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Moyen-Orient - Focus

Les Américains continuent de soutenir les Kurdes de Syrie, mais aussi leur intégration à Damas

La dernière rencontre entre le nouveau pouvoir syrien et les Forces démocratiques syriennes a donné lieu à de nouvelles mesures de confiance, sans conduire à une percée.

Les Américains continuent de soutenir les Kurdes de Syrie, mais aussi leur intégration à Damas

Des représentants du gouvernement syrien et de l’administration autonome kurde du Nord-Est se sont réunis à Damas le 1er juin 2025. Syrian Arab News Agency (SANA)/AFP

Le rapprochement avance. Ces derniers jours, l’administration autonome du Nord-Est syrien était en discussion avec Damas pour faire avancer l’accord signé entre les deux parties le 10 mars dernier. L’objectif de l’entente était d’intégrer à terme les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, au sein de la nouvelle armée syrienne, dirigée par un pouvoir issu de Ha’yat Tahrir el-Cham (HTC), au passé jihadiste. Lundi 2 juin, les deux parties se sont entendues sur un échange de près de 470 prisonniers qui s’est tenu dans le nord d’Alep. Une mesure de plus pour établir la confiance après un premier échange de prisonniers début avril et le retrait des forces kurdes des quartiers alépins d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud, décidé début avril. Le processus est encadré et soutenu par les États-Unis, dont l’ambassadeur en Turquie, Thomas Barrack, a récemment été nommé envoyé spécial pour la Syrie.

Depuis le séjour de Donald Trump en Arabie saoudite, où il a annoncé le 13 mai vouloir lever toutes les sanctions américaines sur la Syrie avant d’y rencontrer le lendemain le président par intérim Ahmad el-Chareh, la politique de Washington par rapport à Damas a connu une volte-face. Des mesures pour alléger les sanctions ont été prises, des investissements conjoints de 7 milliards de dollars avec le Qatar annoncés et l’intégration de combattants jihadistes étrangers au sein de l’armée syrienne approuvée, sous condition de transparence. Ces décisions étaient encore inimaginables il y a quelques mois, mais l’influence combinée des dirigeants saoudien Mohammad ben Salmane, turc Recep Tayyip Erdogan et même qatari Tamim ben Hamad al-Thani, a porté ses fruits. 

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Alors que Washington est allié aux forces kurdes dans sa lutte contre l’organisation État islamique (EI) et s’était initialement montré méfiant du nouveau pouvoir à Damas, ce sont aujourd’hui les États-Unis qui poussent pour l’intégration des Kurdes dans l’État syrien, appelée de ses vœux par Ahmad el-Chareh. Selon les informations du site al-Monitor, Thomas Barrack a ainsi appelé le commandant des FDS, Mazloum Abdi, jeudi lors de son passage dans la capitale syrienne, peu avant la réunion initialement prévue entre les Kurdes et Damas, finalement décalée à dimanche. Une manière de lui assurer le soutien continu des États-Unis dans la lutte contre le terrorisme tout autant que de le pousser à avancer sur l’intégration dans le nouvel État syrien et à poursuivre les discussions de désescalade avec la Turquie.

La Turquie, nouveau pilier de Washington

Car Washington envisage d’intégrer Ankara dans sa structure sécuritaire en Syrie, le président américain ayant décrit son homologue turc comme un « ami », un homme « très intelligent » qu’il a félicité pour avoir « pris le contrôle de la Syrie ». Les États-Unis auraient ainsi approuvé la formation d’un centre de coordination conjoint de lutte contre l’EI entre la Turquie, la Jordanie et la Syrie, mis sur pied à la mi-mai. De son côté, le nouveau parrain de Damas a adouci sa position sur les forces kurdes à sa frontière – après avoir obtenu notamment la dissolution du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) –, donnant son feu vert pour l’accord concernant leur intégration à l’armée syrienne, tandis que les factions de l’Armée nationale syrienne (ANS) qui lui sont affiliées ont signé avec les FDS un cessez-le-feu début mars. Une rencontre entre Mazloum Abdi et de hauts responsables turcs a même été proposée après celle entre les représentants des FDS et de Damas, en fonction de l’issue de cette dernière, a rapporté al-Monitor. Alors que Recep Tayyip Erdogan a récemment tenu des déclarations indiquant qu’il suivait de « très très près » le dossier des forces kurdes de Syrie, certains observateurs y ont vu un signe que la réunion suggérée pourrait annoncer l’intégration formelle des FDS sous l’égide du ministère syrien de la Défense. 

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Selon les rapports de presse, les discussions entre Damas et les Kurdes ont pour le moment touché à la reconnaissance de diplômes de l’enseignement secondaire délivrés par les autorités de l’administration autonome et au mécanisme censé faciliter le retour des déplacés internes, sans avancer sur l’intégration des forces armées. S’il a déclaré sur la chaîne privée turque NTV lundi vouloir « les guider vers une intégration dans un nouveau gouvernement syrien », l’envoyé américain Thomas Barrack a tenu à assurer les Kurdes du soutien des États-Unis, soulignant que les FDS restaient un facteur très important pour le Congrès américain. Bien que Washington ait entamé un désengagement militaire de Syrie, « le président Trump a indiqué clairement qu’il n’y aurait pas de retrait, mais une reconsolidation progressive », a-t-il en outre précisé. Ces dernières semaines, 500 militaires américains – près d’un quart des effectifs présents dans le pays – ont quitté la Syrie, l’objectif du Pentagone étant de réduire prochainement sa présence à moins d’un millier de soldats. Dans cette veine, les États-Unis ont réduit le nombre de bases de huit à cinq puis à trois, entendant n’en garder plus qu’une à terme.

Le rapprochement avance. Ces derniers jours, l’administration autonome du Nord-Est syrien était en discussion avec Damas pour faire avancer l’accord signé entre les deux parties le 10 mars dernier. L’objectif de l’entente était d’intégrer à terme les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, au sein de la nouvelle armée syrienne, dirigée par un pouvoir issu de Ha’yat Tahrir el-Cham (HTC), au passé jihadiste. Lundi 2 juin, les deux parties se sont entendues sur un échange de près de 470 prisonniers qui s’est tenu dans le nord d’Alep. Une mesure de plus pour établir la confiance après un premier échange de prisonniers début avril et le retrait des forces kurdes des quartiers alépins d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud, décidé début avril. Le processus est encadré et soutenu par les...
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