Le Premier ministre, Nawaf Salam, reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, le 2 juin 2025. Photo tirée du compte Flickr du Parlement.
Place au rabibochage. Le Premier ministre Nawaf Salam a été reçu lundi à Aïn el-Tiné par le président du Parlement et chef du mouvement Amal, Nabih Berry. Une réunion qui illustre une volonté commune de réparer les relations après une hausse des tensions entre Haret Hreik et le Premier ministre, ce dernier se montrant de plus en plus intransigeant sur la question du monopole des armes aux mains de l’État. À l’issue de la réunion, M. Salam a estimé que celle-ci était positive, soulignant que « le gouvernement s’est engagé à respecter ce qui est énoncé dans la déclaration ministérielle et n’a pris aucune mesure en dehors de celle-ci ».
« Cordialité » avec Mohammad Raad et le Hezbollah
Le Premier ministre s’était retrouvé sous le feu des critiques après avoir déclaré que « l’ère de l’exploration (vers le Liban) de la révolution islamique iranienne est révolue » et affirmé son refus de « la dualité des armes » au Liban. En réaction, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan – un porte-parole officieux du Hezbollah – avait taclé Nawaf Salam, estimant que celui-ci devait sa nomination « au soutien de la révolution iranienne à la résistance (du parti chiite) ». De son côté, M. Berry avait déclaré un jour plus tard que « si (Nawaf Salam) réchauffe le ton, nous ferons de même. S’il le refroidit, nous le suivrons également ». En réaction à ces propos, M. Salam a plaisanté lundi : « Nous ne sommes pas une station météorologique, nous ne refroidissons pas les choses et nous ne les réchauffons pas non plus. » En ce qui concerne le dossier des armes, le Premier ministre a souligné qu’il était « clairement mentionné dans la déclaration ministérielle et que tout le monde y est attaché, à l’instar de l’attachement à l’accord de Taëf et à l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ». Il a également indiqué que « même les Iraniens ne parlent plus d’exporter la révolution », ce qui montre selon lui que « ce langage appartient au passé ».
En ce qui concerne la reconstruction, qui est devenu un dossier-clé après la récente guerre entre le Hezbollah et Israël et les destructions massives qu’elle a causées, M. Salam a souligné que « le gouvernement a besoin de plus de 7 milliards de dollars », notant que « les estimations de la Banque mondiale approchent les 14 milliards de dollars ». « Notre ambition lors de la réunion de Washington (en avril dernier) était d’obtenir 250 millions de dollars de la Banque mondiale et c’est ce que nous avons obtenu, ainsi que 75 millions de dollars de la part des Français », a-t-il ajouté. Enfin, M. Salam a souligné « l’engagement du gouvernement à reconstruire ce qui a été détruit par l’agression » israélienne. En ce qui concerne ses relations avec le Hezbollah, et en réaction à des propos du chef du bloc parlementaire du parti chiite, Mohammad Raad, le Premier ministre a par ailleurs déclaré : « Je laisse beaucoup de place à la cordialité avec Mohammad Raad, et je lui souhaite la bienvenue, ainsi qu’au Hezbollah. Ma porte est toujours ouverte. » Le député a vite réagi dans une déclaration à la chaîne al-Manar (du Hezbollah). « Merci à la cordialité du Premier ministre. Nous le retrouverons à mi-chemin au plus tôt. Nous lui ferons alors part de notre vision selon ce que nous estimons dans l’intérêt du peuple et du pays », a-t-il indiqué.
Les positions de Raggi sont « personnelles »
La veille, le ministre des Finances Yassine Jaber avait déjà donné le ton, affirmant dans un entretien sur la chaîne al-Jadeed que les tensions entre le Premier ministre et le tandem chiite allaient se « calmer », et qu’il fallait résoudre cette question parce que le gouvernement fait face à des « défis cruciaux ». Dans le même temps, Yassine Jaber a critiqué des prises de position aussi fortes à l’encontre du Hezbollah, émanant cette fois du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi, proche des Forces libanaises. « La politique étrangère est déterminée par le président de la République et le gouvernement, et les déclarations du ministre des Affaires étrangères n’ont pas été adoptées par le gouvernement lors d’un quelconque Conseil et reflètent des points de vue personnels du ministre Raggi », a-t-il estimé. Joe Raggi avait déclaré mercredi dernier que « le Hezbollah ne veut pas renoncer à ses armes », accusant entre autres ce parti « hors la loi » d’offrir un prétexte aux Israéliens pour poursuivre leurs attaques contre le Liban.
Commentant d’autre part les frappes israéliennes qui se poursuivent contre le Liban-Sud, M. Jaber a déploré que « tous les jours, Israël prend pour cible des citoyens dans le Sud ». « Est-ce que les conducteurs de mobylette portent des missiles ? » s’est-il offusqué, en allusion au grand nombre de ces attaques au moyen de drones visant des conducteurs de camionnette ou moto. Le ministre des Finances a en outre affirmé que le début du processus de reconstruction n’est pas lié à la question du monopole de l’État sur les armes et donc au désarmement du Hezbollah, mais « aux réformes ». À ce sujet, il a estimé que d’ici à 10 jours, le vice-gouverneur de la Banque du Liban et le Comité de supervision bancaire au sein de la banque centrale seront nommés. Le Liban s’attend à « recevoir un milliard de dollars sur les sept milliards que coûtera la reconstruction », selon lui.




Il est grand temps que Berri prenne sa retraite. Vu son grand age, on pourrait lui reserver une cellule pour lui tout seul a Roumieh.
10 h 35, le 03 juin 2025