Le président libanais Joseph Aoun avec la délégation de députés français au palais de Baabda, le 3 juin 2025. Photo ANI
Le président Joseph Aoun a reçu mardi au palais de Baabda une délégation de députés français accompagnés de l'ambassadeur de France Hervé Magro. Celle-ci était composée de quatre parlementaires issus de différents courants politiques : Marc Vésnove (Renaissance, parti présidentiel), Arnaud Le Gall (La France insoumise - Nouveau Front Populaire), Alexandra Masson (Rassemblement national) et Pierre Pribetich (groupe socialiste et apparentés).
Ces députés ont notamment déclaré que l’élection de l'ancien commandant en chef de l'armée libanaise a été perçue par les Français comme un « signe d’espoir pour l’avenir du Liban » et que les principes affirmés dans son discours d’investiture le 9 janvier ont été « confirmés par les réformes engagées jusqu'ici » par le gouvernement de Nawaf Salam. Ils ont également souligné que « l’ensemble des groupes représentés à l’Assemblée nationale française s’accordent à défendre l’indépendance et l’unité du Liban, et à souligner la nécessité pour la France de se tenir à ses côtés, notamment au début de ce nouveau mandat présidentiel ».
Aoun salue « l'attention » d'Emmanuel Macron pour le Liban
Le chef de l'État a pour sa part soutenu au cours de cette entrevue que « le Liban a appliqué l'accord de cessez-le-feu au Liban-Sud à la lettre » et que « l'armée s'est déployée sur plus de 85 % de la zone située au sud du Litani ». « Toutefois, ce déploiement complet jusqu'à la frontière reste entravé par l’occupation par Israël des cinq collines, la détention continue de prisonniers libanais, ainsi que la poursuite de ses actes d’agression », a-t-il poursuivi, avant de rappeler la demande du Liban auprès de la communauté internationale, en particulier à la France et aux États-Unis en tant que garants de l’accord de cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024. « La France doit exercer des pressions sur Israël pour qu’elle se retire des territoires libanais qu’elle occupe encore », a-t-il affirmé.
M. Aoun a par ailleurs salué « l’attention » que porte le président français Emmanuel Macron au Liban et son « suivi de la situation économique et sécuritaire. « Je suis en contact régulier avec lui, et il réaffirme constamment sa disposition à aider le Liban dans tous les domaines », a-t-il indiqué.
Il a aussi estimé que la coopération entre l'armée libanaise et la Finul était selon lui « excellente », et que le Liban restait « attaché au maintien de cette force au Liban-Sud pour aider l’armée à garantir la sécurité et la stabilité jusqu’à la frontière reconnue internationalement », ajoutant que « le rôle de la France dans ce domaine est fondamental ». Ces propos sont tenus, alors que des interrogations entourent le renouvellement du mandat de la troupe onusienne qui doit avoir lieu en août prochain.
Le chef de l'Etat a enfin insisté sur le « rôle essentiel » que doit jouer la compagnie TotalEnergies dans le cadre de l’exploration gazière dans les champs maritimes du Sud. La multinationale française fait partie du consortium, composé de l’italien Eni et de QatarEnergy ayant acquis des licences d’exploration et d’exploitation émises par le Liban. Mis en suspens depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023, ce dossier des hydrocarbures offshore est un point récurrent des discussions entre Beyrouth et Paris. Joseph Aoun avait directement abordé la question avec Emmanuel Macron, en marge de sa dernière visite au Liban. Le chef de l’État avait exhorté son homologue français à « inciter » l’opérateur français TotalEnergies à « reprendre » ses opérations d’exploration dans les blocs pétroliers offshore, après deux premiers forages non concluants.
L’ambassadeur de France Hervé Magro a quant à lui indiqué que l’envoyé spécial du président français, Jean-Yves Le Drian, se rendra à Beyrouth après la fête de l'Adha, qui débutera ce vendredi. Cette visite aura pour objectif de « poursuivre les discussions avec les responsables libanais sur des sujets d’intérêt commun, en particulier les réformes et la reconstruction », a-t-il dit.
La délégation française a également été reçue au Grand Sérail par le Premier ministre Nawaf Salam. La députée Brigitte Klinkert a déclaré que la délégation est venue au Liban pour témoigner son soutien au gouvernement Salam, saluant notamment son travail et les réformes qu’il propose. Elle a indiqué que la rencontre avec le Premier ministre a porté « sur la situation dans le Sud, les efforts de l’armée libanaise pour renforcer son déploiement, la nécessité de compléter le retrait israélien des points restants, ainsi que les défis liés à la reconstruction. »



Bien que le Liban ne puisse parler d'égal à égal avec la France, notre Président pourrait demander à la délégation 1-de transmettre au Président Macron la nécessité de sanctionner Israël tout comme elle l'a fait contre la Russie 2-de libérer le plus ancien prisonnier politique du monde, militant antisioniste, un libanais qui devait être libéré en 1999.
01 h 39, le 04 juin 2025