« Ce qui est bien pour la General Motors est bien pour l’Amérique, et ce qui est bien pour l’Amérique est bien pour le monde. » Cette assertion datant des années 1960-1970 faisait la gloire de la GM.
Après le retrait des forces israéliennes du Liban en l’an 2000, dû en grande partie à la lutte engagée du Hezbollah, celui-ci s’est accordé la gloire exclusive du retrait israélien et s’est ainsi approprié le monopole des armes et la responsabilité de la défense du territoire ; les armes du Hezb sont les seuls garants de la sécurité du Liban, et l’équilibre de la terreur son leitmotiv, ce qui va tenir l’armée israélienne à distance.
Faisant suite à cet accomplissement contre l’État hébreux, le Hezb a contourné à sa façon l’affirmation de la General Motors pour créer sa propre devise, qui devient « ce qui est bien pour le Hezbollah est bien pour le Liban, et ce qui est bien pour l’Iran est bien pour le monde ».
À partir de cette idée, le Hezb s’est constitué progressivement comme détenteur de pouvoirs et de quasi-monopole sur les instances du pays, port, aéroport et autres services publiques… et s’est imposé petit à petit à tous les échelons de la société, du pays et de l’État libanais. Du Parlement au Conseil des ministres consécutifs, au sommet de la présidence, les slogans et allocutions du Hezb faisaient de plus en plus partie de notre modus vivendi.
Ainsi, toutes les composantes de l’État, ou presque, ont été atteintes du syndrome de Stockholm qui se caractérise par la perte du sens critique et par l’effet duquel la victime ne remet en cause aucun des actes de l’agresseur, jusqu’à avoir une empathie positive à l’égard de son ravisseur et un cautionnement des actes de l’oppresseur du point de vue éthique et moral.
La guerre de 2006, qui a fait plus de 1 400 victimes et des pertes colossales dans l’économie libanaise, a été proclamée par le Hezb comme victoire divine et a accentué la mainmise de ce dernier sur l’État libanais.
L’unité des fronts et le soutien à Gaza le 8 octobre 2023 ont de nouveau fait basculer le Liban dans un enfer de déluge et de feu. Des dizaines de villages du Sud ont été totalement éradiqués ou détruits, ainsi qu’une partie de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth, qui ont subi le même sort. Les pertes matérielles se chiffrent en milliards de dollars et l’ensemble des activités professionnelles du pays a été gravement affecté.
Aujourd’hui, l’arrêt des hostilités et l’imposition de la résolution 1701, l’élection d’un président de la République et la formation d’un nouveau Conseil des ministres, devraient permettre à l’État libanais de se reconstituer.
Dans le bilan des choses, faire assumer au Hezbollah tous les maux du pays ne serait pas équitable.
Notre classe politique, dirigeants, députés, banquiers… ont largement contribué à défigurer le pays. Ils ont presque tous menti et triché, se considérant comme intouchables. L’atermoiement de cette même classe politique à s’engager de manière claire et selon un calendrier précis dans l’adoption des réformes monétaires, administratives et juridiques retarde et bloque le redémarrage du pays attendu par l’ensemble des libanais.
Saisissant le choc de l’effondrement économique et social du pays, l’explosion survenue au port de Beyrouth et la nouvelle guerre enclenchée par le Hezbollah en 2023… aucun des deux camps n’a jusqu’à présent voulu présenter aux citoyens de ce pays un mea culpa, laissant la masse à son triste sort.
Pour que ce pays reprenne un peu plus de sa beauté, de son essor, de son rayonnement et de son attractivité, il faut que toutes les forces vives se mettent à l’épreuve et contribuent au chantier de la reconstruction d’un Liban moderne, ouvert au monde et au progrès. Dans cette optique, il est temps que le Hezbollah adopte une formule nouvelle qui deviendrait : « Ce qui est bien pour les Libanais est bien pour le Hezb et les Chiaas, et ce qui est bien pour le Liban va certainement plaire au monde. »
Conseiller en communication
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