Le député Hassan Fadlallah au Liban-Sud, le 31 mai 2025. Photo Mountasser Abdallah
Le député Hassan Fadlallah, du bloc du Hezbollah, a estimé samedi que « certaines prises de position du gouvernement ne sont pas seulement hors du contexte de la déclaration ministérielle, mais lui sont nettement opposées », et a même accusé le gouvernement de « fuir ses responsabilités et ses engagements sur la base desquels il a obtenu la confiance du Parlement ».
« Il est clair que le gouvernement n’a pas lu la déclaration ministérielle, et ne sait peut-être pas sur quelle base il est arrivé au pouvoir. Le gouvernement a obtenu la confiance sur un ensemble d’engagements, mais certains de ses membres ne veulent en retenir qu’une phrase ou un mot, comme si l’application de ses engagements était partielle et aléatoire, selon le bon vouloir des uns et des autres, ou suivant les ordres reçus de l’étranger », a-t-il poursuivi.
Le parlementaire s'exprimait dans le village de Zaoutar au Liban-Sud lors d’une cérémonie en l’honneur des familles de victimes de la guerre de son parti contre Israël. Ses déclarations s’inscrivent dans le cadre d’une campagne contre le Premier ministre Nawaf Salam, qui a insisté plusieurs fois cette semaine sur la nécessité du monopole des armes entre les mains de l’État, ce qui implique le désarmement du Hezbollah. Ce dernier point est sur le tapis depuis le revers subi par la formation chiite pro-iranienne dans son dernier conflit avec Israël en 2023-2024, qui a décimé son leadership et provoqué des destructions immenses dans des zones considérées comme ses fiefs. Son désarmement est aussi une revendication de la communauté internationale, notamment des États-Unis.
Poursuivant ses attaques, M. Fadlallah a martelé que le cabinet Salam n’a pas encore appliqué les trois premiers engagements de la déclaration ministérielle, à savoir la reconstruction des régions détruites, la protection des frontières et la libération des territoires toujours occupés par l’armée israélienne.
« Qu’on ne nous demande plus d’appliquer la déclaration ministérielle avant que le gouvernement fasse sa part, nous avons déjà tenu nos engagements à tous les niveaux », a-t-il soutenu. Le député a cependant assuré que son parti est soucieux de la paix civile et de la coexistence, et qu’il n’ouvrira pas la voie à ceux qui veulent entraîner le pays dans les tensions et les dissensions.
Le député Cherry à Raggi : « Respecte la souveraineté libanaise »
Le député Amine Cherry, membre du bloc du Hezbollah, s’est exprimé, lui aussi, sur la relation de son parti avec le Premier ministre. « La relation entre le Hezbollah et Nawaf Salam garde un semblant de courtoisie, et les canaux de contact demeurent opérationnels », a-t-il dit lors d’une interview samedi à la station radio La Voix de tout le Liban.
M. Cherry a toutefois assuré que les relations avec le président de la République Joseph Aoun sont « excellentes », appelant à les préserver. Il a soutenu que les trois présidents (Nawaf Salam, Joseph Aoun et le chef du Parlement Nabih Berry, allié du Hezbollah, ndlr) affichent une position solide par-rapport au règlement du conflit au Liban, et qu’ils devraient en informer l’envoyée du président américain Morgan Ortagus.
Prié de commenter les propos du ministre des Affaires étrangères Joe Raggi sur le Hezbollah, qu’il a considéré comme «hors-la-loi», M. Cherry l’a enjoint de « respecter la souveraineté du Liban, car l’engagement et la politique du Liban et de son gouvernement représentent un devoir ». « Le Liban ne sera pas en sécurité tant que le Liban-Sud souffre et que sa blessure ne cicatrisera pas », a-t-il ajouté.
Le ministre Raggi a déclaré, le 28 mai dernier, que « le Hezbollah ne veut pas renoncer à ses armes ». Il a également dit que « l’État libanais ne négocie pas sa souveraineté », accusant entre autres ce parti d’offrir un prétexte aux Israéliens pour poursuivre leurs attaques au Liban.
Le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 après plus d'un an de guerre entre Israël et le Hezbollah demeure fragile, l'armée israélienne procédant à des frappes quasi-quotidiennes au Liban et maintenant une présence dans cinq points qu'elle juge « stratégiques » dans le sud du pays.



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Il croit s’adresser à ses partisans en nous vendant sa bonne foi et le respect de leurs engagements. Nous n’avons rien constaté de tel et tant qu’ils s’entêtent à déposer leurs armes, leurs partisans qu’ils sont délogés sciemment n’auront ni toit ni aide et l’hiver risque de leur faire vite changer d’avis si d’ici là ils existent encore.
12 h 40, le 02 juin 2025