif, Yahya Sinouar et Marwan Issa (tous trois tués par l’armée israélienne), adressée à Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah assassiné en septembre 2024 par l’État hébreu, et au commandant du corps palestinien au sein de la Force al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) Saeed Izadi (lui aussi tué par Israël lors de la dernière guerre contre l’Iran), a été découverte par les services de renseignements israéliens suite à l’assassinat de Mohammad Sinouar, le 13 mai dans une frappe israélienne sur la bande de Gaza, rapporte mardi le Jersualem Post.
Selon les informations du site israélien, ce document, retrouvé dans un bunker utilisé par les leaders du Hamas, révèle que le Hezbollah n’était pas au courant de l’attaque du 7-Octobre menée par le Hamas, sans dire si l’Iran l’était ou non. À ce jour, plusieurs versions non officielles circulent au sujet de l’opération Déluge d’al-Aqsa : certaines affirment que le parti chiite libanais et l’Iran étaient au courant de l’attaque avant son lancement. Selon d’autres, le Hezbollah et Téhéran auraient même pris activement part à sa préparation.
« L’hésitation pourrait mener à l’effondrement de l’axe de la résistance »
Selon la missive évoquée par le JPost et qui aurait été envoyée le matin même de l’attaque, les dirigeants du Hamas ont présenté « leurs plus plates excuses à Hassan Nasrallah pour ne pas l’avoir informé à l’avance, le suppliant de se joindre à l’effort de guerre ». Le Hamas y exhorte Hassan Nasrallah à intervenir, invoquant « un devoir moral de défendre al-Aqsa et de répondre à l’appel des martyrs de Gaza, de la Syrie et du Liban ». Le mouvement palestinien aurait conclu sa lettre par une mise en garde : « L’hésitation pourrait mener à l’effondrement de l’axe de la résistance. »
Le JPost précise que la lettre décrivait en détail l’offensive prévue et la manière dont le Hamas envisageait la participation du Hezbollah dans sa « campagne de destruction d’Israël ». « Lorsque vous lirez ces mots, des milliers de combattants du jihad des Brigades al-Qassam iront attaquer des cibles de l’occupation sioniste criminelle, bombarderont des avant-postes ennemis, des centres de population, des aéroports et des carrefours dans la région sud de la Palestine occupée. Elles franchiront la barrière de séparation pour affronter et combattre les forces d’occupation et s’empareront de positions militaires et civiles dans la région, capturant un grand nombre de soldats ennemis. » Selon les propos cités, le Hamas estimait que cette offensive allait marquer un tournant décisif, envisageant même la chute d’Israël et l’émergence d’un nouvel ordre dans la région.
En mars dernier, des investigations menées par les services de renseignements israéliens basées sur des documents saisis par l’armée israélienne à Gaza durant son offensive terrestre sur l’enclave dès octobre 2023 avaient révélé que le Hamas aurait sollicité un soutien financier auprès de l’Iran et du Hezbollah et aurait abordé l’éventualité d’une attaque militaire conjointe visant à « détruire » Israël.
Quelques heures après le début de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, l’armée israélienne lançait son offensive contre Gaza. Le conflit, qui a fait plus de 55 000 morts palestiniens selon les chiffres officiels, se poursuit à ce jour, alors que le Hamas a subi de lourdes pertes. Le Hezbollah avait, lui, lancé sa première attaque depuis le Liban contre Israël le 8 octobre, au lendemain de l’opération Déluge d’al-Aqsa, affirmant ouvrir un « front de soutien » avec le Hamas. Le conflit entre le Liban et l’État hébreu s’est ensuite transformé en guerre ouverte entre septembre et novembre 2024. Un conflit au cours duquel le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et le commandement militaire du parti chiite ont été assassinés. Grandement affaiblie par la guerre, la formation pro-iranienne a accepté un cessez-le-feu entre le Liban et Israël le 27 novembre 2024. Le 13 juin, Israël lançait une série de bombardements et d’assassinats contre l’Iran, déclenchant une guerre de 12 jours durant laquelle Téhéran a riposté en tirant des centaines de missiles balistiques vers l’État hébreu. Un conflit au cours duquel le Hezbollah n’est pas intervenu.



Pour manifester et scander des âneries, ils sont toujours présent en temps de paix. Mais dès qu’un coup de feu est tiré, ils fuient comme des lapins les zones chaudes pour se refugier chez nous
10 h 38, le 27 juin 2025