Chère lectrice, cher lecteur,
Le jeudi 27 mars marque la Journée internationale du théâtre. L’occasion de rappeler que l’art dramatique est bien plus qu’un divertissement : miroir de la société, cri de révolte et espace de liberté. Cette année, l’événement revêt une dimension particulière avec l’hommage rendu par le Théâtre Al-Madina à Antoine Kerbage, figure emblématique récemment disparue, dont la voix et la présence continueront de résonner sur les planches libanaises.
Dans le grand théâtre de la culture, où les projecteurs éclairent tantôt les tréteaux, tantôt les pages feuilletées des romans, une pléiade d’artistes illumine notre sélection cette semaine.
Ghassan Salamé, ministre de la Culture, endosse le rôle du « Mendiant de la République », personnage shakespearien en quête de mécènes pour sauver son royaume.
Pendant ce temps, la série « Mouawiya » fait irruption sur les petits écrans en un drame historique spectaculaire, une sorte de Game of Thrones entre sunnites et chiites, suscitant frissons et polémiques dans le monde arabe. Le metteur en scène, audacieux ou inconscient, joue avec des dialogues brûlants et des scènes à haut risque, espérant que le rideau ne tombera pas sous les sifflets avant la fin du premier acte.
David Foenkinos, quant à lui, incarne le héros littéraire résistant à l’ère du théâtre de l’absurde des réseaux sociaux. Brandissant la littérature comme une arme contre les décisions impulsives prises sur X, il défend la lenteur et la réflexion face à un monde qui préfère les punchlines aux monologues.
Rana Khoury, sur une autre scène, explore le drame sociétal, entrelaçant théâtre, héritage maternel et enjeux contemporains.
Hajar Azell, elle, met en scène l’effervescence des révolutions arabes, une fresque où les nuits beyrouthines et les street artists de la place Tahrir deviennent des protagonistes, inscrivant leurs revendications sur les murs comme autant de didascalies.
Enfin, la musique s’invite sur la grande scène culturelle new-yorkaise avec le duo Ibrahim Maalouf et Hiba Tawaji. Un final en apothéose où les notes libanaises transcendent les frontières, tandis que Maalouf, tel un chef d’orchestre, annonce déjà le prochain acte : un concert grandiose pour le festival de L’Orient-Le Jour en septembre prochain.
Le théâtre, au final, c’est comme Twitter… mais avec moins de trolls et plus d’applaudissements.
Bonne lecture !
Maya Ghandour Hert
Cheffe du service culturel
OLJ /
le 26 mars 2025 à 15h07