La plateforme de forage Transocean Barents à son arrivée le 16 août 2023 dans les eaux territoriales libanaises, à la recherche de gaz offshore. Photo d'archives AFP/TotalEnergies
Le président libanais Joseph Aoun a abordé vendredi au palais de Baabda le dossier des hydrocarbures offshore avec son homologue français Emmanuel Macron, en marge de la visite d'un jour de ce dernier au Liban. Le chef de l’État a exhorté son invité à « inciter » l’opérateur français TotalEnergies à « reprendre » ses opérations d’exploration dans les blocs pétroliers offshore, selon la chaîne locale LBC.
Longtemps mis en suspens, ce dossier a été aussi pénalisé par la guerre de Gaza, puis par l’ouverture du front de soutien à l’enclave palestinienne par le Hezbollah au Liban-Sud. Les premiers tirs ont en effet résonné à la frontière libano-israélienne, face aux trois blocs maritimes les plus méridionaux de la zone économique exclusive (ZEE), s’étendant vers le large et portant les numéros 8, 9 et 10.
Seule entité à avoir acquis des licences d’exploration et d’exploitation émises par le Liban dans deux des 10 blocs de la ZEE, le consortium, composé de TotalEnergies, de l’italien Eni et de QatarEnergy, a effectué deux forages qui n’ont pas donné de résultats concluants ; il a trouvé des traces insuffisantes de gaz dans le puits foré en 2020 dans le bloc 4, en face de Batroun (Liban-Nord), et rien dans le bloc 9 (Liban-Sud, à la frontière avec Israël). Longtemps bloqué par un litige frontalier entre le Liban et l’État hébreu, le forage d’exploration du bloc n°9 a été mené en 2023 après qu’un accord a été signé en octobre 2022 entre les deux pays pour résoudre leurs différends au sujet du tracé des frontières maritimes.
Selon les documents mis en ligne, neuf des dix blocs de la Zone économique exclusive libanaise sont mis en jeu, y compris le n°4 qui avait été exploré une première fois sans succès en 2020 par le consortium TotalEnergies/Eni/Novatek, devenu ensuite TotalEnergie/EniQatarEnergy, après le départ de la société russe sur fond de tensions internationales liées à la guerre en Ukraine.
Cependant, bien que le pays ait lancé un troisième round d’attribution de licences d’exploration et d’exploitation fin décembre 2023, le consortium n’a finalement pas paraphé les contrats pour l’exploration et l’exploitation des blocs numéros 8 et 10 dans les délais impartis, et n’a pas demandé d’extension, probablement en raison d’un désaccord sur certains changements dans les modalités fixées par Beyrouth. Il avait pourtant déposé ses deux offres après plusieurs appels d’offres lancés par le Liban depuis 2018.
Depuis, les nouvelles sur cette question se font rares et ne sont pas encourageantes. En juillet, l’Autorité libanaise de l’énergie (LPA, rattachée au ministère de l’Énergie et de l’Eau) a une nouvelle fois prolongé, jusqu’au 17 mars 2025, le délai fixé aux sociétés intéressées à participer à l’appel d’offres lancé pour obtenir des licences d’exploration et d’exploitation pour neuf des dix blocs encore en jeu (tous sauf le n° 9). En décembre, dans la foulée du cessez-le-feu, le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, a relancé le processus d’études sismiques en trois dimensions du bloc n° 8.


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