Une deuxième audience du procès sans précédent de dizaines de personnalités tunisiennes accusées de complot contre l’État s’est ouverte vendredi sous haute protection policière, en l’absence des accusés en détention. Les autorités judiciaires ont décidé le 4 mars, lors de la première audience, qu’ils seraient jugés à distance dans ce procès exceptionnel. Refusant d’être entendus en vidéoconférence, six accusés parmi lesquels le juriste Jawhar Ben Mbarek et un ancien haut responsable du parti islamiste Ennahdha, Abdelhamid Jelassi, ont entamé une grève de la faim, a annoncé leur défense. Responsables de partis, avocats, hommes d’affaires et ou figures des médias : une quarantaine de personnes sont poursuivies pour « complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État » et « adhésion à un groupe terroriste ». Ces accusations, passibles de lourdes peines de prison jusqu’à la peine capitale, sont des « affabulations fantaisistes », a fustigé dans une lettre au tribunal, Ahmad Néjib Chebbi, président du Front de salut national (FSN), principale coalition de l’opposition. Le procès se tient, selon Human Rights Watch, « dans un contexte répressif dans lequel le président (Kaïs) Saïed a systématiquement instrumentalisé le système judiciaire tunisien pour s’en prendre aux opposants politiques et aux dissidents ».
Monde
Reprise en leur absence du procès d’opposants accusés de complot contre l’État tunisien
OLJ / le 12 avril 2025 à 00h00


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