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Politique - Liban-Sud

Berry sur les tensions avec le Finul : « Il faut éviter toute réaction excessive »

Pour le chef du législatif, le simple fait qu'Israël ne veut pas des Casques bleus au Liban-Sud devrait suffire pour que «nous la soutenions».

Berry sur les tensions avec le Finul : « Il faut éviter toute réaction excessive »

Le président de la Chambre, Nabih Berry, au Parlement libanais à Beyrouth, le 24 avril 2025. Photo du Parlement / via Flickr

Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a appelé à calmer le jeu entre les habitants du Liban-Sud et les Casques bleus de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), après des incidents réguliers au cours desquels des convois onusiens sont pris à partie, plus ou moins violemment, par des riverains lors de leurs patrouilles, sous prétexte qu'ils ne sont pas accompagnés par l'armée libanaise. Dans un entretien au journal local al-Joumhouria, le chef du législatif a estimé que le simple fait qu'Israël « ne veut pas de la présence de la Finul dans le Sud suffit pour que nous la soutenions ».

Dans son entretien, M. Berry a déclaré qu'il soutient la Finul « qu'elle ait tort ou raison », disant condamner les accrochages des dernières semaines dans le sud du Liban, que les riverains impliqués soient des partisans du Hezbollah ou du mouvement Amal, qu'il dirige, ou non. « Il est vrai que les patrouilles de la Finul sur le terrain doivent se faire en coordination avec l’armée libanaise » et que les Casques bleus doivent être accompagnés de la troupe, « mais si parfois cela ne se produit pas, il faut éviter toute réaction excessive et ne pas agir avec imprudence », a-t-il dit, exhortant au « calme et à la sagesse ».

Israël « ne veut pas de la présence de la Finul »

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, le 27 novembre dernier, une cinquantaine d’incidents ont opposé des habitants du Sud, majoritairement partisans du parti chiite, aux soldats de la paix, alors que le renouvellement du mandat de la force internationale est prévu fin août. Ce renouvellement par le Conseil de sécurité provoque chaque année des remous. En 2024, le débat avait tourné autour de l'ajout dans le texte du mandat d'une mention obligeant les Casques bleus à ne circuler qu'avec une escorte de l'armée libanaise, mais l'article 12 continue de garantir la liberté de mouvement de la Finul dans sa zone de déploiement. Et début mai, l’armée libanaise avait affirmé à notre publication que, faute de moyens, elle laissait de plus en plus les Casques bleus patrouiller seuls. 

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« La Finul a été la cible de plusieurs attaques israéliennes durant la dernière guerre contre le Liban, et nous savons que l’ennemi israélien ne veut pas de sa présence dans le Sud, ce qui suffit pour que nous la soutenions », a ajouté Nabih Berry. Pendant la récente guerre qui a opposé Israël au Hezbollah, les Casques bleus ont essuyé des tirs israéliens qui ont fait plus de 40 blessés. Le chef du mouvement Amal a encore considéré qu'« avec l’approche de l’échéance pour le renouvellement du mandat des forces internationales », en août, « il ne faut commettre aucune erreur sur le terrain dont pourraient profiter ceux qui cherchent à mettre fin à leur mission au Liban ou à modifier leurs prérogatives », en référence aux Israéliens. Il a également souligné la dimension économique de la présence de la Finul, qui « a engendré une certaine dynamique bénéficiant aux habitants des villages ».

Le chef du Parlement a insisté, en outre, sur le fait que la reconstruction après la dernière guerre est une « priorité absolue », estimant que le gouvernement a « la responsabilité, qu'il le veuille ou non » de financer ce chantier. « Le cabinet doit assumer son devoir à ce niveau et placer le dossier de la reconstruction en tête des discussions avec les pays frères, d’autant plus qu’il a commencé à renforcer les relations extérieures du Liban », a-t-il ajouté.

La question du financement de la reconstruction fait débat, certaines parties estimant que ce n'est pas à l'État de payer après qu'il n'a pas pris la décision d'ouvrir le front avec Israël, prise unilatéralement par le Hezbollah le 8 octobre 2023. Certains pays donateurs, dont les États-Unis, conditionnent le financement de la reconstruction au désarmement du Hezbollah dans tout le Liban et pas seulement au sud du Litani, une condition refusée par Nabih Berry. « L’accord ne prévoit pas cela. Nous avons entièrement appliqué ce qui nous incombe selon l’accord de cessez-le-feu, en retirant les armes au sud du Litani », a-t-il affirmé. L'accord a comme cadre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui réclame le désarmement de toute les milices dans le pays.

Les relations avec Nawaf Salam

Interrogé sur ses relations avec le Premier ministre, sur fond de tensions entre Nawaf Salam et le Hezbollah, allié d'Amal, M. Berry a déclaré « en souriant » selon al-Joumhouria que « lorsqu'il chauffe, on chauffe, quand il refroidit, on refroidit », laissant supposer que si M. Salam baisse le ton à l'encontre du Hezbollah, il sera également prêt à le faire, et vice-versa.

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Les relations sont particulièrement tendues le parti chiite et le chef du gouvernement, qui avait affirmé lundi à Sky News que « l’ère de l’exportation de la révolution iranienne est révolue », ce qui lui a valu de sévères critiques du Hezbollah. Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, considéré comme un porte-parole officieux du parti chiite, avait notamment déclaré que M. Salam était « devenu Premier ministre grâce au soutien de la révolution iranienne à la résistance (du Hezbollah) ». M. Salam avait été désigné Premier ministre en janvier 2025. Si les députés du tandem Hezbollah-Amal s’étaient alors abstenus de le nommer, ils ont fini par accorder la confiance à son gouvernement, dans lequel ils sont représentés.

Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, a appelé à calmer le jeu entre les habitants du Liban-Sud et les Casques bleus de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), après des incidents réguliers au cours desquels des convois onusiens sont pris à partie, plus ou moins violemment, par des riverains lors de leurs patrouilles, sous prétexte qu'ils ne sont pas accompagnés par l'armée libanaise. Dans un entretien au journal local al-Joumhouria, le chef du législatif a estimé que le simple fait qu'Israël « ne veut pas de la présence de la Finul dans le Sud suffit pour que nous la soutenions ».Dans son entretien, M. Berry a déclaré qu'il soutient la Finul « qu'elle ait tort ou raison », disant condamner les accrochages des dernières semaines dans le sud du Liban, que les riverains...
commentaires (2)

M. Fayard a publié d’évoquer l’incident de Tayouneh qui a fait adhérer des libanais de toutes confessions aux FL. Il a ainsi montré que tout puissant qu’il était, le HB ne faisait pas peur au patriotes qui défendent leur souveraineté et sont prêts à en découdre avec les usurpateurs de leur pays sans trembler. Ceci a marqué un tournant dans la considération des FL qui, sans fanfaronner, ont prouve qu’ils étaient encore capable de défendre leur pays face aux mercenaires, lorsque tout le monde s’était montrer lâche et obéissant en rendant ainsi plus forts les vassaux payés pour le détruire

Sissi zayyat

09 h 47, le 31 mai 2025

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Commentaires (2)

  • M. Fayard a publié d’évoquer l’incident de Tayouneh qui a fait adhérer des libanais de toutes confessions aux FL. Il a ainsi montré que tout puissant qu’il était, le HB ne faisait pas peur au patriotes qui défendent leur souveraineté et sont prêts à en découdre avec les usurpateurs de leur pays sans trembler. Ceci a marqué un tournant dans la considération des FL qui, sans fanfaronner, ont prouve qu’ils étaient encore capable de défendre leur pays face aux mercenaires, lorsque tout le monde s’était montrer lâche et obéissant en rendant ainsi plus forts les vassaux payés pour le détruire

    Sissi zayyat

    09 h 47, le 31 mai 2025

  • Kabalan fanfaronne en rappelant à M. Salam Que c’est grâce au HB et ses alliés qu’il a été nommé P.M comme si ces derniers avaient le choix où qu’ils l’avaient fait par esprit patriotique et non suite aux pressions américaines et les menaces de sanctions qui les accompagnaient pour les obliger à céder du terrain. Quant à Berry qui continue de se comporter comme s’il comptait encore dans les décisions, faut il lui rappeler que les sanctions le concernant, tel une épée Damoclès, sont suspendues au dessus de sa tête? Il veut hausser le ton? Et il ferait quoi après? Il ne fait plus peur à personne

    Sissi zayyat

    09 h 39, le 31 mai 2025

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