Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi. Photo ANI
Dans un entretien publié mercredi par le quotidien Al-Qods al-Arabi, le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a affirmé que le Hezbollah « ne veut pas renoncer à ses armes », alors que des discussions sensibles sont en cours au sujet de l’arsenal militaire du parti chiite.
« Le Hezbollah ne veut pas que l’État détienne seul le monopole des armes (...) lls tentent d’imposer des lignes rouges que personne ne devrait franchir, ni le Premier ministre, ni le président », a-t-il dit, soulignant que la formation pro-iranienne cherche à préserver sa capacité militaire hors du cadre étatique.
Issu des Forces libanaises (FL), principal adversaire politique du Hezbollah, M. Raggi a réitéré son attachement au monopole de l’État sur les armes. Il a également répondu aux déclarations du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, qui continue de défendre la formule « armée, peuple et résistance ». « Il peut dire ce qu’il veut, mais les Libanais n’acceptent plus cette formule vide de sens. C’est terminé », a-t-il tranché. « L’État libanais ne négocie pas sa souveraineté. Le Hezbollah est un groupe armé hors-la-loi. Il n’est pas légitime ».
Un député du Hezbollah, Ibrahim Moussaoui, a réagi en soirée aux propos de M. Raggi, critiquant notamment le fait que le ministre libanais a qualifié la formule « armée, peuple et résistance » de « formule en bois ». « Nous leur offrons de l’or, et ils s’accrochent au bois ! Une paille leur obstrue les yeux, les empêchant de voir cet or, cette équation en or : armée, peuple, résistance », a déclaré M. Moussaoui lors d’un événement organisé à Saïda. « Nous aurions préféré, et le peuple aussi, entendre de sa part des paroles sur l’occupation israélienne, sur l’agression israélienne, sur les assassinats quotidiens commis par Israël. C’est une honte absolue », a-t-il encore dénoncé.
« La glace est brisée » avec les pays du Golfe
Par ailleurs, sur le plan diplomatique, le ministre Raggi s’est félicité du réchauffement des relations entre le Liban et les pays du Golfe, tout en soulignant que cela n’était pas uniquement dû à ses efforts : « Le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et tout le cabinet y ont contribué ».
« Les pays arabes nous ont rouvert leurs portes, nous ont reçus chaleureusement, et nous espérons qu’ils viendront bientôt à leur tour. La glace est brisée, ils nous apprécient réellement. Nous avons commis des erreurs par le passé, mais nous espérons que tout est désormais rentré dans l’ordre ».
Les relations avec les monarchies arabes du Golfe s’étaient dégradées en raison de leur mécontentement face à l’influence du Hezbollah sur la politique libanaise, mais la nouvelle donne, marquée par un affaiblissement du parti après la guerre, a permis une détente.
Ainsi, le président Joseph Aoun s’est déjà rendu en Arabie Saoudite, où il a été reçu avec faste par le prince héritier Mohammad ben Salmane (MBS), tandis que le Premier ministre s’y est également rendu, notamment durant la fête de l'Adha.
Le chef de l'État libanais a aussi été accueilli à Doha et Abou Dhabi, tandis que le chef du gouvernement s'est rendu mardi à Dubaï pour participer au Sommet arabe des médias.
Visite prochaine de Morgan Ortagus
Concernant la visite attendue de l’émissaire américaine Morgan Ortagus au Liban, M. Raggi a déclaré qu’il n’y avait «pas encore de date fixe, mais probablement d'ici à deux semaines». Il a par ailleurs écarté l’idée d’un agacement américain face à la lenteur du processus décisionnel libanais : « Ils nous répètent simplement : vous avez une fenêtre. Profitez-en. »
Lors de ses visites précédentes, Mme Ortagus avait exprimé les attentes des États-Unis : mise en œuvre de réformes, monopole de l’État sur les armes, et engagement vers des négociations en vue d’« établir la paix » avec Israël, conformément aux objectifs de l’administration Trump. Les autorités libanaises rappellent régulièrement leur disposition à respecter l’Accord d’armistice de 1949, sans plus pour le moment.
Sur la question du désarmement des camps palestiniens au Liban, qui était au centre de la visite du président palestinien Mahmoud Abbas la semaine dernière à Beyrouth, M. Raggi a salué sa position, estimant qu'elle était «excellente et de cohérente». À l’issue de leur rencontre, MM. Aoun et Abbas ont publié un communiqué commun affirmant que « l’ère des armes échappant à l’autorité de l’État libanais est révolue ».




Ça fait du bien d’entendre ce langage. A comparer avec les ministres précédents qui avaient pour mission d’isoler le Liban pour mieux le manger à la sauce iranienne. Honte à ces corrompus qui pliaient l’échine et léchaient des bottes.
07 h 17, le 29 mai 2025